Cour d'AppelRétention_recoursJLD
Cour d'Appel · Rétention_recoursJLD — 25 août 2022
- ECLI
- 630862495d4f3fc56380b0c2
- Date
- 25 août 2022
Demande de mainlevée de la rétention formée devant le juge des libertés et de la détention par l'étranger
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Texte intégral
Ordonnance N°22/569 N° RG 22/00621 - N° Portalis DBVH-V-B7G-IRRJ J.L.D. NIMES 23 août 2022 [U] C/ LE PREFET DES BOUCHES DU RHONE COUR D'APPEL DE NÎMES Cabinet du Premier Président Ordonnance du 25 AOUT 2022 (Au titre des articles L. 742-4 et L 742-5 du CESEDA) Nous, M. Michel SORIANO, Conseiller à la Cour d'Appel de NÎMES, conseiller désigné par le Premier Président de la Cour d'Appel de NÎMES pour statuer sur les appels des ordonnances des Juges des Libertés et de la Détention du ressort, rendues en application des dispositions des articles L 742-1 et suivants du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit de l'Asile (CESEDA), assisté de Mme Emmanuelle PRATX, Greffière, Vu l'interdiction du territoire national prononcée par le tribunal correctionnel de Marseille en date du 17 mars 2020 notifiée le même jour, ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 24 juin 2022, notifiée le même jour à 8h49 concernant : M. [M] [U] né le 10 Avril 2000 à [Localité 2] de nationalité Algérienne Vu l'ordonnance en date du 27 juin 2022 rendue par le Juge des Libertés et de la Détention du Tribunal Judiciaire de Nîmes portant prolongation du maintien en rétention administrative de la personne désignée ci-dessus ; Vu la requête reçue au Greffe du Juge des Libertés et de la Détention du Tribunal Judiciaire de Nîmes le 22 août 2022 à 15h42, enregistrée sous le N°RG 22/3676 présentée par M. le Préfet des Bouches du Rhone ; Vu l'ordonnance rendue le 23 Août 2022 à 16h14 par le Juge des Libertés et de la Détention du Tribunal de NÎMES sur troisième prolongation, à titre exceptionnel qui a : * Rejeté la demande d'assignation à résidence ; * Ordonné pour une durée maximale de 15 jours commençant à l'expiration du précédent délai de 30 jours déjà accordé, le maintien dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, de M. [M] [U]; * Dit que la mesure de rétention prendra fin à l'expiration d'un délai de 15 jours à compter du 23 août 2022 à 8h49 ; Vu l'appel de cette ordonnance interjeté par Monsieur [M] [U] le 24 Août 2022 à 10h20 ; Vu l'absence du Ministère Public près la Cour d'appel de NIMES régulièrement avisé ; Vu la présence de Monsieur [R] [X], représentant le Préfet des Bouches du Rhone, agissant au nom de l'Etat, désigné pour le représenter devant la Cour d'Appel en matière de Rétention administrative des étrangers, entendu en ses observations ; Vu l'assistance de Monsieur [G] [J] interprète en langue arabe inscrit sur la liste des experts de la cour d'appel de Nîmes, Vu la comparution de Monsieur [M] [U], régulièrement convoqué ; Vu la présence de Me Romain FUGIER, avocat de Monsieur [M] [U] qui a été entendu en sa plaidoirie ; MOTIFS Vu la requête du Préfet des Bouches du Rhône reçue au greffe du juge des libertés et de la détention de Nîmes le 22 août 2022 à 15h42 en prolongation d'une troisième période de rétention administrative de M. [M] [U], Vu l'ordonnance rendue le 23 août 2022 par le juge des libertés et de la détention de Nîmes qui a ordonné la prolongation de la rétention administrative de M. [M] [U] pour 15 jours supplémentaires, Vu l'appel interjeté par M. [M] [U] le 24 août 2022 à 10h20, M. [M] [U] a fait l'objet d'une interdiction de territoire français prononcée le 17 mars 2020 par le tribunal judiciaire de Marseille, ayant donné lieu à une décision de placement en rétention le 24 juin 2022 notifiée le même jour à l'intéressé. Au soutien de son appel, M. [M] [U] soutient que : - il appartient à l'administration de démontrer qu'au moins un des critères prévus à l'article L742-5 du ceseda est satisfait, - l'administration doit justifier d'un acte d'obstruction dans les 15 derniers jours, d'une demande de protection contre l'éloignement dans le seul but de faire échec à la mesure d'éloignement ou que la délivrance des documents de voyage par le consultat dont relève l'intéressé interviendra à bref délai, - l'administration ne justifie d'aucune obstruction à l'exécution de la mesure d'éloignement et n'établit pas que les documents de voyage seront délivrés à bref délai, - il n'a formulé aucune demande de protection contre l'éloignement, ni de demande d'asile. Le conseil de M. [M] [U] indique ne pas reprendre l'intégralité de l'acte d'appel. Il ajoute qu'il n'existe aucune garantie que M. [U] sera éloigné à bref délai. Il n'y a pas de laissez passer consulaire et aucune certitude que la mesure d'éloignement pourra être exécutée. Le Préfet requérant, soutient que M. [M] [U] a fait obstruction à son éloignement fin juillet 2022 et avait déclaré à cette occasion vouloir rester en France. Un nouveau vol est prévu pour le 29 août et le laissez passer a été accordé pour une durée de 15 jours et a été renouvelé une première fois. Un nouveau renouvellement sera demandé et sera accordé. Sur la recevabilité de l'appel : L'appel interjeté le 24 août 2022 à 10H20 par M. [M] [U] à l'encontre d'une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Nîmes prononcée en sa présence le 23 août 2022 à 16h14 a été relevé dans les délais légaux et conformément aux dispositions des articles L743-21, R743-10 et R743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il est donc recevable. Sur les moyens nouveaux et élément nouveaux en cause d'appel : L'article 563 du code de procédure civile dispose : 'Pour justifier en appel les prétentions qu'elles avaient soumises au premier juge, les parties peuvent invoquer des moyens nouveaux, produire de nouvelles pièces ou proposer de nouvelles preuves.' L'article 564 du même code précise : 'Les prétentions ne sont pas nouvelles dès lors qu'elles tendent aux mêmes fins que celles soumies au premier juge même si leur fondement juridique est différent.' Sauf s'ils constituent des exceptions de procédure au sens de l'article 74 du code de procédure civile, les moyens nouveaux sont donc recevables en cause d'appel. A l'inverse, pour être recevables en cause d'appel, les exceptions de nullité relatives aux contrôle d'identité, conditions de la garde à vue ou de la retenue et d'une manbière générale celles tenant à la procédure précédant immédiatement le placement en rétention doivent avoir été soulevées in limine litis en première instance. En l'espèce, tous les moyens soulevés par M. [M] [U] sont recevables, ce qui n'est au demeurant pas contesté. Sur le fond : L'article L611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose des cas dans lesquels un étranger peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire et/ou l'article L612-6 du même code d'une interdiction de retour sur le territoire français, tandis que l'article L611-3 du même code liste de manière limitative les situations dans lesquelles de telles mesures sont exclues. L'article L741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit qu'en tout état de cause 'un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet.' Aux termes des dispositions de l'article L742-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : 'A titre exceptionnel, le juge des libertés et de la détention peut à nouveau être saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de la durée maximale de rétention prévue à l'article L. 742-4, lorsqu'une des situations suivantes apparait dans les quinze derniers jours : 1° L'étranger a fait obstruction à l'exécution d'office de la décision d'éloignement ; 2° L'étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la décision d'éloignement : a) une demande de protection contre l'éloignement au titre du 9° de l'article L. 611-3 ou du 5° de l'article L. 631-3 ; b) ou une demande d'asile dans les conditions prévues aux articles L. 754-1 et L. 754-3 ; 3° La décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé et qu'il est établi par l'autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai. L'étranger est maintenu en rétention jusqu'à ce que le juge ait statué. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la dernière période de rétention pour une nouvelle période d'une durée maximale de quinze jours. Si l'une des circonstances mentionnées aux 1°, 2° ou 3° survient au cours de la prolongation exceptionnelle ordonnée en application du huitième alinéa, elle peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours.' En l'espèce, M. [M] [U] a fait l'objet d'une interdiction de territoire français prononcée le 17 mars 2020 par le tribunal judiciaire de Marseille pour une durée de 5 ans. Il ne peut dès lors prétendre se maintenir sur le territoire français. Il ressort du dossier que l'administration a fait toutes les diligences utiles et nécessaires pour éloigner M. [M] [U] , ce dernier refusant d'effectuer un teste PCR avant d'embarquer le 29 juillet 2022 à destination d'Alger. Un nouveau vol est prévu le 28 août 2022 et une nouvelle demande de laissez-passer consulaire a été formalisée le 11 août 2022. Le premier juge a ainsi parfaitement caractérisé la situation en retenant que la délivrance des documents de voyage va pouvoir intervenir à bref délai comme prévu par les dispositions visées supra. En effet, il convient de prendre en compte la pratique du consulat algérien aux termes de laquelle les laissez passer sont remis au plus tard 2 jours avant la date d'embarquement et ce, pour une durée de 15 jours. Enfin, dans la mesure où les autorités algériennes ont déjà accordé un premier laissez passer, puis un renouvellement de ce dernier, de sorte qu'un nouveau renouvellement ne pose aucune difficulté de principe, le consulat délivrant les renouvellements au vu du vol réservé. Par ailleurs, l'attitude de l'intéressé a également été retenue en ce qu'il a refusé de remettre l'original d'un passeport valide de sorte qu'il ne remplit pas les conditions légales pour une assignation à résidence. Enfin, il ressort également du dossier que M. [M] [U] a fait l'objet de plusieurs décision l'obligeant à quitter le territoire national auxquelles il s'est systématiquement soustrait. Il apparaît ainsi que M. [M] [U] fait délibéremment obstruction à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre, et ce sans aucune justification médicale. L'attitude d'opposition du retenu justifie le renouvellement de la mesure de rétention pour une durée de 15 jours, les conditions exceptionnelles posées par l'article L742-5 1° étant démontrées. Il convient en conséquence de confirmer l'ordonnance déférée en toutes ses dispositions. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, en matière civile et en dernier ressort, Vu l'article 66 de la constitution du 4 octobre 1958, Vu les articles L.741-1, L742-1 à L743-9 ; R741-3 et R.743-1 à L.743-19 et L.743-21 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; DECLARONS recevable l'appel interjeté par Monsieur [M] [U] ; CONFIRMONS l'ordonnance déférée en toutes ses dispositions ; RAPPELONS que, conformément à l'article R.743-20 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile, les intéressés peuvent former un pourvoi en cassation par lettre recommandée avec accusé de réception dans les deux mois de la notification de la présente décision à la Cour de cassation [Adresse 1]. Fait à la Cour d'Appel de NÎMES, le 25 Août 2022 à LE GREFFIER, LE PRESIDENT, ' Notification de la présente ordonnance a été donnée ce jour au Centre de rétention administrative de [3] à M. [M] [U], par l'intermédiaire d'un interprète en langue arabe Le à H Signature du retenu Copie de cette ordonnance remise, ce jour, par courriel à : Monsieur [M] [U], pour notification au CRA Me Me Romain FUGIER, avocat M. Le Préfet des Bouches du Rhone M. Le Directeur du CRA de [3] Le Ministère Public près la Cour d'Appel de NIMES M / Mme Le Juge des libertés et de la détention
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Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Cour d'Appel
- Chambre
- Rétention_recoursJLD
- Date
- 25 août 2022
- Matière
- Demande de mainlevée de la rétention formée devant le juge des libertés et de la détention par l'étranger
Référence
630862495d4f3fc56380b0c2
Données disponibles
- Texte intégral
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