Tribunal Judiciaire8ème Chambre
Tribunal Judiciaire · 8ème Chambre — 11 juillet 2024
- ECLI
- 66b123e6df1f582838351467
- Date
- 11 juillet 2024
- Condamnation
- 62 704 €
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE D’EVRY 8ème Chambre MINUTE N° DU : 11 Juillet 2024 AFFAIRE N° RG 24/01390 - N° Portalis DB3Q-W-B7I-P42Z NAC : 72I FE-CCC délivrées le :________ à : la SELAS AVOCATS ASSOCIES MIORINI Jugement Rendu le 11 Juillet 2024 ENTRE : Syndicat des copropriétaires RESPIR, situé [Adresse 2] et [Adresse 3] [Localité 4], représenté par son syndic en exercice la S.A.R.L. CABINET PRECLAIRE, dont le siège social est sis [Adresse 1] - [Localité 5] représenté par Maître Priscillia MIORINI de la SELAS AVOCATS ASSOCIES MIORINI, avocat au barreau de l’ESSONNE plaidant DEMANDEUR ET : Monsieur [I] [H] [J], demeurant [Adresse 2] - [Localité 4] défaillant DEFENDEUR COMPOSITION DU TRIBUNAL : Président : Caroline DAVROUX, 1ère Vice-Présidente adjointe, statuant selon la procédure accélérée au fond conformément aux dispositions de l’article 481-1 du code de procédure civile selon délégation du Président du tribunal judiciaire Assistée de Fabien DUPLOUY, Greffier lors des débats à l’audience du 16 Mai 2024 et de Anne Françoise GASTRIN, Greffière lors de la mise à disposition au greffe DÉBATS : Vu l’assignation selon procédure accélérée au fond du 20 Février 2024, L’affaire a été plaidée à l’audience du 16 Mai 2024 et mise en délibéré au 11 Juillet 2024 JUGEMENT : Prononcé publiquement par mise à disposition au greffe, Réputé contradictoire et en premier ressort. EXPOSÉ DU LITIGE Monsieur [I] [H] [J] est propriétaire des lots n°109065 et n°109086 au sein de la résidence en copropriété RESPIR située [Adresse 2] et [Adresse 3] [Localité 4]. Par exploit de commissaire de Justice du 20 février 2024, le syndicat des copropriétaires de la résidence RESPIR, représenté par son syndic en exercice le Cabinet PRECLAIRE, a fait assigner Monsieur [I] [H] [J] selon la procédure accélérée au fond telle que prévue par l’article 481-1 du Code de procédure civile, devant le président du tribunal judiciaire d’ÉVRY, aux fins de voir : - condamner Monsieur [I] [H] [J] à payer au syndicat des copropriétaires RESPIR la somme de 2.145,55 euros, à titre d’arriéré de charges de copropriété, charges jusqu’au 1er trimestre 2024 inclus. - condamner Monsieur [I] [H] [J] à payer au syndicat des copropriétaires RESPIR la somme de 1.393,52 euros, au titre des charges provisionnelles jusqu’au 4ème trimestre 2024, rendues exigibles par la mise en demeure. - condamner Monsieur [I] [H] [J] à payer au syndicat des copropriétaires RESPIR les frais exposés par le syndicat pour le recouvrement de sa créance, soit la somme de 240 euros, qui sera imputée au seul défendeur, au titre des charges générales d’administration et ce, tant en application du règlement de copropriété qu’en application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 que du décret 2015-342 du 26 mars 2015 et de son annexe 1. - condamner Monsieur [I] [H] [J] à payer au syndicat des copropriétaires RESPIR des intérêts au taux légal à compter du 11 décembre 2023 date de la mise en demeure. - ordonner la capitalisation annuelle des intérêts dus, conformément à l’article 1343-2 du code civil. - condamner Monsieur [I] [H] [J] à payer au syndicat des copropriétaires RESPIR la somme de 1.300 euros à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive en application des dispositions des articles 1231-1 et suivants du code civil. - condamner Monsieur [I] [H] [J] à payer au syndicat des copropriétaires RESPIR la somme de 1.200 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, étant donné qu’il serait inéquitable que le demandeur supporte les frais, non compris dans les dépens, qu’il a dû engager pour obtenir satisfaction de ses droits. - dire n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire de la décision à intervenir. - condamner Monsieur [I] [H] [J] aux entiers dépens. A l’audience du 16 mai 2024, le syndicat des copropriétaires de la résidence RESPIR a comparu par avocat et a maintenu l’intégralité des demandes figurant dans son assignation introdutive d’instance. Monsieur [I] [H] [J], bien que régulièrement assigné, n'a pas comparu et n’a pas constitué avocat. Pour un exposé exhaustif des prétentions des parties, le tribunal se réfère expressément aux dernières écritures telles que reprises oralement à l'audience, par application de l'article 455 du code de procédure civile. Les parties présentes ont été avisées de la date à laquelle la décision sere rendue par mise à disposition au greffe. MOTIFS DE LA DÉCISION L’article 472 du code de procédure civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée. Sur la demande en paiement des charges de copropriété : Selon l’article 10 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, les copropriétaires sont tenus de participer : - aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments représentent l’égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées ; - aux charges relatives la conservation, l’entretien et l’administration des parties communes, générales et spéciales ; et de verser au fonds de travaux mentionné l’article 14-2 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article 5. Aux termes de l’article 14-1 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965, « pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d'administration des parties communes et équipements communs de l'immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L’assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l’exercice comptable précédent. Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l'assemblée générale peut fixer des modalités différentes. La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l'assemblée générale. » L’article 14-2 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965 dispose que : « I- Ne sont pas comprises dans le budget prévisionnel les dépenses pour travaux dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État. Les sommes afférentes à ces dépenses sont exigibles selon les modalités votées par l'assemblée générale. II. – Dans les immeubles à destination partielle ou totale d'habitation soumis à la présente loi, le syndicat des copropriétaires constitue un fonds de travaux à l'issue d'une période de cinq ans suivant la date de la réception des travaux pour faire face aux dépenses résultant: 1) Des travaux prescrits par les lois et règlements; 2) Des travaux décidés par l'assemblée générale des copropriétaires au titre du I du présent article. Ce fonds de travaux est alimenté par une cotisation annuelle obligatoire versée par les copropriétaires selon les mêmes modalités que celles décidées par l'assemblée générale pour le versement des provisions du budget prévisionnel. » L’article 19-2 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965 dispose que « à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1 ou du I de l’article 14-2, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application des mêmes articles 14-1 ou 14-2 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles. Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles. Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l'article 14-2. » En l’espèce, le syndicat des copropriétaires verse aux débats la lettre de mise en demeure datée du 11 décembre 2023 distribuée en recommandé avec avis de réception à Monsieur [I] [H] [J] -l’ avis de réception portant la mention cochée “destinataire inconnu à l’adresse”. Aux termes de cette lettre, le syndicat des copropriétaires sollicite le paiement de la somme de 1.627,04 euros au titre des charges de copropriété impayées, outre une somme de 120 euros correspondant au coût de la mise en demeure. Il est établi que cette lettre de mise en demeure n’a pas été suivie d’effet. Elle emporte en conséquence la possibilité pour le syndicat des copropriétaires de réclamer toutes sommes dues au titre des appels de fonds de travaux visés à l’article 14-2 et des appels provisionnels de charges, échus ou à échoir, dès lors qu’ils résultent de budgets prévisionnels régulièrement votés par l’assemblée générale. Le syndicat de copropriétaires produit, au soutien de sa demande en paiement: - le justificatif de la qualité de copropriétaire de Monsieur [I] [H] [J] qui indique les tantièmes représentés par ses lots n°109065 et n°109086 au sein de la copropriété - les procès verbaux d’assemblée générale d’approbation des comptes et de vote de budget prévisionnel et travaux des 11 janvier 2022, 28 juin 2022 et 26 juin 2023 - les appels de fonds et charges sur les périodes considérées - un décompte des charges de copropriété échues et impayées arrêté au 1er janvier 2024, pour la période du 01/01/2023 au 01/01/2024 APPEL DU 01/01/2024 AU 31/03/2024 et Fonds de travaux loi ALUR inclus, faisant apparaître un solde débiteur de 2.145,55 € - les sommes à échoir arrêté au 1er janvier 2024 sur la période du 01/04/2024 au 31/12/2024, Appels de fonds et Fonds travaux Alur des 2ème, 3ème et 4ème trimestres 2024 inclus faisant apparaître un solde débiteur de 1.393,52 euros. S’agissant des charges de copropriété et appels fonds travaux ALUR impayés: A l'examen des pièces produites, il apparaît que la créance à laquelle le syndicat des copropriétaires peut prétendre au titre des charges de copropriété et appels de fonds travaux ALUR impayés arrêté au 1er janvier 2024, pour la période du 01/01/2023 au 01/01/2024 APPEL DU 01/01/2024 AU 31/03/2024 et Fonds de travaux loi ALUR inclus, s’élève à la somme de 2.145,55 euros. Conformément aux dispositions de l’article 1231-6 du code civil, cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 11 décembre 2023, date de la mise en demeure. En application des dispositions de l'article 1343-2 du code civil, les intérêts échus dus au moins pour une année entière produiront des intérêts. S’agissant des charges de copropriété et appels fonds travaux ALUR devenus exigibles: A l’examen des pièces produites (résolution n°9 du PV de l’assemblée générale du 26 juin 2023 approuvant le budget prévisionnel de l’exercice 2024, et la résolution n°11 du PV de l’assemblée générale du 26 juin 2023 fixant le taux annuel de la cotisation du fond de travaux loi alur), il apparaît que la créance à laquelle le syndicat des copropriétaires peut prétendre au titre des charges et appels fonds travaux devenus exigibles arrêté au 1er janvier 2024 sur la période du 01/04/2024 au 31/12/2024 inclus, s’élève bien à la somme de 1.393,52 euros. Sur la demande d’indemnisation d’un dommage lié au retard de paiement; Selon l’alinéa 3 de l’article 1231-6 du code civil, le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance. Il est constant qu’il appartient à celui qui réclame la réparation d’un préjudice de prouver tant celui-ci que la faute qui en est à l’origine et le lien de causalité entre ceux-ci. En l’espèce, le demandeur ne caractérise pas la mauvaise foi de Monsieur [I] [H] [J], laquelle ne se présume pas. En tout état de cause, le syndicat des copropriétaires de la résidence RESPIR ne prouve pas qu’il a subi un dommage distinct du retard de paiement qui n’est pas compensé par la somme qui lui est allouée en principal, les intérêts produits par celle-ci, ou les sommes allouées au titre des frais de procédure. Il y a donc lieu de débouter le syndicat des copropriétaires de la résidence RESPIR au titre des dommages et intérêts Sur les frais de recouvrement exposés par le syndicat : En vertu de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, le copropriétaire qui succombe dans l’instance judiciaire l’opposant au syndicat doit supporter seul les frais nécessairement exposés pour le recouvrement de sa dette ; frais de mise en demeure, de relance, de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, droits et émoluments des actes des huissiers de justice, et droit de recouvrement et d’encaissement à la charge du débiteur. Le syndicat des copropriétaires réclame au titre des frais de recouvrement une somme de 240 euros. En l’espèce, n’apparaissent pas bien fondées les demandes présentées au titre: - des frais de relance après des 19/07/2023 et 19/09/2023 dont il n’est pas justifié -des frais de constitution dossier à l’avocat qui ne constituent pas des frais nécessaires au sens de l’article 10-1 et sont au surplus compris dans les dépens et les frais irrépétibles de l’article 700 du Code de procédure civile. Par conséquent, le syndicat des copropriétaires de la résidence RESPIR ne peut qu’être débouté de sa demande présentée au titre des frais de recouvrement. Sur les demandes accessoires : Monsieur [I] [H] [J], qui succombe, est condamné aux entiers dépens. Monsieur [I] [H] [J] est par ailleurs condamné à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence RESPIR, une somme de 1.200 € sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile. Il sera rappelé que que la présente décision est exécutoire à titre provisoire en application des dispositions de l'article 481-1 6° du code de procédure civile PAR CES MOTIFS Le tribunal, statuant publiquement selon la procédure accélérée au fond, par jugement réputé contradictoire, mis à disposition au greffe, et en premier ressort CONDAMNE Monsieur [I] [H] [J] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence RESPIR la somme de 2.145,55 euros au titre des charges de copropriété et appels de fonds travaux ALUR impayés arrêté au 1er janvier 2024, pour la période du 01/01/2023 au 01/01/2024 APPEL DU 01/01/2024 AU 31/03/2024 et Fonds de travaux loi ALUR inclus DIT que cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 11 décembre 2023, date de la mise en demeure, et ce jusqu’à parfait paiement ORDONNE la capitalisation des intérêts échus dus au moins pour une année entière dans les conditions prévues par l’article 1343-2 du code civil CONDAMNE Monsieur [I] [H] [J] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence RESPIR la somme de 1.393,52 euros au titre des charges de copropriété et appels de fonds travaux loi Alur devenus exigibles, arrêté au 1er janvier 2024, sur la période du 01/04/2024 au 31/12/2024 DÉBOUTE le syndicat des copropriétaires de la résidence RESPIR de sa demande présentée au titre des dommages et intérêts DÉBOUTE le syndicat des copropriétaires de la résidence RESPIR de sa demande présentée au titre des frais de recouvrement CONDAMNE Monsieur [I] [H] [J] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence RESPIR une somme de 1.200 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile DÉBOUTE les parties de leurs demandes plus amples ou contraires CONDAMNE Monsieur [I] [H] [J] aux entiers dépens RAPPELLE que l'exécution provisoire est de droit. Ainsi fait et rendu le ONZE JUILLET DEUX MIL VINGT QUATRE, par Caroline DAVROUX, 1ère Vice-Présidente adjointe, assistée de Anne Françoise GASTRIN, Greffière, lesquelles ont signé la minute du présent Jugement. LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
Articles de loi cités
article 700 du Code de procédure civile.article 481-1 du code de procédure civile selon délarticle 455 du code de procédure civile.article 481-1 du Code de procédure civilearticle 472 du code de procédure civile dispose qarticle 1343-2 du code civil.article 1343-2 du code civilarticle 700 du code de procédure civile
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- 8ème Chambre
- Date
- 11 juillet 2024
Référence
66b123e6df1f582838351467
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