Cour d'AppelETRANGERS
Cour d'Appel · ETRANGERS — 9 mai 2022
- ECLI
- 627a019edd6bd9057dc56dd2
- Date
- 9 mai 2022
Demande d'autorisation relative à la rétention et au maintien en zone d'attente d'un étranger
Source : DILA / Judilibre · open data
Mes notes
privées · visibles par vous seulAnalyse IA non disponible
Générez un résumé intelligent de cette décision
Texte intégral
COUR D'APPEL DE TOULOUSE Minute 2022/196 N° RG 22/00194 - N° Portalis DBVI-V-B7G-OYWO O R D O N N A N C E L'an DEUX MILLE VINGT DEUX et le 09 Mai à 13h50 Nous A. DUBOIS, Président de chambre, magistrat délégué par ordonnance du Premier Président en date du 21 DECEMBRE 2021 pour connaître des recours prévus par les articles L. 743-21 et L.342-12, R.743-10 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Vu l'ordonnance rendue le 05 Mai 2022 à 18H33 par le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de Toulouse ordonnant le maintien au centre de rétention de : ALIAS [I] [R] [K] SE DISANT [C] [W] né le 21 Janvier 2000 à [Localité 1] (ALGERIE) (48100) de nationalité Algérienne Vu l'appel formé le 06/05/2022 à 16 h 25 par télécopie, par Me Emeline MOIMAUX, avocat au barreau de TOULOUSE; A l'audience publique du 09/05/2022 à 09h45, assisté de K. MOKHTARI, greffier avons entendu: ALIAS [I] [R] [K] SE DISANT [C] [W] assisté de Me Emeline MOIMAUX, avocat au barreau de TOULOUSE qui a eu la parole en dernier avec le concours de [J] [D], interprète assermenté, En l'absence du représentant du Ministère public, régulièrement avisé; En présence de M.[B] représentant la PREFECTURE DE LA HAUTE GARONNE ; avons rendu l'ordonnance suivante : M. [K] se disant [C] [W] alias [I] [R], de nationalité algérienne, a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire sans délai, pris par le préfet de la Haute-Garonne le 29 avril 2022 notifié le 3 mai 2022. Il a été placé en rétention administrative suivant décision préfectorale du 2 mai 2022 notifiée le 3 mai suivant. Par requête du 4 mai 2022, le préfet a sollicité la prolongation pour une durée de 28 jours de son placement en rétention, lequel a été contesté par M.[K] se disant [C] [W] alias [I] [R] par requête du même jour. Par ordonnance du 5 mai 2022, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Toulouse a joint les procédures, déclaré régulière la décision de placement en rétention administrative et ordonné la prolongation pour une durée de 28 jours de la rétention de M. [K] se disant [C] [W] alias [I] [R]. Ce dernier en a interjeté appel par conclusions reçues au greffe de la cour le 6 mai 2022 à 16 h 25. Il soutient par la voie de son avocat, à l'appui de ses demandes d'infirmation de l'ordonnance, d'annulation de la mesure de rétention administrative et de remise en liberté, qu'il produit des garanties de représentation permettant d'envisager une assignation à résidence de sorte que son placement en rétention est disproportionnée au regard de son dossier. Il a précisé à l'audience qu'il ne veut pas retourner en Algérie mais régulariser sa situation en France, qu'il séjourne régulièrement chez des amis et qu'une amie de sa soeur accepte de l'héberger pour lui permettre de bénéficier d'une assignation à résidence. Le préfet de la Haute-Garonne, représenté à l'audience, a sollicité la confirmation de la décision entreprise en soulignant que l'appelant ne présente pas de garanties de représentation faute d'être titulaire d'un passeport et de bénéficier d'une adresse stable et effective et en faisant valoir qu'il a été identifié par les autorités algériennes sous un autre nom que celui qu'il donne encore aujourd'hui, qu'il n'a pas respecté l'obligation de quitter le territoire français du mois d'avril et qu'il a fait l'objet d'une condamnation pénale. Le ministère public, avisé de la date d'audience, est absent et n'a pas formulé d'observation. -:-:-:-:- MOTIVATION : L'appel est recevable pour avoir été interjeté dans les formes et les délais légaux. Sur la contestation de l'arrêté de placement en rétention administrative En application de l'article L741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quarante-huit heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3. Aux termes de l'article L612-3 le risque peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour, 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement, 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français, 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour, 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document, 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. En l'espèce la décision de placement en rétention cite les textes applicables à la situation de M. [K] se disant [C] [W] alias [I] [R] et énonce les circonstances de fait qui justifient l'application des ces dispositions. Elle précise en effet notamment que l'intéressé, entré irrégulièrement en France, condamné à une peine de trois mois d'emprisonnement prononcée par le tribunal correctionnel de Toulouse le 24 février 2022, ne justifie pas de ressoures, n'a pas de billet de transport pour exécuter la mesure d'éloignement, n'a pas demandé de titre de séjour, a déclaré explicitement ne pas vouloir retrouver dans son pays d'origine, n'a pas de document d'identité ou de voyage en cours de validité, ne justifie pas d'une adresse effective stable et permanente dans un local affecté à son habitation principale et n'est pas accompagné d'un enfant mineur. Le préfet n'est pas tenu de faire état dans sa décision de tous les éléments de la situation personnelle de l'étranger dès lors que les motifs qu'il retient suffisent à justifier le placement en rétention au regard des critères légaux, étant souligné que les circonstances doivent être appréciées au vu des éléments dont il disposait au jour de sa décision. L'attestation fournie pour les besoins de la cause par Mme [X], le 5 mai 2022, indiquant pouvoir héberger gracieusement l'appelant à son domicile, qui se situe à une adresse différente de celle donnée par l'intéressé lors de son audition en février 2022, ne saurait caractériser une adresse effective stable et permanente. L'arrêté préfectoral querellé comporte ainsi les motifs de droit et de fait suffisants justifiant que M. [K] se disant [C] [W] alias [I] [R] a été regardé comme ne présentant pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir le risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire. En outre, l'appelant n'est pas titulaire d'un passeport en cours de validité de sorte que l'assignation à résidence ne peut être mise en oeuvre. C'est donc sans méconnaître le principe de proportionnalité et de nécessité et en procédant à un examen de la situation de l'étranger que la décision de placement en rétention a été prise. Sur la prolongation de la rétention En application de l'article L741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet. En l'espèce, l'administration a effectué des démarches auprès des autorités consulaires pour identification et délivrance d'un laissez-passer. L'identification a pu être faite et la préfecture est dans l'attente du laissez-passer consulaire. La prolongation de la rétention administrative est donc justifiée. La décision déférée sera en conséquence confirmée en toutes ses dispositions. -:-:-:-:- PAR CES MOTIFS Statuant par ordonnance mise à disposition au greffe après avis aux parties, Confirmons l'ordonnance rendue par le juge des libertés et de la détention de Toulouse le 5 mai 2022, Disons que la présente ordonnance sera notifiée à la préfecture de la Haute-Garonne, à M.[K] se disant [C] [W] alias [I] [R] ainsi qu'à son conseil et communiquée au ministère public. LE GREFFIERLE MAGISTRAT DELEGUE K. MOKHTARI A. DUBOIS Président de chambre
Articles de loi cités
article L741-3 du code de larticle L741-1 du code de l
Avocats intervenants
Citations
Aucune citation répertoriée pour cette décision.
Décisions connexes
Aucune décision similaire identifiée pour le moment.
Synthèse
- Juridiction
- Cour d'Appel
- Chambre
- ETRANGERS
- Date
- 9 mai 2022
- Matière
- Demande d'autorisation relative à la rétention et au maintien en zone d'attente d'un étranger
Référence
627a019edd6bd9057dc56dd2
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel