Tribunal Judiciaire4 ème Chambre civile
Tribunal Judiciaire · 4 ème Chambre civile — 1 avril 2025
- ECLI
- 68376bc67afb61838af1bfb7
- Date
- 1 avril 2025
- Condamnation
- 80 000 €
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Minute n° RÉPUBLIQUE FRANÇAISE TRIBUNAL JUDICIAIRE de SAINT ETIENNE N° RG 24/00691 - N° Portalis DBYQ-W-B7I-IREG 4ème CHAMBRE CIVILE JUGEMENT DU 01 Avril 2025 COMPOSITION DU TRIBUNAL Lors des débats et du délibéré : Présidente : Madame Alicia VITELLO Vice-Présidente du Tribunal Judiciaire assistée, pendant les débats de Madame Gisèle LAUVERNAY, greffière ; DEBATS : à l'audience publique du 04 Février 2025 ENTRE : SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE L’IMMEUBLE “CONCORDE CARAVELLE” SIS [Adresse 5] REPRESENTE. PAR SON SYNDIC LE CABINET CHEYLUS FRACHON MERLLIE, dont le siège social est sis [Adresse 6] représenté par Me DREVET-RIVAL DE LA SARL LEX LUX AVOCATS, avocat au barreau de SAINT-ETIENNE ET : Monsieur [M] [S] demeurant [Adresse 1] non comparant Madame [X] [S] demeurant [Adresse 7] non comparante JUGEMENT : contradictoire et en premier ressort, Prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 01 Avril 2025 EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S] sont copropriétaires dans l’immeuble « Concorde Caravelle » sis [Adresse 3] [Localité 9]. En raison d'un arriéré de charges, le syndicat des copropriétaires de cet immeuble a fait délivrer un commandement de payer demeuré infructueux à l’encontre de Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S], en date du 8 septembre 2023. Par assignations délivrées par commissaire de justice les 18 octobre 2024 et 21 novembre 2024, le syndicat des copropriétaires a fait assigner Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S] devant le Tribunal Judiciaire de Saint-Etienne. A l'audience du 4 février 2025, à laquelle l'affaire a été retenue, le syndicat des copropriétaires, représenté par son avocat, demande à la juridiction de condamner Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S] à lui payer les sommes de : - 4 716,57 € au titre des charges de copropriété impayées, outre les intérêts et avec capitalisation des intérêts au titre de l'article 1343-2 du Code civil ; - 333,26 € au titre de la loi SRU ; - 300,00 € de dommages et intérêts ; - 800,00 € au titre de l'article 700 du Code de procédure civile, outre les entiers dépens. Au visa des articles 10, 10-1 et 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 et 481-1 du Code de procédure civile, il soutient que, malgré les relances, les charges de copropriété restent impayées. Il affirme que le retard de paiement des charges met en péril l’équilibre de la trésorerie de la copropriété en aggravant ses dépenses. En réponse, Madame [X] [S], dont l’assignation a été signifiée par procès-verbal de recherches infructueuses, et Monsieur [M] [S], dont l’assignation a été signifiée à étude, n’ont pas comparu. Pour un plus ample exposé des moyens et des prétentions des parties, il convient de renvoyer à leurs conclusions déposées et soutenues à l’audience, conformément aux dispositions de l’article 455 du Code de procédure civile. Sur quoi, l'affaire est mise en délibéré au 1er avril 2025 pour y être rendu le présent jugement par sa mise à disposition au greffe. MOTIFS DE LA DECISION Aux termes de l’article 472 du Code de procédure civile, lorsque les défendeurs ne comparaissent pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que s’il l’estime recevable, régulière et bien fondée. Sur les charges de copropriété En application de l'article 1103 du Code civil et de l’article 10 alinéa 2 et 3 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article 5. Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges. Par ailleurs, l’article 14-1 de la même loi dispose que, pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L’assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l’exercice comptable précédent. Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l’assemblée générale peut fixer des modalités différentes. Aux termes de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, il est indiqué que sont imputables au seul copropriétaire concerné : les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur. Au vu des pièces versées au débat, et plus précisément en vertu du décompte, il ressort que Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S] sont redevables de la somme de 4 716,57 €, arrêté au 2 janvier 2025. S'agissant des frais de procédure, ils sont dus par le copropriétaire ne payant pas ses charges de copropriété au titre de l'article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, sous réserve de leurs justifications. En l'espèce, les frais de mise en demeure du 27 avril 2021 ne sont pas justifiés par la production d’un accusé de réception. Les frais de prise d’hypothèques et les frais d’huissiers du 2 janvier 2025 ne sont pas non plus justifiés. Par ailleurs, les frais de mise au contentieux et de transmission du dossier à l’huissier ne sont pas justifiés par des diligences exceptionnelles du syndic et constituent des honoraires non prévus par la loi. Il convient donc de les retirer des sommes dues par Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S]. S’agissant de la somme réclamée au titre de la loi SRU, l’émolument évoqué par l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 renvoie au tableau cité par l’article [8] 444-32 du Code de commerce. Il n’est possible que s’il y a des sommes déjà encaissées, ce qui est le cas en l’espèce. Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S] sont condamnés à payer au syndicat de copropriété la somme de 3 296,43 € au titre des charges de copropriété impayés et des frais de procédure arrêtés au 2 janvier 2025 inclus, outre 333,26 € au titre de la loi SRU, avec intérêt au taux légal à compter du commandement de payer sur la somme de 1 435,95 € et à compter de la signification du jugement pour le surplus. Sur la demande de dommages et intérêts En application de l'article 1231-6 du Code civil, le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance. Le syndicat des copropriétaires n'établit pas que Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S] aient fait preuve de mauvaise foi, ni que leur comportement lui cause un préjudice particulier nécessitant réparation. En conséquence, sa demande de dommages et intérêts doit être rejetée. Sur les demandes accessoires Aux termes de l'article 696 du Code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie. En l'espèce, Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S] succombant à l'instance, ils sont solidairement condamnés aux dépens. Aux termes de l'article 700 du Code de procédure civile, dans toutes les instances le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a lieu à condamnation. En l'espèce, Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S], parties perdantes, sont condamnés à verser au syndicat des copropriétaires la somme de 500,00 € au titre de l'article 700 du Code de procédure civile. PAR CES MOTIFS, Le Tribunal, statuant publiquement, par jugement contradictoire, rendu en premier ressort et par mise à disposition au greffe, CONDAMNE Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble « [Adresse 10] » sis [Adresse 2] à [Localité 9] la somme de 3 296,43 € au titre des charges de copropriété impayés et des frais de procédure arrêtés au 2 janvier 2025 inclus, outre 333,26 € au titre de la loi SRU, avec intérêt au taux légal à compter du commandement de payer sur la somme de 1 435,95 € et à compter de la signification du jugement pour le surplus ; REJETTE la demande de dommages et intérêts du syndicat des copropriétaires de l’immeuble « Concorde Caravelle » sis [Adresse 4] ; CONDAMNE Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble « [Adresse 10] » sis [Adresse 3] [Localité 9] la somme de 500,00 € au titre de l'article 700 du Code de procédure civile ; CONDAMNE solidairement Madame [X] [S] et Monsieur [M] [S] aux dépens. Le présent jugement, prononcé à la date indiquée en tête des présentes, est signé par le juge présidant l’audience des débats et le greffier du prononcé, Le GREFFIER La PRESIDENTE Notification le : - CCC à : - Copie exécutoire à : - retour dossier
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- 4 ème Chambre civile
- Date
- 1 avril 2025
Référence
68376bc67afb61838af1bfb7
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
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