Tribunal JudiciairePCP JCP ACR référé
Tribunal Judiciaire · PCP JCP ACR référé — 11 juillet 2024
- ECLI
- 669022fb766d1156dbbed399
- Date
- 11 juillet 2024
- Condamnation
- 511 022 €
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS [1] [1] Copie conforme délivrée le : à : Monsieur [W] [I] Madame [C] [M] Copie exécutoire délivrée le : à : Me Emmanuel COSSON Pôle civil de proximité ■ PCP JCP ACR référé N° RG 24/03408 - N° Portalis 352J-W-B7I-C4N3C N° MINUTE : 7 ORDONNANCE DE REFERE rendue le 11 juillet 2024 DEMANDERESSE S.A. ICF SABLIERE D’HLM, dont le siège social est sis [Adresse 2] représentée par Me Emmanuel COSSON, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : #P0004 DÉFENDEURS Monsieur [W] [I], demeurant [Adresse 1] comparant en personne Madame [C] [M], demeurant [Adresse 1] comparante en personne COMPOSITION DU TRIBUNAL Romain BRIEC, Juge, juge des contentieux de la protection assisté de Lisa BOUCHEMMA, Greffier, DATE DES DÉBATS Audience publique du 23 mai 2024 ORDONNANCE contradictoire et en premier ressort prononcée par mise à disposition le 11 juillet 2024 par Romain BRIEC, Juge, assisté de Lisa BOUCHEMMA, Greffier Décision du 11 juillet 2024 PCP JCP ACR référé - N° RG 24/03408 - N° Portalis 352J-W-B7I-C4N3C EXPOSE DU LITIGE Par acte du 14 septembre 2023, la SA d’HLM ICF SABLIERE a donné à bail à Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] un appartement à usage d’habitation situé [Adresse 1], moyennant un loyer mensuel initial de 551,99 euros, outre 213,55 euros de provision sur charges. Des loyers étant demeurés impayés, la SA d’HLM ICF SABLIERE a fait signifier par acte de commissaire de justice du 18 décembre 2023 un commandement de payer la somme de 1964,90 euros, en principal, correspondant à l’arriéré locatif, terme du mois de novembre 2023 inclus et visant la clause résolutoire contractuelle. Par acte de commissaire de justice du 6 mars 2024, la SA d’HLM ICF SABLIERE a fait assigner en référé Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris aux fins de : - constater le jeu de la clause résolutoire insérée au contrat de bail liant les parties sur le fondement de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, - ordonner l'expulsion de Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] et de tous occupants de leur chef avec le concours de la force publique et d'un serrurier si besoin est, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la signification de la décision et pendant un délai de 3 mois, - ordonner le transport et la séquestration des meubles en tel lieu qu'il lui plaira, aux frais et aux risques de Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M], - condamner solidairement Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] à lui payer une provision au titre des loyers et charges impayés au 19 février 2024, soit la somme de 3523,70 euros, sous réserve des loyers à échoir, avec intérêts légaux à compter du commandement de payer, ainsi qu'une indemnité d'occupation provisionnelle jusqu'à libération effective des lieux d'un montant mensuel égal au montant du loyer et des charges si le bail s'était poursuivi, - condamner in solidum Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] à lui payer la somme de 650 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, outre aux entiers dépens en ce compris le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture. L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 23 mai 2024. A cette audience la SA d’HLM ICF SABLIERE, représentée par son conseil, a maintenu ses demandes, a actualisé celle relative à l'arriéré de loyers à la somme de 5110,22 euros. Elle a indiqué que le couple n’avait procédé à aucun réglement depuis la prise à bail sauf le paiement du loyer courant le 15 mai 2024. Elle a donné son accord à une suspension des effets de la clause résolutoire et à l’octroi de délais de paiement dans les conditions proposées par les locataires. Comparants en personne, Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] ont reconnu le montant de leur dette. Ils ont fait état de leur situation matérielle et financière précaire pour expliquer leur dette. Par ailleurs, il ressort de leurs propos que le père de famille est fonctionnaire et perçoit 1700 euros par mois tandis que la mère de famille a repris récemment un emploi en intérim et tire 1400 euros par mois de revenus. Le couple a montré au greffier leurs dernières fiches de paie et leur dernier avis d’imposition pour attester de leurs ressources. Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] sollicient de pouvoir se maintenir dans les lieux et à bénéficier de délais de paiement afin de pouvoir apurer peur dette par des versements mensuels de 200 euros en plus du loyer et des charges La décision sera contradictoire. A l'issue de l'audience, la décision a été mise en délibéré au 11 juillet 2024 par mise à disposition au greffe. MOTIFS DE LA DECISION En application des dispositions des articles 834 et 835 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. Il peut également allouer au créancier une provision, lorsque l’obligation n’est pas sérieusement contestable. Sur la recevabilité de la demande de résiliation et d’expulsion Conformément à l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, l’assignation a été notifiée au représentant de l’État dans le département le 7 mars 2024 soit au moins six semaines avant l’audience, et la situation a été signalée à la CCAPEX le 20 décembre 2023, soit deux mois au moins avant la délivrance de l'assignation du 6 mars 2024. En conséquence, l’action introduite par la SA d’HLM ICF SABLIERE est recevable. Sur l’acquisition de la clause résolutoire L’une des obligations essentielles du preneur d’un contrat de bail est celle du paiement des loyers aux termes convenus en application de l'’article 7 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989. Aux termes de l'article 1224 du code civil, la résolution d'un contrat résulte soit de l’application d’une clause résolutoire soit, en cas d’inexécution suffisamment grave, d’une notification du créancier au débiteur ou d’une décision de justice. L’article 1229 du même code précise que lorsque les prestations échangées ont trouvé leur utilité au fur et à mesure de l’exécution réciproque du contrat, il n’y a pas lieu à restitution pour la période antérieure à la dernière prestation n’ayant pas reçu sa contrepartie et que, dans ce cas, la résolution est qualifiée de résiliation. En matière de bail, l'article 24 I de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. En l’espèce, le bail signé par les parties le 14 septembre 2023 comporte une clause résolutoire prévoyant qu'en cas de défaut de paiement des loyers et charges, le bail sera résilié de plein droit six semaines après la délivrance d'un commandement de payer resté infructueux, conformément aux dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989. Un commandement de payer visant cette clause a été signifié aux locataires le 18 décembre 2023 pour la somme en principal de 1964,90 euros. Au vu du décompte, ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de six semaines, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire étaient réunies à la date du 29 janvier 2024. Sur le montant de l'arriéré locatif Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] sont redevables des loyers impayés jusqu'à la date de résiliation du bail en application des articles 1103 et 1217 du code civil. Par ailleurs, le maintien dans les lieux postérieurement à la date d’expiration du bail constitue une faute civile ouvrant droit à réparation en ce qu'elle cause un préjudice certain pour le propriétaire dont l'occupation indue de son bien l'a privé de sa jouissance. Au delà de cet aspect indemnitaire, l'indemnité d'occupation, qui est également de nature compensatoire, constitue une dette de jouissance correspondant à la valeur équitable des locaux. En l’espèce la SA d’HLM ICF SABLIERE produit un décompte faisant apparaître que Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] restaient devoir la somme de 5110,22 euros à la date du 16 mai 2024, échéance du mois d’avril 2024 incluse (la dernière somme au crédit est de 793,26 euros le 10 mai 2024). Il n’y a pas de frais de poursuite au décompte. Pour la somme au principal, Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] n’apportent par définition aucun élément de nature à contester le principe ni le montant de la dette, qu’ils reconnaîssent d’ailleurs à l’audience. Ils seront donc condamnés à titre de provision au paiement de la somme de 5110,22 euros arrêtée au 16 mai 2024, avec les intérêts au taux légal sur la somme de 1964,90 euros à compter de la délivrance du commandement de payer, et à compter de la présente décision pour le surplus conformément aux dispositions de l'article 1231-6 du code civil. Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] seront également condamnés au paiement à compter du 17 mai 2024, en lieu et place des loyers et charges, d’une indemnité mensuelle d’occupation qu'il convient de fixer à titre provisionnel au montant du loyer qui aurait été dû en l’absence de résiliation et des charges mensuelles dûment justifiées, et ce jusqu'à la libération effective des lieux. En présence d’une clause de solidarité dans le contrat de bail (article 10), les défendeurs seront condamnés au paiement de cette somme provisionnelle solidairement. Sur les délais de paiement et la suspension de la clause résolutoire Conformément aux articles 24 de la loi du 6 juillet 1989 et 1343-5 nouveau (1244-1 ancien) du code civil, le juge peut, même d'office, accorder au locataire défaillant en situation de régler sa dette des délais de paiement dans la limite de trois années. Pendant le cours des délais ainsi accordés et si le paiement du loyer courant a été repris (cette dernière condition peut cependant être écartée si le bailleur y consent), les effets de la clause de résiliation de plein droit sont suspendus. Si le locataire se libère dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne jamais avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet. En l'espèce, le paiement du loyer courant est repris. Le couple justifie en outre de ressources suffisantes pour apurer progressivement sa dette locative et respecter ses engagements contractuels. Le père de famille dispose d’un statut de fonctionnaire et de revenus stables. Les ressources du couple ont augmenté avec la reprise d’un travail par la mère de famille. Dans ces conditions, le bailleur a donné son accord pour l’actroi de délais de paiement dans les termes proposés par les locataires, à savoir des versemnets mensuels de 200 euros en plus du loyer et des charges. Dès lors, des délais de paiement leur seront octroyés conformément aux modalités décrites au dispositif de la présente décision. Faute pour Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] de respecter les modalités de paiement ainsi accordées, le solde de l'arriéré de loyers et de charges deviendra immédiatement exigible et la clause résolutoire reprendra son plein effet, entraînant la résiliation du bail à la date de son acquisition et permettant leur expulsion avec si nécessaire l'assistance de la force publique. Sur les demandes accessoires Conformément aux dispositions de l'article 696 du code de procédure civile, Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] parties perdantes, supporteront in solidum la charge de l’intégralité des dépens de la présente procédure, qui comprendront notamment le coût de l'assignation et du commandement de payer. Il serait inéquitable de laisser à la charge du bailleur les frais exposés par lui dans la présente instance et non compris dans les dépens. La somme de 300 euros lui sera donc allouée au titre de l'article 700 du code de procédure civile. La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément à l'article 514 du code de procédure civile. PAR CES MOTIFS Nous, juge des contentieux de la protection statuant en référé, publiquement, par décision contradictoire, susceptible d'appel et prononcée par mise à disposition au greffe, CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 14 septembre 2023 entre la SA d’HLM ICF SABLIERE et Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M], concernant l’appartement à usage d’habitation situé [Adresse 1] sont réunies à la date du 29 janvier 2024 ; CONDAMNONS solidairement Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] à payer à la SA d’HLM ICF SABLIERE à titre de provision à valoir sur les loyers et charges impayés et indemnités d’occupation au 16 mai 2024, échéance du mois d’avril 2024 incluse (la dernière somme au crédit est de 793,26 euros le 10 mai 2024) la somme de 5110,22 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 18 décembre 2023 pour la somme de 1964,90 euros et à compter de la présente décision pour le surplus ; AUTORISONS Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] à s’acquitter de cette somme, outre le loyer et les charges courants, en 23 mensualités d'un montant d'au moins 200 euros et une 24 ème mensualité qui soldera la dette en principal et intérêts, sauf meilleur accord des parties ; PRECISONS que chaque mensualité devra être versée au terme prévu contractuellement pour le paiement du loyer et pour la première fois le mois suivant la signification de la présente décision ; SUSPENDONS l’effet de la clause résolutoire pendant l’exécution des délais accordés ; DISONS que si les délais accordés sont entièrement respectés, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise et le bail sera réputé n'avoir jamais été résilié ; RAPPELONS en revanche qu'à défaut de paiement d'une seule mensualité ou du loyer à son terme : * la clause résolutoire retrouvera ses entiers effets et le bail sera résilié, * le solde de la dette deviendra immédiatement exigible, * Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] devront quitter les lieux en respectant les obligations de tout locataire sortant (état des lieux et remise des clés notamment), * Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] seront solidairement tenus au paiement d'une indemnité d'occupation payable au plus tard le 30 de chaque mois et fixée par provision au montant des loyers qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail augmenté des charges dûment justifiées et ce jusqu'à complète libération des lieux à compter du 17 mai 2024, * qu'à défaut pour Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] de libérer les lieux volontairement et deux mois après la signification d'un commandement d'avoir à quitter les lieux resté sans effet, il sera procédé à leur expulsion et à celle de tous occupants de leur chef, avec l'assistance d'un serrurier et de la force publique si besoin est, * que le sort des meubles se trouvant dans les lieux sera alors régi conformément aux dispositions des articles L433-1 et suivants et R433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution ; CONDAMNONS in solidum Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] à verser à la SA d’HLM ICF SABLIERE une somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; REJETONS le surplus des demandes ; CONDAMNONS in solidum Monsieur [W] [I] et Madame [C] [M] aux entiers dépens de la présente procédure, qui comprendront notamment le coût de l'assignation et du commandement de payer ; RAPPELONS que la présente décision est assortie de l'exécution provisoire. Le greffier, Le juge des contentieux de la protection
Articles de loi cités
article 700 du code de procédure civilearticle 514 du code de procédure civile.article 1224 du code civilarticle 700 du code de procédure civile.article 696 du code de procédure civilearticle 1231-6 du code civil.
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- PCP JCP ACR référé
- Date
- 11 juillet 2024
Référence
669022fb766d1156dbbed399
Données disponibles
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- Résumé officiel
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