Cour de Cassationciv3
Cour de Cassation · civ3 — 28 septembre 2005
- ECLI
- 60794de79ba5988459c48ba2
- Date
- 28 septembre 2005
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Texte intégral
LA COUR DE CASSATION, TROISIEME CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Montpellier, 18 novembre 2003), qu'invoquant la violation d'une servitude conventionnelle de tour d'échelle et de servitudes de vue, M. X..., propriétaire d'un terrain sur lequel est édifiée une grange, a assigné ses voisins, les époux Y..., pour obtenir la démolition d'un bâtiment édifié par ceux-ci sur leur parcelle contiguë ; Sur le premier moyen : Attendu que M. X... fait grief à l'arrêt de le débouter de sa demande, alors, selon le moyen, que l'usage et l'étendue des servitudes se règlent par le titre qui les constitue ; que le juge ne peut modifier l'assiette ou l'étendue d'une servitude établie par le fait de l'homme, en autorisant des modifications auxquelles le propriétaire du fonds dominant n'a pas consenti ; que la cour d'appel a elle-même constaté que les propriétaires du fonds servant devaient, selon les stipulations de leur propre titre de propriété, respecter une bande d'une largeur de 0,975 mètre ; que la cour d'appel ne pouvait énoncer que le non-respect strict de cette distance n'était pas de nature à empêcher l'exercice de la servitude et débouter pour cette raison le propriétaire du fonds dominant de sa demande fondée sur ce non-respect ; qu'en statuant de la sorte, la cour d'appel a violé l'article 686 du Code civil ; Mais attendu qu'ayant relevé que s'il résultait des constats d'huissier de justice que la distance entre la grange de M. X... et le bâtiment Y... variait entre 0,95 mètre et 1,68 mètre, alors que les stipulations conventionnelles, reprenant des usages locaux, imposaient que les propriétaires du fonds servant laissent libre une bande de 0,975 mètre de large, le non-respect strict de la distance prévue aux usages locaux n'était pas de nature à empêcher l'exercice du tour d'échelle, qui n'était pas une servitude de passage mais une occupation très temporaire pour permettre à son bénéficiaire de procéder à des réparations sur son propre immeuble, et que les progrès techniques et les échafaudages modernes permettaient d'atteindre en toute sécurité le toit de la grange de M. X..., au besoin en prenant appui sur l'immeuble des époux Y..., la cour d'appel a souverainement retenu que la servitude conventionnelle était respectée par les propriétaires du fonds servant ; D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ; Sur le second moyen : Attendu qu'ayant souverainement retenu que les ouvertures donnant sur la propriété Y..., exiguës et pratiquées sur un bâtiment à usage agricole très ancien, ne permettaient aucune vue sur l'extérieur, compte tenu de leur faible dimension, de leur hauteur par rapport au sol et de l'épaisseur du mur, la cour d'appel a déduit, à bon droit, de ces seuls motifs, l'absence de servitude de vue grevant le fonds des époux Y... ; D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ; Par ces motifs : REJETTE le pourvoi.
Articles de loi cités
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Cour de Cassation
- Chambre
- civ3
- Date
- 28 septembre 2005
- Matière
- servitude
Référence
60794de79ba5988459c48ba2
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel