Tribunal JudiciaireJ.L.D. HSC
Tribunal Judiciaire · J.L.D. HSC — 16 janvier 2024
- ECLI
- 65a6d21f47251e2b2421689b
- Date
- 16 janvier 2024
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE - DÉLAI DE 12 JOURS ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT N° RG 24/00256 - N° Portalis DB3S-W-B7I-YVXQ MINUTE: 24/0099 Nous, Sarah MASSOUD, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Sagoba DANFAKHA, greffier, avons rendu la décision suivante concernant: LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES : Monsieur [R] [J] [Z] né le 19 Janvier 1996 à [Localité 5] (ALGERIE) [Adresse 3] Etablissement d’hospitalisation : L’EPS DE [Localité 6] sis [Adresse 2] Présent assisté de Me Amadou TALL, avocat commis d’office PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE Monsieur le directeur de L’EPS DE [Localité 6] Absent TIERS A L’ORIGINE DE L’HOSPITALISATION Madame [S] [J] [Z] Présente MINISTÈRE PUBLIC Absent A fait parvenir ses observations par écrit le 15 janvier 2024 Le 5 janvier 2024, le directeur de L’EPS DE [Localité 6] a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Monsieur [R] [J] [Z]. Depuis cette date, Monsieur [R] [J] [Z] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de L’EPS DE [Localité 6]. Le 12 janvier 2024, le directeur de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [R] [J] [Z]. Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 15 janvier 2024. A l’audience du 16 janvier 2024, Me Amadou TALL, conseil de Monsieur [R] [J] [Z], a été entendue en ses observations. L’affaire a été mise en délibéré à ce jour. MOTIFS Sur la poursuite de la mesure de soins psychiatriques Aux termes de l’article L.3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L.3222-1 du même code que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L.3211-2-1. L’article L.3211-12-1 du même code dispose que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure, avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l’article L.3214-3 ou à compter de la décision par laquelle le directeur de l’établissement a modifié la forme de la prise en charge du patient en procédant à son hospitalisation complète. En cas d’urgence, l’article L.3212-3 du code de la santé publique prévoit que lorsqu’il existe un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade, le directeur d’établissement peut, à titre exceptionnel, prononcer à la demande d’un tiers l’admission en soins psychiatriques d’une personne malade au vu d’un seul certificat médical émanant, le cas échéant, d’un médecin exerçant dans l’établissement, et que dans ce cas, les certificats médicaux établis dans les 24 et 72 heures de l’admission sont établis par deux psychiatres distincts. Il résulte des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux établis dans les 24 et 72 heures, de la décision d’admission et de celle de maintien des soins ainsi que de l’avis motivé du 10 janvier 2024, que Monsieur [R] [J] [Z], patient connu du secteur, a été hospitalisé à la suite de troubles du comportement (rechute délirante) et alors qu’il présentait un contact étrange, une attitude d’écoute, une désorganisation psychique et comportementale, un discours désorganisé et diffluent et une humeur exaltée, dans un contexte de rupture de traitement. Il ressort en particulier de l’avis médical motivé que Monsieur [R] [J] [Z] présente une tension interne importante liée à son refus de l’hospitalisation, une pensée désorganisée avec un discours digressif et tangentiel, et des attitudes d’écoutes, l’intéressé disant que les hallucinations acoustico-verbales qu’il avait au moment de son passage au service des urgences ont disparu. Ce patient a par ailleurs une faible conscience de son état. A l’audience de ce jour, ce patient est apparu à l’image des dernières constatations médicales, ce dernier reconnaissant du reste qu’il avait arrêté ses injonctions pendant trois mois car il rencontrait des problèmes d’érection. Il a insisté sur le fait qu’il était prêt à reprendre son suivi à l’extérieur, répétant vouloir rentrer chez lui aux côtés de sa mère et ajoutant qu’il n’arrivait pas à dormir à l’hôpital. Sa mère, présente, a indiqué qu’elle souhaitait que son fils puisse rentrer au domicile, assurant qu’elle le surveillait sans cesse et qu’à la moindre défaillance, elle l’emmènerait à l’hôpital. Il suit de l’ensemble de ces éléments que Monsieur [R] [J] [Z] présente des troubles mentaux qui rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins assortis d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète. En conséquence, il convient d’ordonner la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Monsieur [R] [J] [Z]. PAR CES MOTIFS Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de [Localité 6], au centre [4] situé [Adresse 1], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel, Ordonne la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Monsieur [R] [J] [Z] ; Laisse les dépens à la charge de l’Etat ; Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire. Fait et jugé à Bobigny, le 16 janvier 2024 Le Greffier Sagoba DANFAKHA Le vice-président Juge des libertés et de la détention Sarah MASSOUD Ordonnance notifiée au parquet le à le greffier Vu et ne s’oppose : Déclare faire appel :
Articles de loi cités
article L.3212-3 du code de la santé publique prévoitarticle L.3212-1 du code de la santé publique
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Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- J.L.D. HSC
- Date
- 16 janvier 2024
Référence
65a6d21f47251e2b2421689b
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
- Analyse IA