Tribunal Judiciaire8ème Chambre
Tribunal Judiciaire · 8ème Chambre — 11 juillet 2024
- ECLI
- 66b123e4df1f582838351434
- Date
- 11 juillet 2024
- Condamnation
- 93 525 €
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE D’EVRY 8ème Chambre MINUTE N° DU : 11 Juillet 2024 AFFAIRE N° RG 24/01518 - N° Portalis DB3Q-W-B7I-P6DB NAC : 72I FE-CCC délivrées le :________ à : la SELAS AVOCATS ASSOCIES MIORINI Jugement Rendu le 11 Juillet 2024 ENTRE : Syndicat des copropriétaires VILLA BELINDA, situé [Adresse 2], représenté par son syndic en exercice la SASU AXTERIA, dont le siège social est sis [Adresse 1] représenté par Maître Priscillia MIORINI de la SELAS AVOCATS ASSOCIES MIORINI, avocats au barreau d’ESSONNE plaidant DEMANDEUR ET : Madame [P] [C] [J], demeurant [Adresse 2] défaillante DEFENDERESSE COMPOSITION DU TRIBUNAL : Président : Caroline DAVROUX, 1ère Vice-Présidente adjointe, statuant selon la procédure accélérée au fond conformément aux dispositions de l’article 481-1 du code de procédure civile selon délégation du Président du tribunal judiciaire Assistée de Fabien DUPLOUY, Greffier lors des débats à l’audience du 16 Mai 2024 et de Anne Françoise GASTRIN, Greffière lors de la mise à disposition au greffe DÉBATS : Vu l’assignation selon procédure accélérée au fond du 01 Mars 2024, L’affaire a été plaidée à l’audience du 16 Mai 2024 et mise en délibéré au 11 Juillet 2024 JUGEMENT : Prononcé publiquement par mise à disposition au greffe, Réputé contradictoire et en premier ressort. EXPOSÉ DU LITIGE Madame [P] [C] [J] est propriétaire des lots n°03 et n°26 au sein de la résidence en copropriété VILLA BELINDA située [Adresse 2]. Par exploit de commissaire de Justice du 1er mars 2024, le syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA, représenté par son syndic AXTERIA, a fait assigner Madame [P] [C] [J] selon la procédure accélérée au fond telle que prévue par l’article 481-1 du Code de procédure civile, devant le président du tribunal judiciaire d’ÉVRY, aux fins de voir : - condamner Madame [P] [C] [J] au paiement de la somme de 2.935,25 euros, à titre d’arriéré de charges de copropriété, charges jusqu’au 3ème trimestre 2023 inclus. - condamner Madame [P] [C] [J] au paiement de la somme de 923,82 euros au titre des sommes exigibles jusqu’au 4ème trimestre inclus, correspondant aux appels du 2ème, 3ème et 4ème trimestre 2024. - condamner Madame [P] [C] [J] aux frais exposés par le syndicat pour le recouvrement de sa créance, soit la somme de 439,99 euros, qui sera imputée au seul défendeur, au titre des charges générales d’administration et ce, tant en application du Règlement de copropriété qu’en application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 que du décret 2015-342 du 26 mars 2015 et de son annexe 1 (point 9.1 du contrat type). - condamner Madame [P] [C] [J] au paiement des intérêts au taux légal à compter du 21 septembre 2023 date de la mise en demeure. - ordonner la capitalisation annuelle des intérêts dus, conformément à l’article 1343-2 du code civil. - condamner Madame [P] [C] [J] à payer la somme de 500 euros à titre des dommages et intérêts pour résistance abusive en application des dispositions des articles 1231-1 et suivants du code civil. - condamner Madame [P] [C] [J] au paiement de la somme de 1.200 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, étant donné qu’il serait inéquitable que le demandeur supporte les frais, non compris dans les dépens, qu’il a dû engager pour obtenir satisfaction de ses droits. - dire n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire de la décision à intervenir. - condamner Madame [P] [C] [J] aux entiers dépens. A l’audience du 16 mai 2024, le syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA a comparu par avocat et a maintenu l’intégralité des demandes figurant dans son assignation introductive d’instance. Madame [P] [C] [J], bien que régulièrement assignée, n'a pas comparu et n’a pas constitué avocat. Pour un exposé exhaustif des prétentions des parties, le tribunal se réfère expressément aux dernières écritures telles que reprises oralement à l'audience, par application de l'article 455 du code de procédure civile. Les parties présentes ont été avisées de la date à laquelle la décision sere rendue par mise à disposition au greffe. MOTIFS DE LA DÉCISION L’article 472 du code de procédure civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée. Sur la demande en paiement des charges de copropriété : Selon l’article 10 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, les copropriétaires sont tenus de participer : - aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments représentent l’égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées ; - aux charges relatives la conservation, l’entretien et l’administration des parties communes, générales et spéciales ; et de verser au fonds de travaux mentionné l’article 14-2 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article 5. Aux termes de l’article 14-1 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965, « pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d'administration des parties communes et équipements communs de l'immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L’assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l’exercice comptable précédent. Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l'assemblée générale peut fixer des modalités différentes. La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l'assemblée générale. » L’article 14-2 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965 dispose que : « I- Ne sont pas comprises dans le budget prévisionnel les dépenses pour travaux dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État. Les sommes afférentes à ces dépenses sont exigibles selon les modalités votées par l'assemblée générale. II. – Dans les immeubles à destination partielle ou totale d'habitation soumis à la présente loi, le syndicat des copropriétaires constitue un fonds de travaux à l'issue d'une période de cinq ans suivant la date de la réception des travaux pour faire face aux dépenses résultant: 1) Des travaux prescrits par les lois et règlements; 2) Des travaux décidés par l'assemblée générale des copropriétaires au titre du I du présent article. Ce fonds de travaux est alimenté par une cotisation annuelle obligatoire versée par les copropriétaires selon les mêmes modalités que celles décidées par l'assemblée générale pour le versement des provisions du budget prévisionnel. » L’article 19-2 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965 dispose que « à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1 ou du I de l’article 14-2, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application des mêmes articles 14-1 ou 14-2 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles. Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles. Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l'article 14-2. » En l’espèce, le syndicat des copropriétaires verse aux débats la lettre de mise en demeure datée du 21 septembre 2023 distribuée en recommandé avec avis de réception à Madame [P] [C] [J], l’avis de réception portant la mention cochée “pli avisé et non réclamé”. Aux termes de cette lettre, le syndicat des copropriétaires sollicite le paiement de la somme de 2.660,66 euros au titre des charges de copropriété, outre une somme de 120 euros correspondant au coût de la mise en demeure. Il est établi que cette lettre de mise en demeure n’a pas été suivie d’effet. Elle emporte en conséquence la possibilité pour le syndicat des copropriétaires de réclamer toutes sommes dues au titre des appels de fonds de travaux visés à l’article 14-2 et des appels provisionnels de charges, échus ou à échoir, dès lors qu’ils résultent de budgets prévisionnels régulièrement votés par l’assemblée générale. Le syndicat de copropriétaires produit, au soutien de sa demande en paiement: - le justificatif de la qualité de copropriétaire de Madame [P] [C] [J] qui indique les tantièmes représentés par ses lots n°03 et n°26 au sein de la copropriété - les procès verbaux d’assemblée générale d’approbation des comptes et de vote de budget prévisionnel et travaux des 8 mars 2021, 22 mars 2022 et 2 juin 2023 - les appels de fonds et charges sur les périodes considérées - un décompte, des charges de copropriété échues et impayées arrêté au 1er janvier 2024, pour la période du 30/09/2021 au 01/01/2024 provision charges: Appel de fonds 1T2024 01/01/24–31/03/24 inclus, faisant apparaître un solde débiteur de 3.375,24 euros dont 439,99 euros de frais de recouvrement (3.375,24 - 439,99 = 2.935,25) - les sommes à échoir arrêté correspondant aux appels des 2ème, 3ème et 4ème trimestre 2024 inclus faisant apparaître un solde débiteur de 923,82 euros. S’agissant des charges de copropriété et appels fonds travaux ALUR impayés: A l'examen des pièces produites, il convient de déduire du montant de la créance réclamée la somme suivante qui ne constitue pas des charges de copropriété ni des appels de fonds travaux: - 03/07/2023 : Commandement de payer Mme [J] pour un montant de 147,94 euros Au final, il apparaît que la créance à laquelle le syndicat des copropriétaires peut prétendre au titre des charges de copropriété impayées arrêté au 1er janvier 2024, pour la période du 30/09/2021 au 01/01/2024, Appel de fonds 1T2024 01/01/2024 au 31/03/2024 inclus, s’élève à la somme de 2.787,31 euros (2.935,25 - 147,94). Conformément aux dispositions de l’article 1231-6 du code civil, cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 21 septembre 2023, date de la mise en demeure. En application des dispositions de l'article 1343-2 du code civil, les intérêts échus dus au moins pour une année entière produiront des intérêts. S’agissant des charges de copropriété et appels fonds travaux ALUR devenus exigibles: En l’espèce, le syndicat des copropriétaires VILLA BELINDA réclame au titre des charges devenues exigibles la somme de 923,82 euros correspondant aux appels du 2ème, 3ème et 4ème trimestres 2024 inclus. Cependant, à l’examen des pièces produites et notamment la résolution n°8 du PV de l’assemblée générale du 2 juin 2023 “approbation du budget prévisionnel du 01/10/2023 au 30/09/2024", il apparaît que le syndicat des copropriétaires ne peut pas réclamer le paiement du 4ème trimestre 2024 au titre des charges devenues exigibles, ce dernier n’ayant pas été voté et approuvé par l’assemblée générale. Par conséquent, il convient de déduire la somme de 307,94 euros correspondant à l’appel du 4ème trimestre 2024. Il apparaît donc que la créance à laquelle le syndicat des copropriétaires peut prétendre au titre des charges devenues exigibles arrêtées au 1er janvier 2024, sur la période du 30/03/2024 au 30/09/2024, 2ème et 3ème trimestre 2024 inclus, s’élève à la somme de 615,88 euros (923,82 - 307,94). Sur la demande d’indemnisation d’un dommage lié au retard de paiement; Selon l’alinéa 3 de l’article 1231-6 du code civil, le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance. Il est constant qu’il appartient à celui qui réclame la réparation d’un préjudice de prouver tant celui-ci que la faute qui en est à l’origine et le lien de causalité entre ceux-ci. En l’espèce, le demandeur ne caractérise pas la mauvaise foi de Madame [P] [C] [J], laquelle ne se présume pas. En tout état de cause, le syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA ne prouve pas qu’il a subi un dommage distinct du retard de paiement qui n’est pas compensé par la somme qui lui est allouée en principal, les intérêts produits par celle-ci, ou les sommes allouées au titre des frais de procédure. Il y a donc lieu de débouter le syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA au titre des dommages et intérêts Sur les frais de recouvrement exposés par le syndicat : En vertu de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, le copropriétaire qui succombe dans l’instance judiciaire l’opposant au syndicat doit supporter seul les frais nécessairement exposés pour le recouvrement de sa dette ; frais de mise en demeure, de relance, de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, droits et émoluments des actes des huissiers de justice, et droit de recouvrement et d’encaissement à la charge du débiteur. Le syndicat des copropriétaires réclame au titre des frais de recouvrement une somme de 439,99 euros. En l’espèce, n’apparaissent pas bien fondées les demandes présentées au titre: - des frais “CD JUSTICIA - Commandement Payer” du 30/09/2021, dont il n’est pas justifié - des frais “Facture Honoraires Mise à l’Huissier” du 26/05/2023, qui ne constituent pas des diligences exceptionnelles excédant le cadre des missions habituelles du syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA -des frais de commandement de payer du 01 juin 2023 pour un montant réclamé de 147,94 euros qui ne correspond pas au montant du coût de l’acte tel qu’il ressort du commandement de payer du 26 mai 2023 versé aux débats -des frais de ocmmandement de payer du 03 juillet 2023 pour un montant réclamé de 147,94 euros alors qu’aucune pièce justificative n’a été versée au soutien - des frais de “Mise en demeure” du 29/11/2023 dont il n’est pas justifié Au final, seules les demandes présentées au titre de la “facture frais de relance RAR du 15/09/2022" dont il est justifié, et de la lettre de mise en demeure du 01/09/2023 apparaissent bien fondées, mais il convient de ramener le montant de la lettre de mise en demeure à 25 euros conformément au montant figurant dans le contrat de syndic pour ce type de prestation. Par conséquent, Madame [P] [C] [J] est condamnée à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA la somme de 40 euros (25 + 15) au titre des frais de recouvrement. Sur les demandes accessoires : Madame [P] [C] [J] qui succombe, est condamnée aux entiers dépens. Madame [P] [C] [J] est par ailleurs condamnée à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA, une somme de 1.200 € sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile. Il sera rappelé que que la présente décision est exécutoire à titre provisoire en application des dispositions de l'article 481-1 6° du code de procédure civile. PAR CES MOTIFS Le tribunal, statuant publiquement selon la procédure accélérée au fond, par jugement réputé contradictoire, mis à disposition au greffe, et en premier ressort CONDAMNE Madame [P] [C] [J] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA la somme de 2.787,31 euros au titre des charges de copropriété impayées arrêté au 1er janvier 2024, pour la période du 30/09/2021 au 01/01/2024, Appels de fonds 1T2024 01/01/2024 au 31/03/2024 inclus DIT que cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 21 septembre 2023, date de la mise en demeure, et ce jusqu’à parfait paiement ORDONNE la capitalisation des intérêts échus dus au moins pour une année entière dans les conditions prévues par l’article 1343-2 du code civil CONDAMNE [P] [C] [J] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA la somme de 615,88 euros au titre des charges de copropriété devenues exigibles, arrêté au 1er janvier 2024, sur la période du 2ème et 3ème trimestres 2024 inclus DÉBOUTE le syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA de sa demande présentée au titre des dommages et intérêts CONDAMNE Madame [P] [C] [J] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA la somme de 40 euros au titre des frais de recouvrement CONDAMNE Madame [P] [C] [J] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence VILLA BELINDA une somme de 1.200 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile DÉBOUTE les parties de leurs demandes plus amples ou contraires CONDAMNE Madame [P] [C] [J] aux entiers dépens RAPPELLE que l'exécution provisoire est de droit. Ainsi fait et rendu le ONZE JUILLET DEUX MIL VINGT QUATRE, par Caroline DAVROUX, 1ère Vice-Présidente adjointe, assistée de Anne Françoise GASTRIN, Greffière, lesquelles ont signé la minute du présent Jugement. LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
Articles de loi cités
article 481-1 du code de procédure civile selon délarticle 455 du code de procédure civile.article 481-1 du Code de procédure civilearticle 472 du code de procédure civile dispose qarticle 1343-2 du code civil.article 1343-2 du code civilarticle 700 du code de procédure civilearticle 700 du code de procédure civile.
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- 8ème Chambre
- Date
- 11 juillet 2024
Référence
66b123e4df1f582838351434
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