Cour d'Appel1ere Chambre
Cour d'Appel · 1ere Chambre — 23 octobre 2023
- ECLI
- 653760f7974d25831845511b
- Date
- 23 octobre 2023
- Condamnation
- 50 000 €
Responsabilité et quasi-contratsDommages causés par des animaux, des produits ou des servicesDemande en réparation des dommages causés par un produit ou une prestation de services défectueux
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Texte intégral
N° RG 21/04817 - N° Portalis DBVM-V-B7F-LDV3 C3 N° Minute : Copie exécutoire délivrée le : la SELARL EUROPA AVOCATS la SELAS AGIS la SCP PYRAMIDE AVOCATS AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE GRENOBLE PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE ARRÊT DU LUNDI 23 OCTOBRE 2023 Appel d'une décision (N° RG 19/00098) rendue par le Tribunal judiciaire de Vienne en date du 21 octobre 2021 suivant déclaration d'appel du 16 novembre 2021 APPELANTE : La société COOPERATIVE AGRICOLE VALSOLEIL prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège [Adresse 5] [Localité 2] représentée par Me Sylvain REBOUL de la SELARL EUROPA AVOCATS, avocat au barreau de GRENOBLE et plaidant par Me SPINELLA avocat au même cabinet INTIMES : M. [J] [F] de nationalité Française [Adresse 1] [Localité 3] représenté par Me Alexia SADON de la SELAS AGIS, avocat au barreau de VIENNE S.A.S. COMPTOIR COMMERCIAL DES LUBRIFIANTS prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège [Adresse 6] [Localité 4] représentée par Me Noëlle GILLE de la SCP PYRAMIDE AVOCATS, avocat au barreau de VIENNE COMPOSITION DE LA COUR LORS DU DÉLIBÉRÉ : Mme Catherine Clerc, président de chambre, Mme Joëlle Blatry, conseiller, Mme Véronique Lamoine, conseiller, DÉBATS : A l'audience publique du 18 septembre 2023, Mme Clerc président de chambre chargé du rapport en présence de Mme Blatry, conseiller, assistées de Mme Anne Burel, greffier, ont entendu les avocats en leurs observations, les parties ne s'y étant pas opposées conformément aux dispositions des articles 805 et 907 du code de procédure civile. Elle en a rendu compte à la cour dans son délibéré et l'arrêt a été rendu ce jour. FAITS, PROCÉDURE ET PRÉTENTIONS DES PARTIES Propriétaire de noyeraies, M. [J] [F] a acquis en 2012 auprès de la société Coopérative Agricole Valsoleil, selon factures des 29 février et 27 mars 2012, 320 litres d'un insecticide fabriqué et commercialisé par le Comptoir Commercial des Lubrifiants (ci-après dénommé CCL) sous la marque Oliblan. Ce produit était à base d'huile blanche (paraffine) seul produit naturel autorisé à l'époque pour lutter contre la prolifération des cochenilles. Sa notice d'utilisation (pulvérisation 20 litres / hectare) le présentait comme étant un produit assurant une totale sélectivité, même en conditions difficiles, d'une grande souplesse d'utilisation par rapport aux stades et à la climatologie, procurant un niveau d'efficacité élevé sur un grand nombre de ravageurs (acariens sur fruitiers, cochenilles sur agrumes) sans effet de résistance sur les ravageurs visés. M. [F] a pulvérisé cet insecticide sur une part importante ses cultures en mars 2012'; par la suite, il a remarqué un retard important dans le débourrement des noyers ayant reçu ce traitement (faible développement des feuilles et faible récolte de noix). Le 26 juillet 2012, il a assigné la société Coopérative Agricole Valsoleil en référé -expertise devant le tribunal de grande instance de Grenoble. Le juge des référés a rendu une ordonnance le 16 août 2012 ordonnant une expertise confiée à Mme [M]. Cette dernière a déposé son rapport le 2 juillet 2015. Selon acte extrajudiciaire du 29 mars 2018, M. [F] a assigné la société Coopérative Agricole Valsoleil devant le tribunal de grande instance de Valence en responsabilité sur le fondement des articles 1604, 1645 et suivants du code civil et indemnisation de son préjudice. Par ordonnance du 29 novembre 2018, le juge de la mise en état a renvoyé la cause et les parties devant le tribunal de grande instance de Vienne qui était déjà saisi de litiges de même nature. Le 4 avril 2019, la société Coopérative Agricole Valsoleil a appelé en cause le CCL pour qu'il la relève et garantisse de toute condamnation pouvant être prononcée à son encontre. Par jugement contradictoire du 21 octobre 2021, le tribunal précité de Vienne devenu tribunal judiciaire, a': dit que la responsabilité de la société Coopérative Agricole Valsoleil se trouve engagée pour manquement à l'obligation de délivrance conforme, condamné la société Coopérative Agricole Valsoleil à verser à M. [F], à titre de dommages et intérêts, la somme de 45.246,24 € en réparation de son préjudice économique, rejeté la demande de condamnation formée par M. [F] à l'encontre la société Coopérative Agricole Valsoleil au titre de l'indemnisation d'un préjudice moral, déclaré irrecevable l'exception de nullité de l'assignation d'appel en cause soulevée par le CCL comme relevant exclusivement du pouvoir juridictionnel du juge de la mise en état, déclaré irrecevable comme étant prescrit l'appel en cause formé par la société Coopérative Agricole Valsoleil à l'encontre du CCL sur le fondement de la garantie des vices cachés, rejeté la demande de condamnation formée à l'encontre de la société Coopérative Agricole Valsoleil par M. [F] à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive, ordonné l'exécution provisoire, condamné la société Coopérative Agricole Valsoleil à verser à M. [F] la somme de 2.000€ au titre de l'article 700 du code de procédure civile, dit qu'il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de condamnation formée par le CCL au titre des frais irrépétibles, condamné la société Coopérative Agricole Valsoleil aux entiers dépens, en ce compris les frais d'expertise, accordé à Me [I] le droit prévu à l'article 699 du code de procédure civile, rejeté la demande de M. [F] tendant, en cas d'exécution forcée, à faire supporter par le débiteur le montant des sommes retenues par l'huissier en application de l'article 10 du décret du 8 mars 2001 portant modification du décret du 12 décembre 1996 n°96/1080. Par déclaration déposée le 16 novembre 2021, la société Coopérative Agricole Valsoleil a relevé appel des dispositions du jugement ayant retenu sa responsabilité sur le fondement d'un manquement à l'obligation de délivrance conforme, l'ayant condamnée à payer des dommages et intérêts pour préjudice économique et frais irrépétibles à M. [F], ayant dit irrecevable comme prescrit son appel en cause du CCL sur le fondement des vices cachés, et l'ayant condamnée aux dépens et frais d'expertise. Dans ses dernières conclusions déposées le 11 juillet 2022 sur le fondement des articles 1604, 1625, 1641, 1645 et 1147 ancien du code civil, la société Coopérative Agricole Valsoleil sollicite de la cour qu'elle': infirme le jugement déféré en ce qu'il a': dit que sa responsabilité se trouvait engagée pour manquement à l'obligation de délivrance conforme, l'a condamnée à verser à M. [F] la somme de 45.246,24€ à titre de dommages et intérêts en réparation de son préjudice économique, a déclaré irrecevable comme étant prescrit son appel en cause à l'encontre du CCL sur le fondement de la garantie des vices cachés, l'a condamnée à verser à M. [F] la somme de 2.000€ au titre de l'article 700 du code de procédure civile, l'a condamnée aux entiers dépens, en ce compris les frais d'expertise, a ordonné l'exécution provisoire, le confirme pour le reste, et statuant à nouveau, à titre principal juge qu'elle n'a failli ni à son obligation de délivrance, ni à son devoir de conseil à l'égard de M. [F], en conséquence, déboute M. [F] de l'intégralité de ses demandes, juge son appel en garantie de CCL recevable et bien fondé, à titre subsidiaire, condamne le CCL à la relever et garantir de toute éventuelle condamnation qui pourraient être prononcée à son encontre, toujours à titre subsidiaire, si les dispositions de l'article 1245-6 du code civil devaient trouver application, juge irrecevable l'action de M. [F] à son égard comme fournisseur, en raison de l'identification, par lui', du producteur, dès avant l'engagement de son action, en tout état de cause, condamne M. [F], ou qui mieux le devra, à lui payer la somme de 7.000€ au titre de l'article 700 du code de procédure civile outre les entiers dépens de première instance et d'appel. Dans ses uniques conclusions déposées le 26 avril 2022 sur le fondement des articles 1147,1604 et 1611 du code civil, M. [F] sollicite que la cour, le recevant en ses demandes, fins et conclusions, déclare que la société Coopérative Agricole Valsoleil engage sa responsabilité tant au regard de son obligation de délivrance conforme qu'au titre de son obligation de conseil, par conséquent, confirme le jugement déféré en ce qu'il a retenu la responsabilité de la Coopérative Agricole Valsoleil et l'a condamnée à lui verser la somme de 45.246,24€ au titre de son préjudice économique ainsi que celle de 2.000€ au titre de l'article 700 du code de procédure civile, réforme le jugement en ce qu'il a rejeté sa demande d'indemnisation de son préjudice moral, condamne la société Coopérative Agricole Valsoleil à lui verser la somme de 5.000€ chacun au titre de son préjudice moral, réforme le jugement en ce qu'il a rejeté sa demande au titre de la résistance abusive de la société Coopérative Agricole Valsoleil, condamne la société Coopérative Agricole Valsoleil à lui verser la somme de 1'.500€ pour résistance abusive, en tout état de cause, rejette l'ensemble des demandes de la société Coopérative Agricole Valsoleil à son encontre, condamne la société Coopérative Agricole Valsoleil à lui régler la somme de 3.000€ en application de l'article 700 du code de procédure civile, condamne la même aux entiers dépens de première instance et d'appel, comprenant les frais d'expertise de Mme [M], qui seront distraits au profit de Me Sadon. Dans ses uniques conclusions déposées le 13 mai 2022 sur le fondement de l'article 2224 et 331 du code de procédure civil, la société Comptoir Commercial des Lubrifiants (CCL) demande à la cour de': confirmer le jugement déféré qui a déclaré prescrite l'action en garantie engagée à son encontre par la société Coopérative Agricole Valsoleil, subsidiairement, déclarer tardive sa mise en cause, vu ses conditions générales de vente et celles de son distributeur la société De Sangosse, déclarer la société Coopérative Agricole Valsoleil irrecevable en sa demande en garantie, la déclarer mal fondée, débouter la société Coopérative Agricole Valsoleil de toutes ses demandes, fins et conclusions, condamner la même à lui payer la somme de 6.000€ HT au titre de l'article 700 du code de procédure civile. L'ordonnance de clôture est intervenue le 11 juillet 2023. MOTIFS A titre liminaire, il est relevé que l'appelante ne présente aucun moyen de fait ou de droit au soutien de sa demande de réformation sur le prononcé de l'exécution provisoire et surtout qu'il ne relève pas de la compétence de la cour de statuer sur l'exécution provisoire. Sur la responsabilité de la société Coopérative Agricole Valsoleil Il est rappelé que la cour n'est pas tenue de suivre les parties dans le détail de leur argumentation ni de procéder à des recherches que ses constatations rendent inopérantes. Il est constant qu'après pulvérisation en mars 2012 des produits vendus par la société Coopérative Agricole Valsoleil, M. [F] a constaté par la suite un retard de débourrement de certains arbres, des dessèchements d'extrémité des rameaux se traduisant par des brûlures, un feuillage très clair avec un manque de feuille, un déficit de récolte en 2012. La société Coopérative Agricole Valsoleil ne peut pas utilement discuter l'existence d'un lien de causalité entre l'application de ce produit et la survenance des désordres en dénonçant d'une part le fait que l'expert judiciaire n'a pas étayé ses conclusions par des analyses scientifiques et a reconnu que le dossier «'était à la limite de la connaissance scientifique'» et en soulignant d'autre part, que les experts de la Chambre de l'agriculture de l'Isère avaient relevé que d'autres parcelles de noyers traitées à l'huile blanche n'avaient présenté aucun retard de végétation. En effet, l'expert judiciaire s'est positionné dans une démarche scientifique en réalisant une étude comparative objective (même situation, même pression de cochenilles) entre des noyers traités aux huiles blanches et ceux qui n'avaient pas été traités, laquelle lui a permis d'objectiver un retard de croissance et de productivité chez les sujets ayant reçu les produits litigieux. Cette analyse comparative n'est pas fragilisée par les constatations opérées par les experts de la Chambre de l'agriculture'; l'expert judiciaire indique avoir réalisé, pour les besoins de son étude objective, un test de récolte, dans des conditions climatiques identiques, entre deux parcelles de noyers d'âge identiques, traitées avec ces produits, l'une traitée à 18 litres / hectare (soit moins que les préconisations du fabricant) et l'autre traitée à 14 litres/hectare, et avoir relevé une différence significative de rendement entre les deux parcelles, concluant ainsi à «'un effet dose'» (test effectué dans l'expertise [F], mais faisant partie d'un ensemble de dossiers identiques opposant des nuciculteurs aux vendeurs de produits Acakill, Oviphyt et Oliblan ayant donné lieu à la désignation de cet expert en référé). De plus fort, il n'est pas soutenu que les noyeraies avaient présenté dans le passé de tels retards de développement et de rendement avant l'application des produits à base d'huile blanche, alors même qu'ils étaient attaqués par des cochenilles. L'absence de tels antécédents corrobore l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre la pulvérisation des produits en cause et les désordres survenus dans les parcelles traitées. En droit, selon l'article 1604 du code civil, la délivrance est le transport de la chose vendue en puissance et possession de l'acheteur. L'obligation de délivrance conforme s'entend de la mise à disposition de l'acheteur d'une chose conforme à ce qui a été convenu'; la conformité se constate à la délivrance. Le défaut de conformité de la chose vendue à sa destination normale en tant que constituant un vice, ne relève pas du régime de l'obligation de délivrance conforme. L'obligation de délivrance se prolonge en une obligation de renseignement contractuelle, qui s'ajoute à l'obligation précontractuelle qui s'infère du principe de bonne foi. Il n'est pas soutenu en l'espèce que le produit à base d'huile blanche n'a pas rempli son office à l'égard des populations de cochenilles infestant les parcelles de noyers ayant reçu ce traitement'; pour autant, ce traitement avait pour visée, au travers de l'élimination des parasites, de protéger la santé des noyers et donc leur taux de rendement. A cet égard, la société Coopérative Agricole Valsoleil n'est donc pas fondée à contester toute défaillance dans son obligation de délivrance conforme, le produit vendu présentant certes les caractéristiques et qualités annoncées en tant que solution insecticide pour lutter efficacement contre les cochenilles mais ne remplissant pas totalement sa performance, dès lors que l'élimination des parasites s'est accompagnée d'un affaiblissement des noyers. En outre, la non-conformité à la destination normale de cet insecticide telle que dénoncée par M. [F], à savoir que ce produit a non seulement détruit les cochenilles mais a endommagé les noyers, s'avère être la conséquence d'un manquement à l'obligation de conseil de la société Coopérative Agricole Valsoleil ayant la qualité de vendeur professionnel, à savoir que celle-ci s'est abstenue d'informer l'acheteur qu'il s'agissait d'un produit faisant l'objet d'une expérimentation en 2012 (cf contrat d'expérimentation signé entre le CCL et la Station d'Expérimentation Nucicole Rhône Alpes-SENURA- le 22 novembre 2011), sans aucun recul quant à ses éventuels effets collatéraux, et qu'elle devait s'assurer que le produit en cause ne présentait pas de risques pour les cultures. En effet, tout acquéreur même professionnel, doit recevoir du vendeur toutes les informations nécessaires à l'utilisation du bien ou produit vendu, la remise d'une notice technique n'étant pas par elle-même suffisante si elle ne permet pas de connaître les conditions précises d'utilisation du produit. Cette obligation d'information est renforcée lorsque des précautions sont à prendre à raison de l'absence de recul sur l'utilisation du produit vendu. La circonstance que ce produit a fait l'objet dans l'urgence, au regard de la forte pression parasitaire de la cochenille sur les noyeraies en 2012, d'une préconisation collective (parution dans le Bulletin technique du Noyer édition Rhône Alpes n°1 du 21 février 2012'; réunion de présentation tenue le 27 février 2012 à la SENURA en présence des vendeurs distributeurs et relayée par ceux-ci) et individuelle (relais par le technicien de la société Coopérative Agricole Valsoleil ) ne dispensait pas la société Coopérative Agricole Valsoleil de son devoir d'information et de conseil envers son acheteur, étant tenue, de par sa qualité de vendeur professionnel de s'assurer de la sécurité du produit vendu alors même qu'il n'y avait scientifiquement aucun recul sur l'utilisation de ce produit, ainsi qu'en atteste le fait que la SENURA ne possédait aucun élément avant 2012 sur l'utilisation des huiles blanches sur noyer, l'expérimentation mise en 'uvre ayant permis de définir ultérieurement d'autres règles d'amplitude thermique pour l'application du produit et qu'il s'est avéré à l'expertise judiciaire que les désordres survenus étaient en lien avec un «'effet dose'» à savoir avec les quantités utilisées et non pas avec la qualité intrinsèque du produit. Le jugement déféré est en conséquence confirmé, par motifs ajoutés, en ce qu'il a retenu la responsabilité de la société Coopérative Agricole Valsoleil dans la survenance des désordres du chef d'un manquement à l'obligation de délivrance conforme laquelle se double d'un manquement à l'obligation de conseil. Sur les préjudices Les indemnités allouées au titre du préjudice économique à M. [F] ne sont pas discutées en tant que telles dans leur principe et leur quantum par la société Coopérative Agricole Valsoleil '; elles sont donc confirmées. M. [F] doit être débouté de son appel incident sur le rejet de l'indemnisation du préjudice moral , l'existence et la réalité du préjudice ainsi allégué n'étant pas plus étayé en appel qu'en première instance par le moindre élément de preuve. Sur l'appel en garantie formé à l'encontre du CCL La société Coopérative Agricole Valsoleil soutient que le premier juge s'est mépris en jugeant prescrit son appel en garantie formé le 4 avril 2019 en lui faisant grief d'avoir omis de prendre en compte l'effet interruptif de prescription de la procédure de référé -expertise, le délai de prescription quinquennal ayant été ensuite suspendu jusqu'au dépôt du rapport d'expertise, soit le 2 juillet 2015; il estime ainsi son appel en garantie recevable car formé avant l'expiration du délai de prescription expirant le 2 juillet 2020. C'est à bon droit que le CCL proteste contre cette analyse en rappelant qu'une demande en justice ne peut avoir un effet interruptif qu'à la condition qu'elle soit dirigée contre celui qu'on veut empêcher de prescrire'; or en l'espèce, il a été mis en cause dans la procédure de référé-expertise par M. [F] et aucunement par la société Coopérative Agricole Valsoleil qui avait alors la qualité de défendeur dans cette procédure. Sans plus ample discussion, le jugement déféré est donc confirmé en ce qu'il a dit, par d'exacts motifs adoptés par la cour, irrecevable comme étant prescrit l'appel en cause de la société Coopérative Agricole Valsoleil formé à l'encontre du CCL le 4 avril 2019 sur le fondement des vices cachés, soit largement plus de cinq ans après la vente de l'insecticide en 2012, étant rappelé que conformément aux articles 1648 et 2224 du code civil, l'action résultant des vices cachés doit être intentée dans les deux ans de la découverte du vice, et l'action en garantie dans le délai de prescription quinquennal courant du jour de la vente. Sur les dommages et intérêts pour résistance abusive M. [F] ne soutient pas et a fortiori ne justifie pas d'un quelconque préjudice en lien avec un refus de l'appelante d'exécuter le jugement déféré qui était assorti de l'exécution provisoire, refus qui n'est pas davantage démontré. Il est donc débouté de cette prétention et le jugement querellé confirmé sur ce point. Sur les mesures accessoires Succombant dans son recours, la société Coopérative Agricole Valsoleil est condamnée aux dépens avec le bénéfice des dispositions de l'article 699 du code de procédure civile et conserve la charge de ses frais irrépétibles exposés devant la cour. Elle est condamnée à verser à M. [F] ainsi qu'au CCL une indemnité de procédure pour l'instance d'appel (laquelle ne peut être allouée HT). Les mesures accessoires du jugement querellé sont par ailleurs confirmées, lesquelles prévoient déjà la prise en charge des frais de l'expertise judiciaire au titre des dépens. PAR CES MOTIFS La cour, statuant publiquement, dans les limites de l'appel, par arrêt contradictoire Confirme le jugement déféré par motifs ajoutés, Condamne la société Coopérative Agricole Valsoleil, à verser, au titre des frais irrépétibles d'appel, la somme de 3.000€ au profit de M. [J] [F], la somme de 1.500€ au profit la société Comptoir Commercial des Lubrifiants, Déboute la société Coopérative Agricole Valsoleil de sa réclamation présentée en appel sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, Condamne la société Coopérative Agricole Valsoleil aux dépens d'appel avec recouvrement par Me Sadon conformément aux dispositions de l'article 699 du code de procédure civile. Prononcé par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile, Signé par madame Clerc, président, et par madame Burel, greffier auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire. LE GREFFIER LE PRÉSIDENT
Articles de loi cités
article 700 du code de procédure civile outre lesarticle 700 du code de procédure civile.article 700 du code de procédure civilearticle 699 du code de procédure civile et conserarticle 699 du code de procédure civile.article 450 du code de procédure civilearticle 1245-6 du code civil devaient trouver applic
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Synthèse
- Juridiction
- Cour d'Appel
- Chambre
- 1ere Chambre
- Date
- 23 octobre 2023
- Matière
- Responsabilité et quasi-contrats
Référence
653760f7974d25831845511b
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel