Cour d'AppelETRANGERS
Cour d'Appel · ETRANGERS — 15 mai 2022
- ECLI
- 6288821bedb9a9057d0d2883
- Date
- 15 mai 2022
Demande d'autorisation relative à la rétention et au maintien en zone d'attente d'un étranger
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Texte intégral
COUR D'APPEL DE DOUAI Chambre des Libertés Individuelles N° RG 22/00817 - N° Portalis DBVT-V-B7G-UIZP N° de Minute : 826 / 22 Ordonnance du dimanche 15 mai 2022 République Française Au nom du Peuple Français APPELANT M. [W] [M] né le 03 Juillet 1995 à [Localité 1] ( MAROC) de nationalité marocaine actuellement retenu au CRA de [Localité 2] dûment avisé, comparant en personne par visioconférence assisté de Me Claire GUILLEMINOT, avocat au barreau de DOUAI, avocate commise d'office et de M. [G] [F] interprète assermenté en langue arabe, tout au long de la procédure devant la cour INTIMÉ PREFET DU NORD dûment avisé, absent non représenté M. le procureur général : non comparant MAGISTRATE DELEGUEE : Elise HIBON, Conseillère à la cour d'appel de Douai désignée par ordonnance pour remplacer le premier président empêché assistée de Gaetan DELETTREZ, greffier DÉBATS : à l'audience publique du dimanche 15 mai 2022 à 13 h 30 Les parties comparantes ayant été avisées à l'issue des débats que l'ordonnance sera rendue par mise à disposition au greffe ORDONNANCE : rendue à Douai par mise à disposition au greffe le dimanche 15 mai 2022 à Le premier président ou son délégué, Vu les articles L.740-1 à L.744-17 et R.740-1 à R.744-47 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et spécialement les articles L 743-21, L 743-23, R 743-10, R 743-11, R 743-18 et R 743-19 ; Vu l'article L 743-8 du CESEDA ; Vu la demande de l'autorité administrative proposant que l'audience se déroule avec l'utilisation de moyens de télécommunication audiovisuelle ; Vu l'accord du magistrat délégué ; Vu l'ordonnance rendue le 13 mai 2022 par le Juge des libertés et de la détention de BOULOGNE SUR MER prolongeant la rétention administrative de M. [W] [M] ; Vu l'appel motivé interjeté par M. [W] [M] par déclaration reçue au greffe de la cour d'appel de ce siège le 13 mai 2022 ; Vu le procès-verbal des opérations techniques de ce jour ; Vu l'audition des parties ; DÉCISION: M [M] [W] a été placé en rétention administrative suite au jugement du Tribunal correctionnel de Lille du 23 octobre 2018 le condamnant à 5 ans d' interdiction du territoire français. Par ordonnance du 13 mai 2022, le Juge des Libertés et de la Détention de BOULOGNE SUR MER a rejeté le recours de l'intéressé et ordonné la prolongation de la durée de la rétention administrative de l'intéressé pour 28 jours. M [M] [W] a interjeté appel de cette ordonnance. Son conseil sollicite l'infirmation de l'ordonnance entreprise. SUR CE: De manière liminaire il est rappelé que le juge judiciaire ne peut se prononcer ni sur le titre administratif d`éloignement de l'étranger, ni directement ou indirectement, sur le choix du pays de destination. Les prérogatives judiciaires se limitent à vérifier la régularité et le bien fondé de la décision restreignant la liberté de l'étranger en plaçant ce dernier en rétention, ainsi qu'à vérifier la nécessité de la prolongation de la rétention au vu des diligences faites par l'administration pour l'exécution de l'expulsion et le maintien de la rétention dans la plus courte durée possible. Sur la recevabilité de l'appel: L'appel de l'étranger ayant été introduit dans les formes et délais légaux est recevable. Les articles 933 du code de procédure civile et R.743-1 1 du CESEDA, ne permettent, sauf indivisibilité ou demande d'annulation du jugement, que de discuter en cause d'appel des seuls moyens mentionnés dans l'acte d'appel et soutenus oralement à l'audience. ll ressort également des dispositions de l'article 74 du code de procédure civile que toute exception nouvelle de nullité soulevée pour la première fois en cause d`appel et, par voie de conséquence non débattue devant le premier juge, est irrecevable. Cependant le moyen relatif à l'exercice effectif de ses droits par l'étranger ne constitue pas une exception de procédure mais un moyen de fond pouvant être soulevé pour la première fois en cause d'appel. Sur le principe général de l'atteinte aux droits de l'étranger : En application de l'article L 552-13 du CESEDA, la main levée de la mesure de placement en rétention ne peut être prononcé que lorsque le juge constate une violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou d'inobservation des formalités substantielles à condition que cette irrégularité ait pour effet de porter atteinte aux droits de l'étranger. Cette obligation est imposée à toute juridiction y compris la Cour de cassation, qui est saisie d'une demande d'annulation ou qui relève d'office une telle irrégularité. Sur le moyen tiré de l'irrégularité du contrôle: Il convient de constater d'une part que la rue dans laquelle il a été contrôlé est bien intégrée au périmètre prévu dans les réquisitions du Procureur de la République. Il y a lieu de constater en outre que conformément à l'article 78-2 du code de procédure pénale, le périmètre de ces réquisitions, tant dans l'espace que dans le temps, était déterminé et suffisamment précis de sorte qu'aucune irrégularité n'est à relever. Le moyen sera donc rejeté. Sur l'absence de base légale de l'arrêté ; Il résulte de la procédure que dès la retenue [M] [W] a indiqué avoir bénéficié d'un relèvement de l'interdiction du territoire français par décision rendue le 6 mars 2022 à Paris. Il ne produit cependant aucun élément de preuve en ce sens. Il indique n'avoir aucune adresse fixe en France de sorte que le tribunal compétent pour toute demande de réhabilitation ne saurait être le tribunal judiciaire de Paris mais celui du lieu de condamnation, rendant ainsi ses déclarations sujettes à caution. Il indique lui même ne pas savoir comment les choses se sont faites et qu'il n'a pas fait de démarches. Il n'y a donc aucune preuve de ce qu'il avance de sorte que l'arrêté est régulier. Le moyen sera donc rejeté. Sur la notification de la décision à M. [W] [M] En application de l'article R. 743-19 al 2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'ordonnance rendue par le premier président ou son délégué est communiquée au ministère public. Elle est notifiée sur place à l'étranger et à son conseil, s'il en a un, ainsi qu'à l'autorité qui a prononcé la rétention. Les parties présentes en accusent réception. Le greffier la notifie par tout moyen et dans les meilleurs délais aux autres parties qui en accusent réception. En l'absence de M. [W] [M] lors du prononcé de la décision, la présente ordonnance devra lui être notifiée par les soins du greffe du centre de rétention administrative et en tant que de besoin, par truchement d'un interprète. PAR CES MOTIFS : DÉCLARE l'appel recevable ; CONFIRME l'ordonnance entreprise DIT que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DIT que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à M. [W] [M] par l'intermédiaire du greffe du centre de rétention administrative par truchement d'un interprète en tant que de besoin, à son conseil et à l'autorité administrative. Gaetan DELETTREZ, greffier Elise HIBON, Conseillère A l'attention du centre de rétention, le dimanche 15 mai 2022 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin, l'interprète intervenu devant le premier président ou le conseiller délégué : M. [G] [F] Le greffier N° RG 22/00817 - N° Portalis DBVT-V-B7G-UIZP REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE DU 15 Mai 2022 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 3]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le - M. [W] [M] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [W] [M] le dimanche 15 mai 2022 - décision transmise par courriel pour notification à PREFET DU NORD et à Maître Claire GUILLEMINOT le dimanche 15 mai 2022 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au Juge des libertés et de la détention de BOULOGNE SUR MER Le greffier, le dimanche 15 mai 2022 N° RG 22/00817 - N° Portalis DBVT-V-B7G-UIZP
Articles de loi cités
article 74 du code de procédure civile que toutearticle L 552-13 du CESEDAarticle 78-2 du code de procédure pénalearticle L 743-8 du CESEDA
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Synthèse
- Juridiction
- Cour d'Appel
- Chambre
- ETRANGERS
- Date
- 15 mai 2022
- Matière
- Demande d'autorisation relative à la rétention et au maintien en zone d'attente d'un étranger
Référence
6288821bedb9a9057d0d2883
Données disponibles
- Texte intégral
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