Cour de Cassation · comm — 2 mai 2001
- ECLI
- 6137239ecd5801467740c1b9
- Date
- 2 mai 2001
- Condamnation
- 182 939 €
Mes notes
privées · visibles par vous seulRésumé structuré
version préliminaireFaits
Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 3 avril 1998), que, par arrêt du 3 juillet 1997, la cour d'appel a notamment "condamné solidairement la société en nom collectif Albatros et Jean et Gilles X... (la SNC et les associés) à verser à la société Banque nationale de Paris (BNP) bail (la banque) 2 030 000 francs de dommages-intérêts contre subrogation à due concurrence dans ses droits à l'encontre de la société Jet sea" ; que la SNC et les associés ont refusé de s'acquitter de leur condamnation ; que la cour d'appel a, d'une part, déclaré irrecevable la requête aux fins de rectification d'erreur matérielle présentée par la SNC et les associés, aux termes de laquelle il fallait lire "sous réserve de subrogation" au lieu de "contre subrogation", et, d'autre part, déclarant recevable la requête de la banque, constaté que la cour d'appel, par une décision dépourvue d'ambiguïté, a ordonné la compensation entre les deux condamnations qu'elle a prononcées, et la subrogation, après paiement du solde de compensation, de la SNC Albatros et des porteurs de parts dans les droits de la société BNP bail sur la société Jet sea à concurrence des dommages-intérêts accordés à la société BNP bail ; Attendu que la SNC et les associés reprochent à l'arrêt d'avoir ainsi statué, alors, selon le moyen : 1 / qu'il résulte des motifs de l'arrêt du 3 juillet 1997 que la condamnation de la SNC et des porteurs de parts à payer des dommages-intérêts à la banque, elle-même jugée responsable en partie de son dommage, était prononcée sous réserve d'une subrogation à due concurrence dans les droits de la banque à la restitution du prix, conservés par une production au passif de la société Jet sea ; que la formulation par la cour d'appel d'une "réserve" à la condamnation prononcée signifiait clairement que le paiement des dommages-intérêts -en partie par voie de compensation avec celle de 323 201,74 francs mise à la charge de la banque, et pour le solde par le versement de l'argent entre les mains de la banque- était subordonné à la possibilité effective d'une subrogation dans les droits de la banque à hauteur de 2 030 000 francs et, partant, à la justification préalable d'une admission de la production de la créance de cette dernière au passif de la société Jet sea ; qu'ainsi, la cour d'appel a modifié les droits et obligations qui résultaient pour les parties de l'arrêt du 3 juillet 1997 et violé l'article 1351 du Code civil ; 2 / qu'il résulte clairement de l'arrêt du 3 juillet 1997 que la condamnation de la banque à restituer les loyers perçus à la SNC était prononcée en conséquence de la résolution rétroactive du contrat de crédit-bail, portant sur un navire jamais livré, et non à titre de dommages-intérêts en réparation de la faute de cette société, également relevée par la cour d'appel, à l'origine de la résolution ; que la réparation du préjudice résultant de cette faute pour la SNC et ses associés résidait précisément dans leur subrogation effective dans les droits de banque dans le passif de la société Jet sea à due concurrence desdits dommages-intérêts ; qu'ainsi, la cour d'appel a violé l'article 1351 du Code civil ; 3 / qu'en écartant de la sorte la rectification pour erreur matérielle de rédaction invoquée en ce que le dispositif se borne à prononcer une condamnation "contre" subrogation, sans s'expliquer, comme elle y était invitée, sur la divergence entre ce dispositif et les motifs de l'arrêt dans lesquels celui-ci faisait droit à la condamnation mais "sous réserve" de subrogation, dont l'effectivité est ainsi clairement exigée, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 462 du nouveau Code de procédure civile ;
Texte intégral
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, FINANCIERE ET ECONOMIQUE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le pourvoi formé par : 1 / la société en nom collectif (SNC) Albatros, dont le siège est résidence La Presqu'île Marina, Bas du Fort, 97110 Pointe-à-Pitre, 2 / M. Jean X..., demeurant ..., 3 / M. Gilles X..., demeurant ..., en cassation d'un arrêt rendu le 3 avril 1998 par la cour d'appel de Paris (5e chambre, section B), au profit : 1 / de la Banque nationale de Paris (BNP) bail, (dont le nom commercial est Natio équipement), société anonyme, dont le siège est ..., La Défense, 92820 Puteaux, 2 / de la société Jet sea, dont le siège est Y... Marina, Bas du Fort, 97110 Pointe-à-Pitre, 3 / de M. Didier A..., pris ès qualités d'administrateur judiciaire et de co-commissaire à l'exécution du plan de cession partiel d'actif de la société Jet sea, domicilié ..., 4 / de Mme Anne Z..., prise ès qualités de représentant des créanciers et de co-commissaire à l'exécution du plan de cession partiel d'actif de la société Jet sea, domiciliée Village Viva, La Digue, Bas du Fort, 97190 Le Gosier, défendeurs à la cassation ; Les demandeurs invoquent, à l'appui de leur pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ; LA COUR, composée selon l'article L. 131-6, alinéa 2, du Code de l'organisation judiciaire, en l'audience publique du 6 mars 2001, où étaient présents : M. Dumas, président, M. de Monteynard, conseiller référendaire rapporteur, M. Tricot, conseiller, M. Jobard, avocat général, Mme Arnoux, greffier de chambre ; Sur le rapport de M. de Monteynard, conseiller référendaire, les observations de la SCP Waquet, Farge et Hazan, avocat de la société Albatros et des consorts X..., de Me Garaud, avocat de la Banque nationale de Paris (BNP) bail (société Natio équipement), les conclusions de M. Jobard, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; Sur le moyen unique, pris en ses trois branches : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 3 avril 1998), que, par arrêt du 3 juillet 1997, la cour d'appel a notamment "condamné solidairement la société en nom collectif Albatros et Jean et Gilles X... (la SNC et les associés) à verser à la société Banque nationale de Paris (BNP) bail (la banque) 2 030 000 francs de dommages-intérêts contre subrogation à due concurrence dans ses droits à l'encontre de la société Jet sea" ; que la SNC et les associés ont refusé de s'acquitter de leur condamnation ; que la cour d'appel a, d'une part, déclaré irrecevable la requête aux fins de rectification d'erreur matérielle présentée par la SNC et les associés, aux termes de laquelle il fallait lire "sous réserve de subrogation" au lieu de "contre subrogation", et, d'autre part, déclarant recevable la requête de la banque, constaté que la cour d'appel, par une décision dépourvue d'ambiguïté, a ordonné la compensation entre les deux condamnations qu'elle a prononcées, et la subrogation, après paiement du solde de compensation, de la SNC Albatros et des porteurs de parts dans les droits de la société BNP bail sur la société Jet sea à concurrence des dommages-intérêts accordés à la société BNP bail ; Attendu que la SNC et les associés reprochent à l'arrêt d'avoir ainsi statué, alors, selon le moyen : 1 / qu'il résulte des motifs de l'arrêt du 3 juillet 1997 que la condamnation de la SNC et des porteurs de parts à payer des dommages-intérêts à la banque, elle-même jugée responsable en partie de son dommage, était prononcée sous réserve d'une subrogation à due concurrence dans les droits de la banque à la restitution du prix, conservés par une production au passif de la société Jet sea ; que la formulation par la cour d'appel d'une "réserve" à la condamnation prononcée signifiait clairement que le paiement des dommages-intérêts -en partie par voie de compensation avec celle de 323 201,74 francs mise à la charge de la banque, et pour le solde par le versement de l'argent entre les mains de la banque- était subordonné à la possibilité effective d'une subrogation dans les droits de la banque à hauteur de 2 030 000 francs et, partant, à la justification préalable d'une admission de la production de la créance de cette dernière au passif de la société Jet sea ; qu'ainsi, la cour d'appel a modifié les droits et obligations qui résultaient pour les parties de l'arrêt du 3 juillet 1997 et violé l'article 1351 du Code civil ; 2 / qu'il résulte clairement de l'arrêt du 3 juillet 1997 que la condamnation de la banque à restituer les loyers perçus à la SNC était prononcée en conséquence de la résolution rétroactive du contrat de crédit-bail, portant sur un navire jamais livré, et non à titre de dommages-intérêts en réparation de la faute de cette société, également relevée par la cour d'appel, à l'origine de la résolution ; que la réparation du préjudice résultant de cette faute pour la SNC et ses associés résidait précisément dans leur subrogation effective dans les droits de banque dans le passif de la société Jet sea à due concurrence desdits dommages-intérêts ; qu'ainsi, la cour d'appel a violé l'article 1351 du Code civil ; 3 / qu'en écartant de la sorte la rectification pour erreur matérielle de rédaction invoquée en ce que le dispositif se borne à prononcer une condamnation "contre" subrogation, sans s'expliquer, comme elle y était invitée, sur la divergence entre ce dispositif et les motifs de l'arrêt dans lesquels celui-ci faisait droit à la condamnation mais "sous réserve" de subrogation, dont l'effectivité est ainsi clairement exigée, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 462 du nouveau Code de procédure civile ; Mais attendu, en premier lieu, que l'arrêt, qui ne pouvait, sous le prétexte d'en déterminer le sens, apporter une modification quelconque aux dispositions précises de l'arrêt du 3 juillet 1997, retient à bon droit que l'arrêt interprété, en condamnant solidairement la SNC et les associés à s'acquitter de leur condamnation envers la banque contre subrogation à due concurrence dans ses droits à l'encontre de la société Jet sea, a ordonné la subrogation, après paiement de la condamnation, de la SNC et des associés dans les droits de la banque à concurrence des dommages-intérêts accordés à la banque ; Attendu, en second lieu, qu'en interprétant l'arrêt du 3 juillet 1997 dans le sens précité, l'arrêt a ainsi écarté l'allégation de la SNC selon laquelle la divergence entre le "sous réserve" et le "contre" procèderait d'une erreur matérielle de rédaction ; D'où il suit que le moyen est mal fondé dans toutes ses branches ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne la SNC Albatros et les consorts X... aux dépens ; Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, condamne la SNC et les associés à payer à la banque la somme de 12 000 francs ou 1 829,39 euros ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par le président en son audience publique du deux mai deux mille un.
Articles de loi cités
Avocats intervenants
Citations
Aucune citation répertoriée pour cette décision.
Décisions connexes
Aucune décision similaire identifiée pour le moment.
Synthèse
- Juridiction
- Cour de Cassation
- Chambre
- comm
- Date
- 2 mai 2001
Référence
6137239ecd5801467740c1b9
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel