Cour de Cassationciv1
Cour de Cassation · civ1 — 30 mars 1994
- ECLI
- 60794c909ba5988459c46050
- Date
- 30 mars 1994
protection des consommateurscrédit immobilierloi du 13 juillet 1979emprunteurremboursement anticipéindemnité due au prêteurconditionsoffre préalableprêt à taux d'intérêt variablepossibilité d'en connaître d'avance le montant maximumpretprêt d'argentcrédit soumis aux dispositions de la loi du 13 juillet 1979intérêts compensatoiresmontant conforme au taux moyen convenusomme réclamée à ce titreclause pénale (non)contrats et obligationsexécutionclause pénalerévisionréductionmontant conforme au taux moyen convenu (non)définition
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Texte intégral
Attendu, selon les énonciations des juges du fond, que, le 7 août 1985, les époux X... ont accepté l'offre, présentée par la caisse régionale de Crédit agricole mutuel de la Savoie, d'un crédit immobilier de 380 000 francs, remboursable en 20 ans, à taux d'intérêts progressif, le taux moyen étant de 12,55 % l'an ; que cette offre était soumise aux dispositions de la loi du 13 juillet 1979 ; que, 2 ans plus tard, les emprunteurs ont demandé à rembourser le crédit par anticipation ; que la caisse leur a réclamé, outre le solde du capital restant dû, une somme de 26 059,73 francs à titre d'indemnité calculée conformément à l'article 111 du contrat qui prévoyait, d'une part, une indemnité de remboursement anticipé égale à 2 mois d'intérêts au taux moyen du prêt sur le capital remboursé, d'autre part, des intérêts " compensateurs ", pour les prêts à remboursements progressifs et à taux successifs, calculés de manière que le taux de rendement sur la durée effectivement courue soit égal au taux moyen ; qu'après avoir réglé cette somme, les époux X... en ont demandé le remboursement en faisant valoir que l'indemnité n'était pas évaluée dans l'offre de prêt, subsidiairement qu'elle était manifestement excessive ; Sur le premier moyen, pris en ses deux branches : Attendu que les époux X... font grief à l'arrêt attaqué (Chambéry, 22 octobre 1991) d'avoir déclaré les stipulations de l'article 111 du contrat conformes aux articles 5 et 12 de la loi du 13 juillet 1979, alors que, d'une part, en décidant que ces stipulations n'étaient pas de celles qui conditionnaient la conclusion du prêt pour l'emprunteur, la cour d'appel aurait violé ces textes ; alors que, d'autre part, la clause litigieuse ne permettait pas à l'emprunteur de connaître à tout instant le maximum de ce qui lui serait réclamé en cas de remboursement anticipé ; Mais attendu que l'arrêt a relevé que l'application de la clause stipulant des intérêts compensatoires en cas de remboursement anticipé était fonction de la date à laquelle l'emprunteur demandait un tel remboursement ; que l'indemnité prévue à l'article 2, alinéa 2, du décret n° 80-473 du 28 juin 1980, lorsque le prêt est assorti de taux d'intérêts différents selon les périodes de remboursement, étant calculée selon la durée courue depuis l'origine, la cour d'appel en a exactement déduit qu'il suffisait que les modalités de calcul en soient indiquées dans l'offre préalable pour permettre à l'emprunteur d'avoir connaissance du maximum de ce qu'il pourrait devoir et satisfaire aux exigences de l'article 5 de la loi n° 79-596 du 13 juillet 1979 ; que les juges du second degré ont encore retenu que les modalités de calcul, tant de l'indemnité de remboursement elle-même que des intérêts compensatoires, étaient conformes aux dispositions de l'article 12 du décret susvisé ; D'où il suit que le premier moyen ne peut être accueilli en aucune de ses branches ; Sur le second moyen : Attendu que les époux X... font encore grief à l'arrêt attaqué d'avoir décidé que les indemnités litigieuses n'étaient pas manifestement excessives alors que, selon l'article 12 de la loi du 13 juillet 1979, l'article 1152 du Code civil est applicable à l'indemnité de remboursement anticipé quand bien même son montant n'excéderait pas le maximum légal ; Mais attendu, d'abord, que les intérêts compensatoires, prévus à l'article 2, alinéa 2, du décret du 28 juin 1980, ne visant qu'à porter la rémunération du prêteur à un montant conforme au taux moyen d'intérêt convenu, l'arrêt attaqué a décidé à bon droit que la somme réclamée à ce titre ne constituait pas une clause pénale ; Attendu, en outre, que, pour le surplus de la somme réclamée par la caisse, la cour d'appel n'était pas tenue de motiver sa décision dès lors qu'elle ne faisait qu'appliquer le contrat, lui-même conforme aux dispositions de l'article 12 de la loi n° 79-596 du 13 juillet 1979 ; D'où il suit que le second moyen ne peut être davantage accueilli que le premier ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi.
Articles de loi cités
article 111 du contrat conformes aux articlesarticle 111 du contrat qui prévoyaitarticle 1152 du Code civil est applicable à l
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Cour de Cassation
- Chambre
- civ1
- Date
- 30 mars 1994
- Matière
- protection des consommateurs
Référence
60794c909ba5988459c46050
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel