Cour de Cassationsoc
Cour de Cassation · soc — 2 mars 1988
- ECLI
- 6079b11e9ba5988459c51333
- Date
- 2 mars 1988
securite sociale, accident du travailfaute inexcusable de l'employeursubstitution du préposé à l'employeurconditions
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Texte intégral
Sur le moyen unique : Vu l'article L. 468 du Code de la sécurité sociale (ancien) devenu l'article L. 452-1 dans la nouvelle codification ; Attendu que, selon ce texte, la rente allouée à la suite d'un accident du travail dû à une faute inexcusable n'est majorée que si cette faute a été commise par l'employeur lui-même, ou par ceux qu'il s'est substitués dans la direction ; que, par ailleurs, un préposé ne peut être considéré comme substitué à l'employeur, au sens du texte susvisé, qu'à la condition que la faute qui lui est reprochée ait été commise dans l'exercice de son rôle de direction ; Attendu que le 21 juin 1980, Mme X..., salariée du centre de loisirs " Etoile-Foch ", a été blessée par un coup de feu parti d'un fusil que manipulait imprudemment à côté d'elle M. Y..., exerçant au centre des fonctions de direction ; Attendu que la cour d'appel relève diverses circonstances, de l'examen desquelles elle conclut que M. Y..., en raison des fonctions qu'il exerçait au centre de loisirs, devait être considéré comme un substitué, et que la faute qu'il a commise en manipulant un fusil chargé à proximité de Mme X... devait être qualifiée d'inexcusable ; Attendu cependant qu'il résulte des propres constatations de l'arrêt attaqué que M. Y... avait introduit le fusil litigieux dans les locaux du centre de loisirs, pour des raisons étrangères à ses fonctions, parce qu'il était " un fanatique des armes " ; qu'il se déduit de cette énonciation que lorsque l'intéressé manipulait cette arme, il n'accomplissait pas un acte relevant de son activité salariée, et donc, encore moins, a fortiori, de nature à se rattacher aux pouvoirs de direction et de contrôle qu'il exerçait sur Mme X... ; D'où il suit qu'en retenant sa faute inexcusable, en sa qualité de substitué dans la direction du centre de loisirs " Etoile-Foch ", la cour d'appel a violé le texte susvisé ; PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE l'arrêt rendu le 18 avril 1986, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Versailles
Articles de loi cités
article L. 468 du Code de la sécurité sociale
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Cour de Cassation
- Chambre
- soc
- Date
- 2 mars 1988
- Matière
- securite sociale, accident du travail
Référence
6079b11e9ba5988459c51333
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel