Tribunal JudiciairePPP Référés
Tribunal Judiciaire · PPP Référés — 5 juillet 2024
- ECLI
- 66883523342d338c20d2890e
- Date
- 5 juillet 2024
- Condamnation
- 71 900 €
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Du 05 juillet 2024 5AA SCI/FH PPP Référés N° RG 24/00599 - N° Portalis DBX6-W-B7I-ZDIT [W] [U], [P] [D] épouse [U] C/ [V] [R] [T], [S] [O] - Expéditions délivrées à Mme [S] [O] et M. [V] [R] [T] - FE délivrée à Me Sylvie LABEYRIE Le 05/07/2024 TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BORDEAUX JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION Pôle protection et proximité [Adresse 3] ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 05 juillet 2024 PRÉSIDENT : Monsieur Julien BAUMERT-STORTZ, Juge GREFFIER : Madame Frédérique HUBERT, DEMANDEURS : Monsieur [W] [U] né le 05 Août 2002 à [Localité 6] [Adresse 2] [Localité 5] Madame [P] [D] épouse [U] née le 17 Avril 1974 à [Localité 7] [Adresse 2] [Localité 5] Tous deux représentés par Me Sylvie LABEYRIE, Avocat au barreau de BORDEAUX DEFENDEURS : Monsieur [V] [R] [T] né le 03 Octobre 1986 à [Localité 9] [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 4] Représenté par sa compagne, Madame [S] [O], munie d’un pouvoir spécial Madame [S] [O] née le 14 Décembre 1998 à [Localité 10] [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 4] Présente DÉBATS : Audience publique en date du 24 Mai 2024 PROCÉDURE : Baux d’habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d’assurance et ordonner l’expulsion en date du 06 Mars 2024 Articles 484 et suivants et 834 et suivants du Code de Procédure Civile QUALIFICATION DE l’ORDONNANCE: Contradictoire et en premier ressort EXPOSE DU LITIGE Par un contrat daté du 22 août 2022, Monsieur [W] [U] et Madame [P] [D] épouse [U] ont donné à bail à Monsieur [V] [R] [T] et Madame [S] [O] un appartement sis [Adresse 1] 1 à [Localité 8] avec un loyer mensuel de 719 €, ainsi qu’une avance sur charges, outre une clause d’indexation et une clause de solidarité. Par exploit d’huissier en date du 5 décembre 2023, M. et Mme [U] ont fait délivrer à M. [R] [T] et Mme [O] un commandement de payer afin d’obtenir le règlement de la somme de 3.399,44 €, au titre des loyers et charges impayés à la date du 1er décembre 2023. Par assignation en date du 6 mars 2024, dûment notifiée à la Préfecture de GIRONDE, par transmission électronique en date du 7 mars 2024, M. et Mme [U] ont saisi le juge des référés du tribunal de Céans d’une demande en paiement et d’expulsion dirigée contre M. [R] [T] et Mme [O]. A l’audience du 24 mai 2024, M. et Mme [U], représentés par leur conseil, demandent au juge des référés, avec exécution provisoire, de : Constater la résiliation de plein droit du bail liant les parties ;Condamner M. [R] [T] et Mme [O] et tous occupants de leur chef à évacuer les lieux loués corps et biens, au besoin avec l’assistance de la force publique ;condamner solidairement M. [R] [T] et Mme [O] à leur payer la somme de 5.035 € au titre des loyers et charges échus au 21 mai 2024 et non encore réglés avec intérêts au taux légal ;condamner solidairement M. [R] [T] et Mme [O] à leur payer une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant mensuel du loyer et charges prévus au bail à compter du 1er mars 2024 ;condamner solidairement M. [R] [T] et Mme [O] aux entiers frais et dépens (incluant les frais du commandement), ainsi qu’au paiement de la somme de 1.500 € au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile ; Au soutien de leurs prétentions, M. et Mme [U] font valoir que le bail se trouve résilié de plein droit par l’effet de la clause résolutoire qui y est stipulée, M. [R] [T] et Mme [O] n’ayant pas, dans le délai de deux mois imparti, réglé les arriérés de loyers et de charges visés au commandement de payer délivré le 5 décembre 2023. M. et Mme [U] ajoutent qu’en tout état de cause, ils sont fondés à obtenir la condamnation de M. [R] [T] et Mme [O] à leur payer les sommes leur restant dues, ainsi que leur expulsion. Mme [O], présente à l’audience, et représentant M. [R] [T], ne conteste pas la créance alléguée par les demandeurs. Elle sollicite des délais de paiement, par le biais de versements mensuels de 250 €, en sus du loyer courant, en précisant que le couple souhaite quitter les lieux. M. et Mme [U] ne s’opposent pas à cette demande. Eu égard à la nature des faits, il est statué par ordonnance contradictoire et rendue en premier ressort. MOTIFS DE LA DECISION I - Sur la demande en paiement des loyers et des charges : Attendu qu’aux termes de l’article 1103 du code civil, les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites et qu’elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel ou pour les causes que la loi autorise ; Attendu qu’en l’espèce, il est stipulé au contrat de bail liant les parties que les locataires doivent verser un loyer mensuel de 719 € avec une avance sur charges, et une clause d’indexation, conformément à l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 outre une clause de solidarité ; Qu’il n’est cependant pas justifié du paiement régulier de ces sommes par les locataires aux termes contractuellement convenus ; Qu’il résulte en effet du décompte produit aux débats que M. [R] [T] et Mme [O] restent redevables, à la date du 21 mai 2024, de la somme de 5.035 € ; Attendu qu’il convient en conséquence de condamner solidairement M. [R] [T] et Mme [O] à payer à M. et Mme [U] la somme de 5.035 € au titre des arriérés dus au 21 mai 2024, avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente ordonnance ; II - Sur la demande de délais de paiement : Attendu que l’article 1343-5 du code civil dispose que, compte tenu de la situation du débiteur, et en considération des besoins du créancier, le juge peut, dans la limite de deux années, reporter ou échelonner le paiement des sommes dues, à l’exception des dettes d’aliments ; Que l’article 24 V de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que, par dérogation à ces dispositions, la durée des délais de paiement, accordés dans le cadre d’une procédure intentée sur le fondement d’une clause résolutoire contenue dans un bail d’habitation, peut être étendue à 36 mois ; Attendu que M. [R] [T] et Mme [O] se sont engagés à régler leur dette par le biais de versements mensuels de 250 €, en sus du loyer courant, avec paiement du solde à l’issue ; Attendu que M. et Mme [U] ont accepté d’accorder ces délais à M. [R] [T] et Mme [O] ; III - Sur la résiliation du bail et sur ses conséquences : Attendu que le contrat de bail conclu entre les parties le 22 août 2022 contient une clause de résiliation de plein droit à défaut de paiement du loyer et des charges échus dans le délai de deux mois à compter de la date du commandement de payer, telle que prévue par l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 ; Attendu que M. et Mme [U] ont, par communication électronique en date du 7 mars 2024 informé la Préfecture de l’assignation en expulsion ; Attendu que M. et Mme [U] ont fait signifier, le 5 décembre 2023, un commandement de payer conforme aux dispositions légales ; Attendu que la partie requise ne s’est pas exécutée dans le délai qui lui était accordé ; Attendu qu’il convient donc de constater la résiliation de plein droit du bail à la date du 5 février 2024 et d’ordonner l’expulsion de M. [R] [T] et Mme [O] ainsi que de tous occupants de leur chef ; Que par conséquent, les lieux loués devront être libérés corps et biens deux mois suivant la signification d’un commandement d’avoir à quitter les lieux ; Attendu qu’il y a lieu de fixer l’indemnité d’occupation à une somme égale au montant des loyers et charges qui auraient été dues en cas de maintien dans les lieux et de condamner in solidum en tant que besoin, M. [R] [T] et Mme [O] à verser, jusqu’à libération effective des locaux et remise des clefs, cette indemnité d’occupation, qui sera payable dans les mêmes conditions que l’étaient le loyer et les charges. IV - Sur les demandes accessoires : Attendu qu’il est fait droit à la demande de M. et Mme [U], il convient de condamner in solidum M. [R] [T] et Mme [O] à leur payer la somme de 250 € au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile, ainsi qu’au paiement des entiers frais et dépens de la présente instance (incluant les frais du commandement de payer), conformément à l’article 696 du Code de Procédure Civile ; Qu’il convient de constater l’exécution provisoire de la présente ordonnance, en application de l’article 514 du code de procédure civile ; PAR CES MOTIFS, LE JUGE DES REFERES, Statuant publiquement, par ordonnance mise à disposition au greffe, contradictoire, et rendue en premier ressort, CONSTATONS que le bail liant Monsieur [W] [U] et Madame [P] [D] épouse [U] d’une part, et Monsieur [V] [R] [T] et Madame [S] [O] d’autre part, a été résilié à la date du 5 février 2024 ; CONDAMNONS M. [R] [T] et Mme [O] à payer en derniers et quittances à M. et Mme [U] la somme de 5.035 € avec les intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente ordonnance, au titre des arriérés de loyers et charges échus à la date du 21 mai 2024 ; AUTORISONS M. [R] [T] et Mme [O] à se libérer de cette condamnation par le biais de versements mensuels de 250 € au plus tard le 5ème de chaque mois, le premier versement devant intervenir le 5 du mois suivant la signification de la présente décision (ou selon accord des parties), avec un dernier versement comprenant outre le solde du principal, les intérêts, les accessoires et les frais ; DISONS que le loyer et les avances sur charges devront être payés en plus de l’arriéré le 5ème jour de chaque mois ; DISONS qu’en cas de non-paiement d’une mensualité de l’arriéré, d’un loyer ou d’une avance sur charges à son échéance le solde dû sera immédiatement exigible ; ORDONNONS à M. [R] [T] et Mme [O] de libérer de leurs personnes, de leurs biens, ainsi que de tous les occupants de leur chef l’appartement situé [Adresse 1] 1 à [Localité 8], dans un délai de deux mois suivant la notification d’un commandement de quitter les lieux ; DISONS qu’à défaut de libération volontaire, il pourra être procédé à l’expulsion de M. [R] [T] et Mme [O] et à celle de tous occupants de leur chef avec l’assistance de la force publique qui devra être requise selon les normes légales et règlementaires applicables ; CONDAMNONS in solidum M. [R] [T] et Mme [O] à payer en deniers et quittances à M. et Mme [U] une indemnité d’occupation égale au montant du loyer et de l’avance sur charges normalement dus si le bail s’était poursuivi à compter du 22 mai 2024 jusqu’à libération effective des lieux ; CONDAMNONS in solidum M. [R] [T] et Mme [O] à payer à M. et Mme [U] la somme de 250 € au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile ; CONDAMNONS in solidum M. [R] [T] et Mme [O] aux entiers frais et dépens y compris les frais de commandement ; CONSTATONS que la présente ordonnance est immédiatement exécutoire par provision ; La présente ordonnance est signée par le président et le greffier Le GreffierLe Président
Articles de loi cités
article 1103 du code civilarticle 696 du Code de Procédure Civilearticle 1343-5 du code civil dispose quearticle 514 du code de procédure civilearticle 700 du Code de Procédure Civile
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- PPP Référés
- Date
- 5 juillet 2024
Référence
66883523342d338c20d2890e
Données disponibles
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