Tribunal JudiciaireREFERES JCP <ou= 10 000€
Tribunal Judiciaire · REFERES JCP <ou= 10 000€ — 1 avril 2025
- ECLI
- 67eeec6cb848dd6814c641da
- Date
- 1 avril 2025
- Condamnation
- 89 226 €
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Texte intégral
COUR D’APPEL DE [Localité 8] TRIBUNAL JUDICIAIRE D’AVIGNON N° RG 25/00160 - N° Portalis DB3F-W-B7I-J56K Minute N° : 25/00158 Procédure civile de droit commun ORDONNANCE DE REFERE Code de procédure Civile art.454 DU 01 Avril 2025 Dossier + Copie + Copie exécutoire délivrés à :Me FOUREL GASSER Copie délivrée à :PREFECTURE le :01/04/2025 DEMANDEUR SCIC H.L.M GRAND DELTA HABITAT [Adresse 1] [Adresse 6] [Localité 3] représentée par Me Quentin FOUREL-GASSER, avocat au barreau D’AVIGNON, substitué par Me Andrea RAFFAELLI, avocat au barreau d’AVIGNON DÉFENDEUR : Monsieur [R] [D] né le 17 Juillet 1982 à [Localité 5] [Adresse 9] [Adresse 2] [Localité 4] non comparant, non représenté COMPOSITION DU TRIBUNAL : Madame Amandine GORY, Vice-Président, assisté de Madame Béatrice OGIER, Greffier DÉBATS : Après avoir entendu à l’audience du 18 Mars 2025 les parties comparantes ou leurs conseils, le président les a informés que l’affaire était mise en délibéré et que l’ordonnance serait rendue ce jour, par mise à disposition au greffe. EXPOSE DU LITIGE Par acte sous seing privé du 13 novembre 2018, la société GRAND DELTA HABITAT a consenti à Madame [C] [D] et Monsieur [R] [D] un bail portant sur un local à usage d'habitation sis : [Adresse 7], moyennant un loyer mensuel de 378,52 euros hors charges, ainsi qu’un garage pour un loyer mensuel de 15,11 euros. Faute de règlement dans les termes convenus des loyers et charges, et par exploit du 14 octobre 2024, la société GRAND DELTA HABITAT a fait délivrer à Monsieur [R] [D] un commandement de payer, au titre du solde des loyers et charges non réglés, la somme de 2.316,60 euros outre les frais ainsi que le commandement de fournir un justificatif d’assurance en cours de validité. Faute de régularisation, et par exploit délivré le 20 décembre 2024, GRAND DELTA HABITAT a fait citer Monsieur [R] [D] devant le juge des référés du présent tribunal aux fins de le voir principalement condamné à : - voir constater l'acquisition de la clause résolutoire et la résiliation de plein droit du contrat de bail ; - l'expulsion du locataire ainsi que tous occupants de son chef avec, si besoin est, le concours de la force publique ; - lui payer à titre provisionnel et de l'arriéré locatif, la somme de 3.346,73 euros dus à la date de l’assignation, avec intérêts au taux légal ; - lui payer une indemnité mensuelle d'occupation fixée au moins au montant du loyer et des charges qu’il aurait payé s’il était resté locataire ; - payer les entiers dépens de l’instance ; -lui payer les frais d’assurance habitation souscrite par le bailleur. L'affaire est fixée à l’audience du 18 mars 2025, lors de laquelle la société GRAND DELTA HABITAT comparaît représentée et, soutenant oralement le dossier qu'elle dépose, sollicite le bénéfice de son assignation sous réserve d'une actualisation de la dette locative à la hausse à la somme de 4.892,26 euros. Monsieur [R] [D] ne comparaît pas et n’est pas représenté. Aucun Diagnostic Social et Financier n’a été communiqué au Tribunal avant l'audience. La décision est mise en délibéré au 1er avril 2025. Le défendeur régulièrement assigné, n’ayant pas comparu ni été représentée, la présente ordonnance, susceptible d'appel, sera réputé contradictoire en application de l'article 473 du code de procédure civile. MOTIFS L’article 472 du code de procédure civile prévoit que lorsque le défendeur ne comparait pas, le Tribunal fait droit à la demande s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée. Aux termes de l’article 834 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge des contentieux de la protection peut, dans la limite de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. Par ailleurs, par application de l'article 835 du même code, le juge peut accorder une provision au créancier, lorsque l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Enfin, il ressort de l'article 9 de ce code qu'il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. Il résulte en outre de l’article 1353 du code civil que celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation. * Conformément aux dispositions de l’article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, dans sa version applicable en l’espèce, l’assignation a été régulièrement dénoncée à la préfecture de [Localité 10] le 23 décembre 2024, au moins six semaines avant la première audience. Par ailleurs, la CAF de [Localité 10] été saisie le 04 octobre 2024, de la situation d'impayé, soit dans les délais légaux. La demande de résiliation formée par GRAND DELTA HABITAT est donc recevable. 1) Sur la résiliation du bail Aux termes de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au présent litige, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. En l'espèce, le contrat de location est bien doté d'une telle clause résolutoire. Par ailleurs, il ressort de manière incontestable de la lecture des décomptes produits par GRAND DELTA HABITAT que Monsieur [R] [D] n’a pas satisfait aux termes du commandement de payer dans le délai de deux mois imparti (termes du bail et du commandement de payer, plus favorables que les nouvelles dispositions législatives), soit avant le 15 décembre 2024, la dette ayant continué d'augmenter entre la date du commandement de payer et celle de l'assignation. La clause résolutoire est donc acquise au bénéfice de GRAND DELTA HABITAT depuis le 15 décembre 2024. 2) Sur l’indemnité provisionnelle au titre de l'arriéré locatif Aux termes de l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989, et des dispositions du bail, le locataire est notamment obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. A l’audience, le bailleur a fourni un décompte actualisé de créance, arrêtée à la date du 28 février 2025 et portant la dette locative à hauteur de 4.892,26 euros. Toutefois, il ne justifie pas de la communication de ce nouveau décompte au défendeur, de sorte que le Tribunal ne peut le retenir sans méconnaître le principe du contradictoire. Ainsi, après examen des décomptes produits par GRAND DELTA HABITAT, la créance apparaît incontestable dans son principe comme dans son montant et la demande, arrêtée à la date de l’assignation, est fondée à hauteur de 3.346,73 euros, à titre de provision à valoir sur les arriérés de loyers et de charges impayés, décompte arrêté au 20 décembre 2024 et terme de novembre 2024 inclus. Cette somme sera assujettie au taux d'intérêt légal à compter de l’assignation. 3) Sur l'expulsion Aux termes de l'article 544 du code civil, la propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements. En l'espèce, la clause résolutoire étant acquise au profit de GRAND DELTA HABITAT à compter du 15 décembre 2024, et Monsieur [R] [D] étant occupant sans droit ni titre depuis cette date, il devra quitter les lieux, afin que le bailleur puisse reprendre possession de son bien, et éviter que la dette ne s'accroisse. A défaut d'un départ volontaire, il y aura lieu de procéder à l'expulsion de celui-ci et de tous occupants de son chef, si besoin avec l'assistance de la force publique et d'un serrurier, à la suite du délai légal de deux mois suivant la délivrance d'un commandement délivré par huissier de justice d'avoir à quitter les lieux. Par ailleurs, le sort des meubles se trouvant dans les lieux sera régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution. 4) Sur les indemnités d'occupation mensuelles En application de l'article 1240 du code civil et en occupant sans droit ni titre les lieux susvisés depuis le 15 décembre 2024, Monsieur [R] [D] a causé un préjudice à GRAND DELTA HABITAT. Il convient donc d'octroyer au bailleur une indemnité d'occupation mensuelle, destinée à réparer ce préjudice. En l'espèce, il convient ainsi de condamner Monsieur [R] [D] à verser à titre provisionnel à GRAND DELTA HABITAT, au titre de l'indemnité d'occupation mensuelle, et à compter du 21 décembre 2024, lendemain du dernier décompte, une somme égale au montant de la quittance locative actuelle, somme forfaitaire charges comprises et assurance LNA comprise avec indexation. PAR CES MOTIFS, Nous, juge des référés, statuant publiquement, tous droits et moyens au fond demeurant réservés, par ordonnance mise à disposition au greffe, réputé contradictoire et en premier ressort, Au principal, RENVOYONS les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront mais, dès à présent et par provision, Déclarons recevable la demande de résiliation formée par GRAND DELTA HABITAT concernant le contrat de bail du 13 novembre 2018 consenti à Monsieur [R] [D] et portant sur un local à usage d'habitation sis [Adresse 7] ; Constatons l'acquisition de la clause résolutoire à compter du 15 décembre 2024 ; Constatons la résiliation de plein droit du contrat de bail précité à compter du 15 décembre 2024 ; Constatons que Monsieur [R] [D] est occupant sans droit ni titre des locaux précités depuis cette date ; Condamnons Monsieur [R] [D] à payer à GRAND DELTA HABITAT la somme de 3.346,73 euros, à titre de provision à valoir sur les arriérés de loyers et de charges impayés, décompte arrêté au 20 décembre 2024, et loyer de novembre 2024 inclus, somme assujettie au taux d'intérêt légal à compter du 20 décembre 2024 ; Autorisons l'expulsion de Monsieur [R] [D] et de tous occupants de son chef du local d'habitation précité, et disons qu'à défaut de départ volontaire, l'intéressé pourra être contraint à l'expulsion avec, si besoin est, l'assistance de la force publique et d'un serrurier à la suite du délai légal de deux mois suivant la délivrance d'un commandement délivré par huissier de justice d'avoir à quitter les lieux ; Disons qu'en cas d'expulsion il sera procédé en tant que de besoin à l'enlèvement des meubles et objets mobiliers se trouvant dans les lieux, dont le sort sera régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution ; Condamnons Monsieur [R] [D] à payer à GRAND DELTA HABITAT à titre provisionnel, une indemnité d'occupation mensuelle forfaitaire d’un montant égal à celui de la quittance locative actuelle, somme forfaitaire charges comprises et assurance LNA comprise, et ce à compter du 21 décembre 2024, lendemain du dernier décompte, avec indexation ; Condamnons Monsieur [R] [D] aux entiers dépens de l'instance, lesquels comprendront le coût du commandement de payer ; Rappelons que la présente ordonnance bénéficie de l'exécution provisoire de droit ; Rejetons les autres demandes pour le surplus. Ainsi ordonné et mis à disposition au greffe le 1er avril 2025. Le Greffier Le Juge
Articles de loi cités
article 544 du code civilarticle 473 du code de procédure civile.article 1240 du code civil et en occupant sans droarticle 834 du code de procédure civilearticle 1353 du code civil que celui qui réclame larticle 472 du code de procédure civile prévoit q
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- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- REFERES JCP <ou= 10 000€
- Date
- 1 avril 2025
Référence
67eeec6cb848dd6814c641da
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