La planète Airbnb au risque de la COVID-19 : L’exemple des hôtes bordelais contraints par l’arrêt des locations touristiques. Entre adaptation(s) et incertitude(s)
1 janvier 2020
Le contexte touristique mondial actuel, provoqué par l’irruption de la COVID-19, est profondément bouleversé. Le déplacement des touristes dans les différentes destinations mondiales a été stoppé, et c’est toute l’industrie touristique qui est à l’arrêt, notamment le secteur de l’hébergement, qu’il soit marchand ou non marchand. Les hôtels sont fermés jusqu’à nouvel ordre et les logements chez l’habitant ne peuvent recevoir de touristes. Dans cette situation inédite, il est intéressant de s’arrêter sur le cas d’Airbnb, plateforme de location de biens meublés touristiques la plus importante au monde. Les enjeux soulevés par cet immobilisme touristique planétaire ne sont pas sans effet sur la multinationale américaine, ni sur les hôtes sur lesquels elle s’est appuyée pour fonder son modèle économique et son fonctionnement. Que ce soit au niveau de l’entreprise ou au niveau des loueurs, différentes stratégies ont été mises en place afin de s’adapter le mieux possible aux conséquences du non-déploiement de l’activité d’hébergement des touristes. Dans cet article, nous analysons les parades déployées tant à l’échelle mondiale que celle de l’hébergeur pour surmonter les effets d’une telle crise sanitaire sur les pratiques touristiques d’hébergements, et le degré de réactivité desdits acteurs, chacun à leur niveau. Concernant les effets de la crise sur les loueurs et leurs stratégies à l’échelle locale, des entretiens à distance et pendant le confinement ont été menés auprès d’une vingtaine d’hôtes à Bordeaux, en France. La ville concentre effectivement un nombre très important d’offres de locations Airbnb dans un pays considéré comme le deuxième marché mondial pour l’entreprise, après les États-Unis.