Tribunal JudiciaireJ.L.D. HSC
Tribunal Judiciaire · J.L.D. HSC — 9 janvier 2025
- ECLI
- 67801b7c9c3ba90f51dc16c0
- Date
- 9 janvier 2025
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE - DÉLAI DE 6 MOIS ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT N° RG 25/00077 - N° Portalis DB3S-W-B7J-2OLB MINUTE: 25/47 Nous, Hélène ASTOLFI, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assistée de Annette REAL, greffier, avons rendu la décision suivante concernant: LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES : Monsieur [S] [P] [J] [G] né le 20 Décembre 1994 en GUINEE BISSAU [Adresse 1] [Localité 3] Etablissement d’hospitalisation : L’EPS [4], Absent représenté par Me Quentin DEKIMPE, avocat commis d’office PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE Madame la directrice de L’EPS [4] Absente TIERS A L’ORIGINE DE L’HOSPITALISATION Monsieur [P] [J] [G] Absent(e) MINISTÈRE PUBLIC Absent A fait parvenir ses observations par écrit le 8 janvier 2025. Le 17 juillet 2024, la directrice de L’EPS [4] a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Monsieur [S] [P] [J] [G]. Le 24 juillet 2024, le juge des libertés et de la détention a statué sur cette mesure en application de l’article L. 3211-12, L. 3213-5 ou L. 3211-12–1 du Code de la santé publique. Depuis cette date, Monsieur [S] [P] [J] [G] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de L’EPS [4]. Le 3 Janvier 2025, la directrice de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [S] [P] [J] [G]. Monsieur [S] [P] [J] [G] a été déclaré en fugue depuis le 17 août 2024. Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 8 janvier 2025. A l’audience du 9 Janvier 2025, Me Quentin DEKIMPE, conseil de Monsieur [S] [P] [J] [G], a été entendu en ses observations. L’affaire a été mise en délibéré à ce jour. MOTIFS Sur la régularité de la procédure Le conseil de Monsieur [S] [P] [J] [G] soutient que la procédure est irrégulière en ce que l’article R.3211-13 du code de la santé publique prévoit que la personne qui fait l’objet de soins psychiatriques sans son consentement doit être convoquée par tout moyen à l’audience devant le juge des libertés et de la détention. Il indique qu’il ne résulte pas des éléments de la procédure que des démarches aient été effectuées afin de convoquer le patient, en fugue,à l’audience. Il convient toutefois de constater que ce texte précise que cette convocation est faite par l’intermédiaire du chef d’établissement lorsque la personne y est hospitalisée. En l’espèce, il convient de relever que Monsieur [S] [P] [J] [G] est en fugue de l’établissement de santé depuis le 17 août 2024. Les démarches effectuées depuis cette date n’ont pas permis de le localiser et de procéder à sa réintégration. Cette fugue constitue une circonstance insurmontable ne permettant pas la convocation du patient à l’audience. Dès lors, le moyen doit être rejeté. Sur la poursuite de la mesure de soins psychiatriques Aux termes de l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 du même code que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1. L’article L. 3211-12-1 du même code dispose que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de six mois suivant soit toute décision judiciaire prononçant l’hospitalisation en application de l’article 706-135 du code de procédure pénale, soit toute décision prise par le juge des libertés et de la détention en application de l’article L. 3211-12 du présent code, de l’article L. 3213-5 ou du présent article, lorsque le patient a été maintenu en hospitalisation complète de manière continue depuis cette décision. Toute décision du juge des libertés et de la détention prise avant l’expiration de ce délai sur le fondement de l’un des mêmes articles 706-135, L. 3211-12 ou L. 3213-5 ou du présent article fait courir à nouveau ce délai. Il résulte des pièces du dossier que Monsieur [S] [P] [J] [G] été hospitalisé sans son consentement sur demande d’un tiers (père) et dans le cas d’urgence, suivant décision de la directrice d’établissement en date du 17 juillet 2024 avec prise d’effets au 16 juillet 2024. A l’examen médical initial, il était constaté que le patient présentait des hallucinations auditives, olfactives et cénesthésiques, un automatisme mental, une désorganisation psychique, des bizarreries, des rires immotivés, des stéréotypies, une errance. Il était ambivalent aux soins. Par ordonnance en date du 24 juillet 2024, le juge des libertés et de la détention a ordonné le maintien de la mesure de soins sans consentement. L’avis motivé à 6 mois en date du 03 janvier 2025 mentionne que le patient est en fugue depuis le 17 août 2024 et n’a pu être retrouvé. Aucun entretien médical n’a pu être mené à ce jour. Il est sollicité le maintien de la mesure. Monsieur [S] [P] [J] [G] n’est pas présent à l’audience. En l’espèce, il convient de constater que Monsieur [S] [P] [J] [G] n’a fait l’objet d’aucun examen médical depuis plus de 6 mois. En l’absence d’éléments médicaux récents concernant sa situation, il n’est pas possible d’apprécier la nécessité de poursuivre la mesure de soins sans consentement. En conséquence, il convient d’ordonner la mainlevée de la mesure d’hospitalisation complète de Monsieur [S] [P] [J] [G]. PAR CES MOTIFS Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé [4], [Adresse 2], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel, Rejette le moyen de nullité soulevé, Ordonne la mainlevée de la mesure d’hospitalisation complète de Monsieur [S] [P] [J] [G], Laisse les dépens à la charge de l’Etat, Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire. Fait et jugé à Bobigny, le 9 Janvier 2025 Le Greffier Annette REAL Ordonnance notifiée au parquet le à le greffier Vu et ne s’oppose : Déclare faire appel : La vice-présidente Juge des libertés et de la détention Hélène ASTOLFI
Articles de loi cités
article 706-135 du code de procédure pénalearticle L. 3212-1 du code de la santé publique
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Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- J.L.D. HSC
- Date
- 9 janvier 2025
Référence
67801b7c9c3ba90f51dc16c0
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
- Analyse IA