Tribunal JudiciaireJuge libertés & détention
Tribunal Judiciaire · Juge libertés & détention — 9 octobre 2025
- ECLI
- 68e88b3d3ea43407b9fba348
- Date
- 9 octobre 2025
Source : DILA / Judilibre · open data
Mes notes
privées · visibles par vous seulAnalyse IA non disponible
Générez un résumé intelligent de cette décision
Texte intégral
N° RC 25/01723 Minute n°25/764 _____________ Soins psychiatriques relatifs à monsieur [H] [S] ________ HOSPITALISATION A LA DEMANDE D'UN TIERS MINUTES DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NANTES __________________________________ ORDONNANCE DU 09 octobre 2025 ____________________________________ Juge : François PERNOT Greffière : Célia DEMAREST Débats à l’audience du 09 octobre 2025 au CH UNIVERSITAIRE [Localité 2] ST JACQUES DEMANDEUR : CH UNIVERSITAIRE DE [Localité 2] ST-JACQUES : Comparant en la personne de madame [F] DÉFENDEUR (personne bénéficiant des soins) : Monsieur [H] [S], né le 10 mai 1997 à [Localité 1] Comparant, assisté par maître Alixia TRAINEAU, avocat au barreau de NANTES, commis d’office, Actuellement hospitalisé au CH UNIVERSITAIRE DE [Localité 2] ST-JACQUES Tiers demandeur à la mesure initiale de soins : Madame [E] [S], sa mère Non comparante, convoquée Ministère Public : Non comparant, avisé Observations écrites du 08 octobre 2025. Nous, François PERNOT, juge des libertés et de la détention chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés prévues par le Code de la santé publique, assisté de Célia DEMAREST, greffière, statuant en audience publique, Vu l’acte de saisine émanant de monsieur le directeur du CH UNIVERSITAIRE DE [Localité 2] ST-JACQUES en date du 07 octobre 2025, reçu au greffe le 07 octobre 2025, concernant monsieur [H] [S] et tendant à la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète dont cette personne fait l’objet sur le fondement des articles L3212-1 et suivants du Code de la santé publique, Vu les articles L3211-1, L3211-12-1 et suivants et R3211-7 et suivants du Code de la santé publique, Vu les avis et pièces transmises par le directeur de l’établissement, Vu les convocations régulières à l’audience du 09 octobre 2025 de monsieur [H] [S], de son conseil, du directeur du CH UNIVERSITAIRE DE [Localité 2] ST-JACQUES, de madame [E] [S] et l’avis d’audience donné au procureur de la République, qui tend au maintien de la mesure. EXPOSÉ DE LA SITUATION Monsieur [S] a fait l'objet d'une admission en hospitalisation sans son consentement dans le cadre de la procédure sur demande d'un tiers (en l'espèce sa mère), après établissement de deux certificats médicaux (rédigés à [Localité 4]) du 02 octobre 2025 caractérisant des troubles psychiques nécessitant des soins immédiats auxquels l'état de la personne ne lui permettait pas de consentir : - le premier, signé par le docteur [G], parlait d’agitation et de troubles du comportement (AVP) sur rupture thérapeutique, avec délire de persécution, - le second, signé par le docteur [T], reprenait la notion d’accident sur la voie publique et parlait de mise en danger, avec des troubles à type de persécution. La décision d'admission du 02 octobre 2025 prise par le directeur d'établissement était notifiée le 03 octobre 2025 (monsieurb [S] écrivait qu’il n’était pas d’accord avec la mesure). La période d'observation donnait lieu à l'établissement de deux certificats médicaux : - le premier, signé le 03 octobre 2025 par le docteur [Z], évoquait une accélération psychomotrice et l’absence de critique des troubles, avec un refus actif des traitements, - le second, signé le 04 octobre 2025 par le docteur [C], reprenait la notion d’accélération, avec des éléments délirants angoissants, sans aucune conscience des troubles. L'hospitalisation était maintenue par décision du directeur d'établissement du 04 octobre 2025, notifiée le 05 octobre 2025. Lors de l'audience tenue en présence du juge des libertés et de la détention, l'établissement tendait au maintien de la mesure d'hospitalisation. Monsieur [S] disait aller parfaitement bien ; il estimait l’hospitalisation abusive et pensait que ses parents devraient, eux, se faire soigner. Il se disait d’accord pour suivre des soins chez lui (au besoin en montrant en visio qu’il prenait son traitement) et disait que l’hôpital l’angoissait. Son conseil ne soulevait pas de difficultés sur la procédure et relayait sur le fond la parole de son client dans le sens de la mainlevée de la mesure d'hospitalisation complète. MOTIFS DE LA DÉCISION Attendu que l'hospitalisation sans son consentement d'une personne atteinte de troubles affectant son état mental constitue une atteinte à sa liberté individuelle qui doit être limitée à sa protection et à celle des tiers auxquels elle pourrait porter préjudice ; Attendu que la loi n'autorise le directeur d'un établissement public de santé mentale à admettre une personne en soins psychiatriques sans consentement que si les troubles qu'elle présente rendent ledit consentement impossible et imposent des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante (hospitalisation complète) ou régulière (hospitalisation partielle ou programme de soins, ambulatoires ou à domicile) ; Attendu que le juge des libertés et de la détention contrôle la régularité formelle de la procédure de soins psychiatriques sans consentement sous la forme de l’hospitalisation complète et s'assure que les restrictions à la liberté individuelle de la personne sont adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement ; qu'il ne peut se substituer à l'autorité médicale pour ce qui concerne l'évaluation du consentement, le diagnostic et les soins ; Attendu qu'en l'espèce les éléments médicaux, les décisions et leur notification permettent de retenir la régularité de la procédure, au demeurant non contestée ; Attendu ensuite qu'il résulte du dossier que monsieur [S] présentait lors de son admission des troubles psychiques nécessitant des soins immédiats auxquels son état ne lui permettait pas de consentir ; que le dernier avis médical signé le 07 octobre 2025 par le docteur [D] préconise le maintien de l'hospitalisation complète et décrit un discours avec des éléments délirants interprétatifs ainsi qu’une désorganisation de la pensée et un déni total des troubles ; Attendu que c’est ce qu’a pu constater le juge lors de l’audience, tout en étant désolé des angoisses liées pour monsieur [S] à l’hospitalisation ; que le juge ne peut ainsi aller à l’encontre de l’avis médical et dira que la mesure peut être maintenue en l’état ; Attendu que l'ensemble des informations figurant dans ce dossier établit que la persistance des symptômes de la pathologie dont souffre monsieur [S] rend pour l'instant impossible son consentement sur la durée et impose dès lors la poursuite de soins assortis d’une surveillance médicale constante sous la forme de l'hospitalisation complète ; PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, par décision rendue en premier ressort, Autorisons le maintien de l’hospitalisation complète de monsieur [H] [S] au CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE DE [Localité 2] [Localité 5], Rappelons que l'appel de cette décision est possible dans un délai de 10 jours à compter du jour de réception de sa notification par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel de [Localité 3], Rappelons que la présente décision est assortie de plein droit de l’exécution provisoire, Laissons les dépens à la charge du Trésor public. La greffière Le juge Célia DEMAREST François PERNOT Copie conforme de la présente ordonnance a été délivrée le 09 Octobre 2025 à : - M. [H] [S] - Me Alixia TRAINEAU - M. le Procureur de la République - Monsieur le Directeur du CH UNIVERSITAIRE DE [Localité 2] ST-JACQUES Avis de la présente ordonnance a été donné à : - Madame [E] [S] La Greffière,
Avocats intervenants
Citations
Aucune citation répertoriée pour cette décision.
Décisions connexes
Aucune décision similaire identifiée pour le moment.
Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- Juge libertés & détention
- Date
- 9 octobre 2025
Référence
68e88b3d3ea43407b9fba348
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
- Analyse IA