Cour d'AppelRétentions
Cour d'Appel · Rétentions — 10 juillet 2024
- ECLI
- 668f76d39b65e642c58785cc
- Date
- 10 juillet 2024
Droit des personnesDroits attachés à la personneDemande d'autorisation relative à la rétention et au maintien en zone d'attente d'un étranger
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Texte intégral
COUR D'APPEL DE MONTPELLIER N° RG 24/00478 - N° Portalis DBVK-V-B7I-QJVA O R D O N N A N C E N° 2024 - 489 du 10 Juillet 2024 SUR SECONDE PROLONGATION DE RETENTION D'UN ETRANGER DANS UN ETABLISSEMENT NE RELEVANT PAS DE L'ADMINISTRATION PENITENTIAIRE dans l'affaire entre, D'UNE PART : Monsieur [Y] [N] né le 18 Avril 1995 à [Localité 3] (ALGERIE) de nationalité Algérienne retenu au centre de rétention de [Localité 4] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, ayant pour conseil Maître Stéphanie LEAL - BERNARD, avocat commis d'office en première instance, Appelant, D'AUTRE PART : 1°) MONSIEUR LE PREFET DES BOUCHES DU RHONE [Adresse 2] [Localité 1] 2°) MINISTERE PUBLIC Nous, Fanny COTTE, vice-présidente placée près Monsieur le premier président de la cour d'appel de Montpellier déléguée aux fonctions de conseiller à la cour d'appel de Montpellier par ordonnance n°2024-66 du 19 février 2024, et plus spécialement pour les attributions dévolues par les articles L 741-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, assistée de Alexandra LLINARES, greffier, EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE Vu la décision du 8 juin 2024 de MONSIEUR LE PREFET DES BOUCHES DU RHONE portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour pendant une durée de 5 ans prise à l'encontre de Monsieur [Y] [N], Vu l'arrêté en date du 8 juin 2024 de MONSIEUR LE PREFET DES BOUCHES DU RHONE portant placement en rétention adminstrative notifié le jour même à Monsieur [Y] [N], Vu l'ordonnance du 10 juin 2024 du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Perpignan prolongeant la rétention administrative de Monsieur [Y] [N], pour une durée de vingt-huit jours, Vu la saisine de MONSIEUR LE PREFET DES BOUCHES DU RHONE en date du 7 juillet 2024 pour obtenir une prolongation de la rétention de cet étranger, Vu l'ordonnance du 8 juillet 2024 à 14 h 21 notifiée le même jour à la même heure du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Perpignan qui a décidé de prolonger la rétention administrative de Monsieur [Y] [N] pour une durée de trente jours, Vu la déclaration d'appel de Monsieur [Y] [N] faite le 9 juillet 2024, transmise au greffe de la cour d'appel de Montpellier le même jour à 11 h 42, sollicitant l'infirmation de cette ordonnance, Vu les courriels adressés le 10 juillet 2024 à 08 h 43 aux parties les informant que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du premier alinéa de l'article L.743-23 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile et les invitant à faire part, le 10 juillet 2024 à 14 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel formé contre la décision rendue par le juge des libertés et de la détention de 08 Juillet 2024 à 14 h 21 ; Vu les observations de Maître Stéphanie LEAL - BERNARD, conseil de Monsieur [Y] [N] transmises par courriel le 10 juillet 2024 à 12 h 44, Vu l'absence d'observations formées par les autres parties, SUR QUOI Sur la recevabilité de l'appel Le 09 Juillet 2024, à 11 h 42, Monsieur [Y] [N] a formalisé appel de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention de Perpignan du 08 Juillet 2024 notifiée à 14 h 21, soit dans les 24 heures de la notification de l'ordonnance. Aux termes de l'article L. 743-23 du CESEDA, en cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties. Dans l'intérêt d'une bonne adminstration de la justice, il y a lieu de faire application de cet article. En effet, la déclaration d'appel se borne à : - soulever la nullité de l'audience en visio-conférence, - critiquer le défaut de diligence effective de l'administration par l'absence de référence à une relance de l'autorité administrative auprès des autorités consulaires algériennes et l'absence de perspective d'éloignement. Or, s'agissant du premier moyen, il est déconnecté de la réalité du dossier en ce que l'audience devant le juge des libertés et de la détention s'est déroulée au tribunal judiciaire de Perpignan et non en visio-conférence. S'agissant du second moyen, il résulte de l'article L742-4 du CESEDA'que le juge des libertés et de la détention peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, notamment lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement (article L.742-4,3°). S'il appartient au juge des libertés et de la détention de rechercher concrètement les diligences accomplies par l'administration pour permettre que l'étranger ne soit maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, il n'y a pas lieu d'imposer la réalisation d'actes sans véritable effectivité, tels que des relances auprès des consulats, dès lors que celle-ci ne dispose d'aucun pouvoir de contrainte sur les autorités consulaires (1ère Civ.9 juin 2010, pourvoi n° 09-12.165, Bull, 2010, I, n°129). Le juge ayant motivé sa décision au regard des diligences accomplies dès le début du placement en rétention, sur le fondement des dispositions de l'article L.742-4 du CESEDA, le second grief sur l'absence de diligences et l'absence de perspective d'éloignement pour défaut de relance par l'administration ne peut être considéré comme recevable, d'autant qu'un courriel de relance figure au dossier. Aussi, la critique ne correspond pas aux pièces du dossier et indique des éléments stéréotypés déconnectés du dossier. En l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions (découlant du droit de l'Union) de légalité de la rétention et à défaut d'autres moyens présentés en appel, il y a lieu de constater que la déclaration d'appel ne peut être considérée comme recevable. PAR CES MOTIFS Statuant sans audience, Rejetons l'appel, Disons que la présente ordonnance sera notifiée conformément à l'article R 743-19 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile. Fait à Montpellier, au palais de justice, le 10 Juillet 2024 à 14 h 50. Le greffier, Le magistrat délégué,
Articles de loi cités
article L.742-4 du CESEDAarticle L742-4 du CESEDAarticle L.743-23 du code de larticle L. 743-23 du CESEDA
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Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Cour d'Appel
- Chambre
- Rétentions
- Date
- 10 juillet 2024
- Matière
- Droit des personnes
Référence
668f76d39b65e642c58785cc
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel