Cour d'AppelChambre des Etrangers
Cour d'Appel · Chambre des Etrangers — 16 janvier 2025
- ECLI
- 6789f239e53fca3659f6732e
- Date
- 16 janvier 2025
Droit des personnesDroits attachés à la personneDemande d'autorisation de prolongation des mesures de rétention prises à l'encontre des étrangers en situation irrégulière
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Texte intégral
N° RG 25/00172 - N° Portalis DBV2-V-B7J-J3MG COUR D'APPEL DE ROUEN JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT ORDONNANCE DU 16 JANVIER 2025 Brigitte HOUZET, Conseillère à la cour d'appel de Rouen, spécialement désignée par ordonnance de la première présidente de ladite cour pour la suppléer dans les fonctions qui lui sont spécialement attribuées, Assistée de Mme VESPIER, Greffière lors des débats et de Mme DEMANNEVILLE, greffière lors du délibéré ; Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; Vu la requête du préfet du Nord tendant à voir prolonger pour une durée supplémentaire de trente jours la mesure de rétention administrative qu'il a prise le 14 décembre 2024 à l'égard de Mme [E] [P], née le 25 Juillet 1971 à [Localité 2] (BULGARIE), de nationalité Bulgare ; Vu l'ordonnance rendue le 14 Janvier 2025 à 12h07 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen autorisant le maintien en rétention de Mme [E] [P] pour une durée supplémentaire de trente jours à compter du 13 janvier 2025 à 12h40 jusqu'au 12 février 2025 à la même heure ; Vu l'appel interjeté par Mme [E] [P], parvenu au greffe de la cour d'appel de Rouen le 15 janvier 2025 à 12h27 ; Vu l'avis de la date de l'audience donné par le greffier de la cour d'appel de Rouen : - aux services du directeur du centre de rétention de [Localité 1], - à l'intéressée, - au préfet du Nord, - à Me Antoine LABELLE, avocat au barreau de ROUEN, choisi en vertu de son droit de suite, - à Mme [W] [T], interprète en langue bulgare ; Vu les dispositions des articles L 743-8 et R 743-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; Vu la décision prise de tenir l'audience grâce à un moyen de télécommunication audiovisuelle et d'entendre la personne retenue par visioconférence depuis les locaux dédiés à proximité du centre de rétention administrative de [Localité 1] ; Vu la demande de comparution présentée par Mme [E] [P] ; Vu l'avis au ministère public ; Vu les débats en audience publique, en présence de Mme [W] [T], interprète en langue bulgare, expert assermenté, en l'absence du PREFET DU NORD et du ministère public ; Vu la comparution de Mme [E] [P] par visioconférence depuis les locaux dédiés à proximité du centre de rétention administrative de [Localité 1] ; Me Antoine LABELLE, avocat au barreau de ROUEN étant présent au palais de justice ; Vu les réquisitions écrites du ministère public ; Les réquisitions et les conclusions ont été mises à la disposition des parties ; L'appelant et son conseil ayant été entendus ; **** Décision prononcée par mise à disposition de l'ordonnance au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile. **** FAITS, PROCÉDURE ET MOYENS Mme [E] [P] déclare être ressortissante bulgare. Elle a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français le 15 janvier 2023. Elle a été placé en rétention administrative le 14 décembre 2024, à l'issue d'une mesure de garde à vue. Par ordonnance du 18 décembre 2024, le juge du tribunal judiciaire de Rouen a autorisé la prolongation de la rétention administrative de Mme [E] [P], décision confirmée par le magistrat désigné par la première présidente de la cour d'appel de Rouen pour la suppléer le 20 décembre 2024. Par ordonnance du 14 janvier 2025, le juge du tribunal judiciaire de Rouen a autorisé une seconde prolongation de la rétention administrative de Mme [E] [P]. Mme [E] [P] a interjeté appel de cette décision. Au soutien de son appel, elle fait valoir: -l'insuffisance des diligences de l'administration française et l'absence de perspectives d'éloignement. Le dossier a été communiqué au parquet général qui, par conclusions écrites non motivées du 15 janvier 2025, a requis la confirmation de l'ordonnance. Le préfet du Nord n'a ni comparu ni communiqué d'observations écrites. A l'audience, le conseil de Mme [E] [P] a réitéré les moyens développés dans l'acte d'appel. Mme [E] [P] a été entendue en ses observations. MOTIVATION DE LA DECISION Sur la recevabilité de l'appel Il résulte des énonciations qui précédent que l'appel interjeté par Mme [E] [P] à l'encontre de l'ordonnance rendue le 14 Janvier 2025 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen est recevable. Sur le fond Sur les diligences entreprises par l'administration française et les perspectives d'éloignement: L'article L 742-4 du CESEDA dispose que: 'Le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours.' Par ailleurs, en application des dispositions de l'article L. 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, l'administration devant exercer toute diligence à cet effet. En l'espèce, Mme [E] [P] est munie d'une carte d'identité valide. Un vol réservé le 14 décembre 2024 et prévu initialement pour le 27 décembre 2024 n'a pu être maintenu, faute d'escorte. Un autre routing a été sollicité le 26 décembre 2024, soit avant la date prévue à l'origine. L'administration française, a ainsi parfaitement accompli les diligences lui incombant. Rien ne permet de conclure à ce jour à une absence de perspectives d'éloignement. Le moyen sera donc rejeté. En conséquence, l'ordonnance entreprise sera confirmée en toutes ses dispositions. PAR CES MOTIFS : Statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire et en dernier ressort, Déclare recevable l'appel interjeté par Mme [E] [P] à l'encontre de l'ordonnance rendue le 14 Janvier 2025 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen, prolongeant la mesure de rétention administrative le concernant pour une durée supplémentaire de trente jours ; Confirme la décision entreprise en toutes ses dispositions. Fait à Rouen, le 16 Janvier 2025 à 13h31. LE GREFFIER, LA CONSEILLERE, NOTIFICATION La présente ordonnance est immédiatement notifiée contre récépissé à toutes les parties qui en reçoivent une expédition et sont informées de leur droit de former un pourvoi en cassation dans les deux mois de la présente notification et dans les conditions fixées par les articles 973 et suivants du code de procédure civile.
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Synthèse
- Juridiction
- Cour d'Appel
- Chambre
- Chambre des Etrangers
- Date
- 16 janvier 2025
- Matière
- Droit des personnes
Référence
6789f239e53fca3659f6732e
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel