Tribunal JudiciaireJ.L.D. HSC
Tribunal Judiciaire · J.L.D. HSC — 10 janvier 2025
- ECLI
- 67816cf76d34da2cbdcd87e7
- Date
- 10 janvier 2025
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE - DÉLAI DE 12 JOURS ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT N° RG 25/00162 - N° Portalis DB3S-W-B7J-2OU4 MINUTE: 25/69 Nous, Thomas SCHNEIDER, juge, magistrat du siège du tribunal judiciaire de Bobigny désigné par le président en application de l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire, assisté de Lucie BEAUROY-EUSTACHE, greffier, avons rendu la décision suivante concernant: a LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES : Madame [Y] [O] née le 25 Mars 1991 à [Localité 6] [Adresse 3] [Localité 4] Etablissement d’hospitalisation: L’EPS [7], sis [Adresse 2] présente assistée de Me Anne-laure PHILOUZE , avocat commis d’office PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE Madame la directrice de L’EPS [7] Absente MINISTÈRE PUBLIC Absent A fait parvenir ses observations par écrit le 09 janvier 2025 EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE Par décision du 3 janvier 2025, le directeur de l’établissement public de santé de [7] a admis Mme [Y] [O] en soins psychiatriques sans consentement sous la forme d’une hospitalisation complète à compter du 2 janvier 2025 en raison d’un péril imminent pour sa santé. Il a décidé le 5 janvier 2025 de poursuivre pour un mois les soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète. Le 7 janvier 2025, le directeur de l’établissement a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Bobigny aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète. Le procureur de la République a donné un avis favorable au maintien de l’hospitalisation par réquisitions écrites du 9 janvier 2025. Les débats se sont déroulés à l’audience publique tenue le 10 janvier 2025 dans la salle d’audience aménagée de l’établissement public de santé de [7], située au centre [5], [Adresse 1]. Me Anne-Laure Philouze, avocate de la personne hospitalisée, a été entendue en ses observations. L’ordonnance a été mise en délibéré à ce jour. MOTIVATION L’article L. 3211-12-1, I-1°, du code de la santé publique dispose que l’hospitalisation complète d'un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l'établissement lorsque l'hospitalisation a été prononcée en application du chapitre II du présent titre ou par le représentant de l’État dans le département lorsqu'elle a été prononcée en application du chapitre III du présent titre, de l'article L. 3214-3 du présent code ou de l'article 706-135 du code de procédure pénale, ait statué sur cette mesure avant l'expiration d'un délai de douze jours à compter de l'admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l'article L. 3214-3 du même code. Le juge est alors saisi dans un délai de huit jours à compter de cette admission. L’article L. 3212-1, I, du même code précise qu’une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l'objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d'un établissement mentionné à l'article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies : 1° ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° du I de l'article L. 3211-2-1. L’article L. 3211-3, alinéa 1er du même code prévoit que, lorsqu’une personne atteinte de troubles mentaux fait l'objet de soins psychiatriques en application des dispositions des chapitres II et III du présent titre ou est transportée en vue de ces soins, les restrictions à l'exercice de ses libertés individuelles doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis. En toutes circonstances, la dignité de la personne doit être respectée et sa réinsertion recherchée. En l’espèce, le certificat médical initial établi le 2 janvier 2025 par le docteur [P], médecin, décrit l’état suivant du patient : pathologie psychopathique, venu pour troubles du comportement, bizarrerie ; ce jour, éléments de désorganisation, délire de persécution, manifestement halluciné, anosognosie, risque de mise en danger imminent, refus des soins. Il constate le péril imminent pour sa santé. Des certificats médicaux ont été établis les 3 et 5 janvier 2025 par les docteurs [E] [U] et [T] [W], médecins psychiatres, afin de constater l’état de santé de la personne hospitalisée. L’avis médical motivé dressé le 9 janvier 2025 par le docteur [I] [J], psychiatre de l’établissement, relate l’état suivant du patient : contact familier, humeur exaltée, logorrhéique verbalisant un délire de persécution et d’ensorcellement contre son entourage et sa famille à mécanisme intuitif et imaginatif, syndrome d’influence, désinhibée dans le service, attitudes d’écoute. Mme [Y] [O] a déclaré à l’audience que l’hospitalisation se passe très bien, qu’il y a une bonne communication avec les soignants et une bonne entente ; qu’elle a la visite de ses amis et de sa famille ; qu’elle se sent bien aujourd’hui ; qu’elle aime beaucoup son travail de directrice adjointe dans un centre de loisir pour enfants, mais veut retravailler quand elle ira mieux ; qu’elle ne se rappelle pas des raisons de l’hospitalisation et ne veut pas en savoir plus ; qu’elle prend un médicament mais sans vouloir savoir pourquoi ; qu’elle reconnaît néanmoins avoir des problèmes psychiatriques et avoir eu une petite dépression ; qu’elle souhaite rester encore un peu à l’hôpital, mais n’est pas un danger pour elle ou pour les autres ; et qu’elle veut dire que les médecins ne sont pas assez à l’écoute des patients et ont tendance à leur mentir sur le fait qu’ils vont s’entretenir avec eux. Il résulte de l’ensemble de ces éléments que la procédure est régulière. L’avis médical motivé et l’audition établissent que les troubles psychiatriques de la personne hospitalisée persistent. Son état de santé, tel que rapporté par l’avis médical motivé, ne lui permet pas de consentir réellement aux soins. La nécessité de soins assortis d’une surveillance médicale constante justifie la poursuite de l’hospitalisation complète. PAR CES MOTIFS Le magistrat du siège, Autorise la poursuite de l’hospitalisation complète de Mme [Y] [O] ; Laisse les dépens à la charge de l’État ; Rappelle que l’ordonnance bénéficie de l’exécution provisoire. Fait et jugé à Bobigny le 10 janvier 2025. Le Greffier Lucie BEAUROY-EUSTACHE Le Juge Thomas SCHNEIDER Ordonnance notifiée au parquet le à le greffier Vu et ne s’oppose : Déclare faire appel :
Articles de loi cités
article 706-135 du code de procédure pénale
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Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- J.L.D. HSC
- Date
- 10 janvier 2025
Référence
67816cf76d34da2cbdcd87e7
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
- Analyse IA