Tribunal JudiciaireJCP BAUX
Tribunal Judiciaire · JCP BAUX — 2 avril 2025
- ECLI
- 67f98c6c0ea89248182b00e3
- Date
- 2 avril 2025
- Condamnation
- 1 129 323 €
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Texte intégral
MINUTE N° : JUGEMENT DU 02 Avril 2025 N° RC 24/03698 DÉCISION réputée contradictoire et en premier ressort VAL TOURAINE HABITAT, Etablissement public à caractère industriel et commercial, inscrite au RCS de [Localité 8] sous le numéro 781 598 248 ET : [V] [P] Débats à l'audience du 06 Février 2025 Le Copie executoire et copie à : VAL TOURAINE HABITAT Copie à : Monsieur le Prefet d'[Localité 5] et [Localité 6] Copie dossier TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 8] TENUE le 02 Avril 2025 Au siège du Tribunal, [Adresse 3] à TOURS, COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS ET DU DÉLIBÉRÉ : PRÉSIDENT : B. BOIS, Magistrat à titre temporaire du Tribunal judiciaire de TOURS, GREFFIER : E. FOURNIER GREFFIER LORS DU DELIBERE : E. ESPADINHA DÉBATS : A l'audience publique du 06 Février 2025 DÉCISION : Prononcée publiquement le 02 Avril 2025 par mise à la disposition des parties au Greffe de ce Tribunal, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du Code de Procédure Civile. ENTRE : VAL TOURAINE HABITAT, Etablissement public à caractère industriel et commercial, inscrite au RCS de [Localité 8] sous le numéro 781 598 248, dont le siège social est sis [Adresse 4], représentée par Mme [H], chargée de recouvrement, muni d'un pouvoir régulier D'une Part ; ET : Monsieur [V] [P], demeurant [Adresse 1] non comparant D'autre Part ; RG 24/3698 EXPOSE DU LITIGE Par acte sous seing privé du 21 juillet 2023, l’Office Public de l’Habitat VAL TOURAINE HABITAT a consenti un bail d'habitation à Monsieur [V] [P] portant sur un logement situé [Adresse 2], moyennant le paiement d'un loyer mensuel de 558,71 €, provision pour charges comprises. Invoquant des impayés de loyers, le 6 mai 2024, le bailleur a fait délivrer à son locataire un commandement de payer visant la clause résolutoire du bail, demeuré infructueux. L’OPH VAL TOURAINE HABITAT a ainsi fait assigner Monsieur [V] [P] par acte de commissaire de justice du 11 juillet 2024 devant le juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de Tours afin de voir : - constater la résiliation du bail par acquisition de la clause résolutoire ou, à défaut, prononcer la résiliation judiciaire du bail consenti à Monsieur [V] [P]; - dire et juger en conséquence que Monsieur [V] [P] se trouve être occupant sans droit ni titre ; - ordonner son expulsion et celle de tous ses biens ainsi que de toute personne à sa charge ou occupant l'immeuble de son chef, par toutes les voies et moyens de droit, même avec l'assistance de la force publique ; - condamner Monsieur [V] [P] au paiement de la somme en principal de 6 199,30 € au titre des impayés de loyers et de charges ; - condamner Monsieur [V] [P] au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle correspondant aux loyers et charges comme indiqué au contrat de location étant précisé que le prix du loyer est révisable conformément à la règlementation en vigueur et les provisions de charges pourront être actualisées en fonction des dépenses à prévoir, à compter de la date de résiliation du bail et jusqu’à libération définitive des locaux ; - condamner Monsieur [V] [P] à verser à l’ OPH VAL TOURAINE HABITAT la somme de 150,00 € en application de l'article 700 du Code de procédure civile ; - condamner Monsieur [V] [P] aux entiers dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer et de l’assignation. A l’audience du 6 février 2025, l’OPH VAL TOURAINE HABITAT - représenté par Madame [B] [H] dûment mandatée - maintient les termes de son assignation et actualise la dette locative à la somme de 11 293,23 €, hors frais, au 5 février 2025. Elle indique que Monsieur [V] [P] n’a effectué aucun paiement de loyer depuis octobre 2023 et qu’il refuse tout suivi de la FICOSIL. Bien que régulièrement assigné par acte de commissaire de justice déposé à étude, Monsieur [V] [P] n’est ni présent ni représenté. Le diagnostic social et financier reçu au greffe avant l’audience n’apporte pas d’informations, Monsieur [V] [P] n’ayant pas donné de suites au premier rendez-vous ni répondu aux sollicitations. L’affaire a été mise en délibéré au 2 avril 2025. MOTIFS RG 24/3698 Aux termes de l’article 472 du Code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparait pas il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime recevable et bien fondée. Sur la recevabilité de la demande Le bailleur justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 30 avril 2024, soit six semaines au moins avant la délivrance de l’assignation conformément à l'article 24 II de la loi du 6 juillet 1989 modifié par la loi 2023 - 668 du 27 juillet 2023. Par ailleurs, une copie de l'assignation a été notifiée à la Préfecture d'[Localité 5] et [Localité 6] par voie électronique le 15 juillet 2024, soit plus de six semaines avant l'audience, conformément aux dispositions de l'article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 en vigueur. L'action est donc recevable. Sur les loyers et charges impayés Selon l'article 1728 du Code civil et l'article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est tenu de payer les loyers et les charges récupérables aux termes convenus. Le bailleur fait la preuve de l'obligation dont il se prévaut en produisant le bail signé le 21 juillet 2023 ainsi que le commandement de payer délivré le 6 mai 2024 pour un montant en principal de 3675,27 € ainsi que le décompte actualisé à la date de l’audience à la somme de 11 293,23 € hors frais. En s'abstenant de comparaître, le locataire s'interdit de contester le décompte de la créance ou de rapporter la preuve de paiements en sus de ceux repris sur ledit décompte alors que cette charge lui incombe en application de l'article 1353 du Code civil L'article 24 V de la loi du 6 juillet 1989 permet au juge de vérifier d'office tout élément constitutif de la dette locative. Le bailleur a d’ores et déjà déduit la somme de 323,36 € soit : - les frais de commissaire de justice à hauteur de 247,16 € qui ne constituent pas une dette de loyer ou de charge mais qui relèvent des dépens, dont le sort sera examiné ci-après - les frais d’enquête sociale pour 76,20 € à défaut de justificatifs. Monsieur[V] [P] sera ainsi condamné à verser à l’OPH VAL TOURAINE HABITAT la somme demandée de 11 293,23 €. Sur la clause résolutoire pour défaut de paiement des loyers L'article 24 I de la loi du 06 juillet 1989 prévoit que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ... ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. En l'espèce, le bailleur verse aux débats le contrat de bail signé entre les parties, le commandement de payer délivré par acte de commissaire de justice le 6 mai 2024 portant sur la somme en principal de 3 675,27 € au titre des impayés de loyers et de charges ainsi que le décompte actualisé à la date de l’audience. Ce commandement reproduit la clause résolutoire insérée au contrat de bail ainsi que les dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans leur rédaction issue de la loi n° 2014-336 du 24 mars 2014, de même que les dispositions de l'article 6 de la loi n°90 - 449 du 31 mai 1990 et mentionne la faculté pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement. Monsieur [V] [P] n'a pas réglé l’arriéré de loyers et de charges dans le délai de deux mois mentionné au commandement de payer. Il y a donc lieu de constater que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire sont réunies au 7 juillet 2024. Sur la suspension de la clause résolutoire et les délais Aux termes de l'article 24 V de la loi du 06 juillet 1989 modifié par la loi du 27 juillet 2023 le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années. Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge. Si le locataire se libère dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué ; dans le cas contraire, elle reprend son effet. Il ressort du décompte produit que Monsieur [V] [P] ne règle plus ses loyers depuis novembre 2023, sans contact pris avec le bailleur. Compte tenu de l’absence de reprise du paiement de son loyer, d’absence d’informations sur sa capacité financière, il ne pourra être accordé des délais de paiement à Monsieur [V] [P] et son expulsion sera prononcée selon les modalités fixées ci-après. Sur l'indemnité d'occupation Monsieur [V] [P] occupe les lieux sans droit ni titre depuis le 7 juillet 2024 causant ainsi un préjudice au bailleur. Il sera condamné à verser au bailleur une indemnité d'occupation égale au montant des loyers et des charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail à compter de cette date et jusqu'à libération effective des lieux et la remise des clés Sur les demandes accessoires Aucune considération tirée de l'équité ou de la situation économique des parties ne vient justifier l'application de l'article 700 du Code de procédure civile. Le demandeur sera donc débouté de sa demande. L'article 696 du Code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens. Il convient donc de mettre les dépens à la charge Monsieur [V] [P] comprenant notamment le coût du commandement de payer et de l’assignation. RG 24/3698 Conformément aux dispositions de l'article 514 du Code de procédure civile, la présente décision de première instance sera exécutoire de droit à titre provisoire. PAR CES MOTIFS La juge des contentieux de la protection, statuant publiquement par jugement réputé contradictoire, mis à disposition au greffe, et rendu en premier ressort, Constate que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 21 juillet 2023 entre Monsieur [V] [P] et l’OPH VAL TOURAINE HABITATconcernant le bien situé1 [Adresse 7] sont réunies au 7 juillet 2024 ; Condamne Monsieur [V] [P] à payer à l’OPH VAL TOURAINE HABITAT la somme de 11 293,23 € (ONZE MILLE DEUX CENT QUATRE VINGT TREIZE EUROS, VINGT TROIS CENTIMES) au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation dus au 3 février 2025 ; Dit que Monsieur [V] [P] est désormais occupant sans droit ni titre du logement ; Ordonne en conséquence à Monsieur [V] [P] de libérer le bien immobilier et de restituer les clés dans le délai de huit jours à compter de la signification de la présente décision ; Dit qu'à défaut, par Monsieur [V] [P], d'avoir libéré les lieux situés [Adresse 2], deux mois après la notification à la Préfecture du commandement d'avoir à quitter les lieux, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef, avec le concours de la force publique, si besoin est ; Condamne Monsieur [V] [P] à payer à l’ OPH VAL TOURAINE HABITAT une indemnité d'occupation égale au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non résiliation de bail, jusqu'à la libération effective des lieux et la remise des clés ; Rappelle que la présente décision est exécutoire par provision de plein droit ; Condamne Monsieur [V] [P] aux entiers dépens de l’instance ; Déboute le bailleur de sa demande fondée sur l'article 700 du Code de procédure civile ; Dit que la présente décision sera notifiée par le greffe du tribunal à la Préfecture d'Indre-et-Loire en application de l'article R 412-2 du Code des procédures civiles d'exécution. Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition au greffe, le deux avril deux mille vingt cinq par la Juge et la Greffière susnommées. La Greffière, La Juge des contentieux de la protection,
Articles de loi cités
article 514 du Code de procédure civilearticle 1353 du Code civilarticle 700 du Code de procédure civilearticle 696 du Code de procédure civile dispose qarticle 450 du Code de Procédure Civile.article 700 du Code de procédure civile. Le demanarticle 472 du Code de procédure civilearticle 1728 du Code civil et l
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- JCP BAUX
- Date
- 2 avril 2025
Référence
67f98c6c0ea89248182b00e3
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