Tribunal JudiciairePCP JCP ACR fond
Tribunal Judiciaire · PCP JCP ACR fond — 11 avril 2024
- ECLI
- 6627fcc442439575e2f7e08f
- Date
- 11 avril 2024
- Condamnation
- 4 723 224 €
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS [1] [1] Copie conforme délivrée le : à : Monsieur [M] [D] Préfecture Copie exécutoire délivrée le : à : La SCP MENARD-WEILLER Pôle civil de proximité ■ PCP JCP ACR fond N° RG 23/09121 - N° Portalis 352J-W-B7H-C3MEO N° MINUTE : 5/2024 JUGEMENT rendu le 11 avril 2024 DEMANDERESSE IMMOBILIERE 3F Société Anonyme d’Habitations à Loyer Modéré dont le siège social est situé [Adresse 1] représentée par la SCP MENARD-WEILLER,avocat au barreau de PARIS,vestiaire P0128 DÉFENDEUR Monsieur [M] [D] demeurant [Adresse 2] non comparant, ni représenté COMPOSITION DU TRIBUNAL Yasmine WALDMANN, Juge des contentieux de la protection assistée de Christopher LEPAGE, Greffier, DATE DES DÉBATS Audience publique du 02 février 2024 JUGEMENT réputé contradictoire et en premier ressort prononcé par mise à disposition le 11 avril 2024 par Yasmine WALDMANN, juge des contentieux de la protection assistée de Christopher LEPAGE, Greffier Décision du 11 avril 2024 PCP JCP ACR fond - N° RG 23/09121 - N° Portalis 352J-W-B7H-C3MEO EXPOSE DU LITIGE Par acte sous seing privé prenant effet le 28/06/2016, la société IMMOBILIERE 3F a donné à bail à [R] [D] et [V] [D] un appartement à usage d'habitation, situé au [Adresse 2], logement 1, pour un loyer initial de 302,88 euros par mois. Suite aux décès de [V] [D] née [F] le 10/12/2017 et de [R] [D] le 28/06/2020, le contrat de bail était transféré à [M] [D] par avenant signé le 02/03/2021. Les échéances de loyer n'étant pas régulièrement payées, un commandement de payer rappelant la clause résolutoire insérée au bail a été délivré le 23/06/2022 pour avoir paiement d'un arriéré de 9971,06 euros. Par acte de commissaire de justice en date du 10/10/2023 délivré à étude, la société IMMOBILIERE 3F a fait assigner [M] [D] aux fins de voir : constater la résiliation du bail par acquisition de la clause résolutoire pour impayés, subsidiairement voir prononcer la résiliation judiciaire du bail ; en conséquence : ordonner l’expulsion de [M] [D] ainsi que tous occupants de son chef avec le concours de la force publique si besoin est et l’assistance d’un serrurier ;ordonner la séquestration des meubles et objets mobiliers se trouvant dans les lieux dans tout garde meuble de son choix aux frais, risques et péril de [M] [D] et ce en garantie de toute sommes qui pourront être dues ;condamner [M] [D] au paiement d’une somme de 39322,59 euros, due pour les causes énoncées ;condamner le même au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle à compter de la résiliation du bail et ce jusqu’au départ effectif des lieux loués, d’un montant égal au loyer du logement litigieux, majoré de 50%, sans préjudice des charges, subsidiairement dire que cette indemnité ne saurait être inférieur au montant du loyer majoré des charges ;condamner [M] [D] au paiement d'une somme de 350,00 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, outre les dépens qui comprendront le coût du commandement, de l’assignation et plus généralement de tous actes rendus nécessaires à l’occasion de la présente procédure. L'assignation a été dénoncée au PREFET DE [Localité 3] le 13/10/2023. A l’audience du 02/02/2024, la bailleresse, représentée par son conseil, maintient ses demandes dans les termes de l’assignation et actualise sa créance à la somme de 47232,24 euros selon décompte arrêté au 31/01/2024, mois de janvier 2024 inclus. Elle précise qu’un supplément de loyer est appliqué en raison de l’absence de réponse à l’enquête dûment envoyée et constatée par procès-verbal de commissaire de justice. Décision du 11 avril 2024 PCP JCP ACR fond - N° RG 23/09121 - N° Portalis 352J-W-B7H-C3MEO Bien que régulièrement avisé, [M] [D] ne comparait pas et n’est pas représenté. Aucun diagnostic social n’a été reçu au greffe. La décision était mise en délibéré au 11/04/2024 par mise à disposition au greffe. La demanderesse était autorisée à produire en cours de délibéré une page plus lisible du procès-verbal de commissaire de justice du 18/11/2021 concernant les logements concernés par le supplément de loyer. MOTIFS Sur la recevabilité de l’action en acquisition de la clause résolutoire En application de l’article 24 de la loi du 06/07/89 modifiée par la loi du 24/03/2014, à compter du 01/01/2015, les bailleurs personnes morales autres que les sociétés civiles constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au 4ème degré inclus, ne peuvent faire délivrer, sous peine d’irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de la résiliation du bail avant expiration d’un délai de 2 mois suivant la saisine de la CCAPEX prévue à l’article 7-2 de la loi du 31/05/1990, mais cette saisine est réputée constituée lorsque persiste une situation d’impayés, préalablement signalée dans les conditions réglementaires aux organismes payeurs des aides au logement en vue d’assurer le maintien du versement des aides mentionnées à l’article L821-1 du code de la construction et de l'habitation . La bailleresse justifie de la saisine de la CCAPEX le 23/06/2022 et justifie avoir dénoncé l’assignation au préfet de [Localité 3] six semaines avant l’audience le 02/02/2024. Son action est recevable. Sur la résiliation du bail Le commandement de payer délivré le 23/06/2022 reproduisait la clause résolutoire insérée au bail et les dispositions exigées à l'article 7g et 24 de la loi du 6 juillet 1989. [M] [D] n’ayant pas réglé la dette dans les deux mois suivants le commandement, le bail s'est trouvé résilié de plein droit le 23/08/2022 à minuit, soit à compter du 24/08/2022. Il convient donc d'ordonner l'expulsion de [M] [D] et de tout occupant de son chef à défaut de départ volontaire des lieux deux mois après la délivrance d’un commandement de quitter les lieux, et ce avec le concours de la force publique si besoin est et l’assistance d’un serrurier. Le bailleur sera autorisé à faire procéder à la séquestration des meubles dans tout garde meuble de son choix aux frais, risques et péril de [M] [D] à défaut de local désigné, le sort des meubles étant régi par les articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution, le cas échéant. Sur l'indemnité d'occupation Compte tenu du bail antérieur et afin de préserver les intérêts du bailleur, il convient de fixer le montant de l'indemnité d'occupation due, à compter de la date de résiliation et jusqu’au départ effectif de [M] [D] par remise des clés ou procès-verbal d’expulsion, au montant du loyer qui aurait été payé si le bail s'était poursuivi et de condamner [M] [D] au paiement de celle-ci ainsi que des charges en sus. Il n’y a pas lieu d’appliquer une majoration, le préjudice subi par la bailleresse n’étant pas supérieur à la perte du montant du loyer et charges actuels. Sur la demande en paiement de l'arriéré Il ressort du commandement de payer du 23/06/2022, du décompte actualisé, des quittances faisant apparaître le supplément de loyer régulièrement appliqué selon le constat du commissaire de justice du 18/11/2021 et celui du 22/11/2022, et de la pièce produite en cours de délibéré justifiant l’application du supplément de loyer, que [M] [D] reste devoir une somme de 47198,10 euros au titre des loyers et charges, indemnités dus à la date du 31/01/2024, janvier 2024 inclus, hors frais de rejet de prélèvement et « divers ». Il convient en conséquence de condamner [M] [D] au paiement de cette somme sous réserve des indemnités d'occupation échues depuis cette date et éventuellement impayées, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision. Sur les demandes accessoires L'exécution provisoire est de droit. Il convient de condamner [M] [D] à payer à la IMMOBILIERE 3F la somme de 300,00 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, au titre des frais exposés non compris dans les dépens, que le bailleur a dû engager pour obtenir un titre exécutoire. Il y a lieu de condamner [M] [D] aux dépens, comprenant le coût du commandement de payer du 23/06/2022 et de l’assignation. PAR CES MOTIFS, La juge des contentieux de la protection, statuant par jugement réputé contradictoire en premier ressort, mis à disposition au greffe : DIT que le bailleur est recevable en son action en acquisition de la clause résolutoire pour impayés ; CONSTATE la résiliation du bail conclu entre les parties à compter du 24/08/2022 portant sur les lieux situés au [Adresse 2], logement 1, pour défaut de paiement des loyers et charges ; DIT qu'à défaut de départ volontaire des lieux, la société IMMOBILIERE 3F pourra faire procéder à l'expulsion de [M] [D], ainsi que de tous les occupants de son chef, avec le concours de la force publique et d’un serrurier le cas échéant, sous réserve des dispositions de l'article L412-1 du code des procédures civiles d'exécution ; AUTORISE la société IMMOBILIERE 3F à faire procéder à la séquestration des meubles se trouvant dans les lieux dans tout garde meuble de son choix aux frais, risques et péril de [M] [D] à défaut de local désigné ; DIT que le sort des meubles sera régi par les articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d'exécution ; DIT que l'indemnité d'occupation mensuelle due, à compter de la date de la résiliation et jusqu'au départ effectif des lieux par remise des clés ou procès-verbal d’expulsion, sera égale au loyer qui aurait été payé si le bail avait continué, et au montant des charges en sus ; REJETTE la demande de majoration de l’indemnité d’occupation ; CONDAMNE [M] [D] à payer à la société IMMOBILIERE 3F la somme de 47198,10 euros au titre des loyers et charges, indemnités d’occupation dus au 31/01/2024, janvier 2024 inclus, outre les indemnités d'occupation impayées dues postérieurement le cas échéant, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision ; DEBOUTE les parties du surplus de leurs prétentions ; ORDONNE la communication au PREFET DE [Localité 3] de la présente décision ; CONDAMNE [M] [D] aux dépens, comprenant le coût du commandement de payer du 23/06/2022 et de l’assignation ; CONDAMNE [M] [D] à payer à la IMMOBILIERE 3F la somme de 300,00 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile ; RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit. LE GREFFIER LA PRESIDENTE
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- PCP JCP ACR fond
- Date
- 11 avril 2024
Référence
6627fcc442439575e2f7e08f
Données disponibles
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