Tribunal JudiciaireJLD
Tribunal Judiciaire · JLD — 7 avril 2026
- ECLI
- 69d811f8cdc6046d47b0ed9d
- Date
- 7 avril 2026
Droit des personnesDroits attachés à la personneDemande de contrôle obligatoire périodique de la nécessité d'une mesure d'hospitalisation complète
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Texte intégral
Cour d'appel de Versailles Tribunal Judiciaire de Pontoise N° RG 26/00612 - N° Portalis DB3U-W-B7K-PIVT MINUTE N° : ORDONNANCE DE MAINTIEN DE L'HOSPITALISATION COMPLETE (PROCEDURE DE SAISINE OBLIGATOIRE) Articles L3211-12-1 et R3211-9 et suivants du code de la santé publique -------------------- Le 07 Avril 2026, Anne-Sophie SAMAKÉ, Juge au Tribunal Judiciaire de Pontoise, assistée de Dominique LARROQUE, greffier, statuant publiquement au Centre Hospitalier d'Argenteuil, par ordonnance contradictoire et en premier ressort, a rendu l'ordonnance dont la teneur suit. Demandeur : M. LE DIRECTEUR DE [Localité 1] D'[Localité 2] Non comparant Sur la mesure concernant : Madame [P] [S] née le 26 Septembre 1984 à [Localité 3] (SEINE-[Localité 4]), demeurant Cher Monsieur [W] [C], [Adresse 1] non Assisté d'un conseil en raison de la grève des avocats Actuellement hospitalisé au Centre Hospitalier d'[Localité 2] Comparant [Localité 5] : Monsieur [Y] [S], demeurant [Adresse 2] Non comparant MOTIFS DE LA DECISION : Madame [P] [S] a été admise en soins psychiatriques sans consentement le 27 mars 2026, par une décision prise par le directeur d'établissement, en urgence à la demande d'un tiers (son père), sur le fondement d'un certificat médical. Par requête enregistrée le 3 avril 2026, le directeur d'établissement a saisi le magistrat désigné du tribunal judiciaire dans le cadre du contrôle obligatoire de la mesure prévu à l'article L. 3211-12-1 du code de la santé publique. L'avis du ministère public en date du 3 avril 2026 est versé aux débats. Il est sollicité le maintien de la mesure. L'audience s'est tenue le 7 avril 2026 dans la salle d'audience de l'hôpital, en audience publique. A l'audience, Madame [P] [S] explique qu'elle est hospitalisée pour que ses parents soient rassurés. Elle explique qu'elle s'est convertie à la religion juive. Cela a fait peur à ses parents. Elle déclare que l'hospitalisation est compliquée. Elle ajoute qu'elle s'est faite agressée sexuellement par une femme dans la nuit. Elle a crié mais personne n'est venue la secourir. Elle explique qu'un coup lui a été porté à la tête. Elle est revenue sur son enfance difficile. Elle déclare prendre son traitement mais souhaiter avoir un nouvel avis. Elle souhaite ne plus être hospitalisée. Elle lit un courrier qu'elle a écrit. *** L'office du juge judiciaire implique un contrôle relatif à la fois à la régularité de la décision administrative d'admission en soins psychiatriques sans consentement et au bien-fondé de la mesure, en se fondant sur des certificats médicaux. Dans l'exercice de son office, le juge ne saurait se substituer au médecin dans l'appréciation de l'état mental du patient et de son consentement aux soins. S'agissant du bien-fondé de la mesure, il résulte de l'article L. 3211-3 du code de la santé publique que lorsqu'une personne atteinte de troubles mentaux fait l'objet de soins psychiatriques sans consentement ou est transportée en vue de ces soins, les restrictions à l'exercice de ses libertés individuelles doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis. En toutes circonstances, la dignité de la personne doit être respectée et sa réinsertion recherchée. Il résulte de l'article L. 3216-1 du code de la santé publique que l'irrégularité affectant une décision administrative de soins psychiatriques sans consentement n'entraîne la mainlevée de la mesure que s'il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en fait l'objet. En application de l'article L.3212-3 du code de la santé publique, lorsqu'il existe un risque grave d'atteinte à l'intégrité du malade, le directeur d'un établissement mentionné à l'article L. 3222-1 peut, à titre exceptionnel, prononcer à la demande d'un tiers l'admission en soins psychiatriques d'une personne malade au vu d'un seul certificat médical émanant, le cas échéant, d'un médecin exerçant dans l'établissement. Dans ce cas, les certificats médicaux mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l'article L. 3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts. Il est rappelé que les conditions d'urgence et de risque d'atteinte à l'intégrité doivent être caractérisées lors de l'admission mais non lors des prolongations des mesures. En raison d'un mouvement de grève du barreau de Pontoise, depuis le 1er avril 2026, aucun avocat n'était présent à l'audience. Dès lors, la demande de désignation d'un avocat commis d'office n'a pu être suivie d'effet. Cette circonstance constitue un obstacle insurmontable à l'assistance d'un conseil En l'espèce, au regard des pièces produites, il est relevé que la procédure est régulière. Par ailleurs, s'agissant du bien-fondé de la mesure, les certificats médicaux détaillent avec précision les troubles dont souffre Madame [P] [S]. Il résulte de l'avis médical que la patiente est connue du secteur. Elle est calme. Elle rapporte un délire de persécution centré sur sa mère, à mécanisme interprétatif, aussi un délire mystique avec adhésion totale sans aucune critique. Elle est intolérante aux frustrations, dispersée, tachypsychique. Son comportement est fluctuant dans le service. Elle négocie les traitements. La poursuite de la mesure d'hospitalisation sous la forme actuelle est sollicitée. Cet avis médical est suffisamment précis pour justifier les restrictions à l'exercice des libertés individuelles de Madame [P] [S], qui demeurent adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis, l'intéressé se trouvant dans l'impossibilité de consentir aux soins en raison des troubles décrits, son état nécessitant des soins assortis d'une surveillance constante. En conséquence, il convient d'autoriser le maintien de Madame [P] [S] en hospitalisation complète. PAR CES MOTIFS Autorise le maintien de l'hospitalisation complète de Madame [P] [S]; Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ; Rappelle que conformément à l'article R 3211-18 et suivants du code de la santé publique la présente ordonnance est susceptible d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Versailles ([Courriel 1]) dans les dix jours à compter de sa notification. Le Greffier, La Juge, Notifications faites à : La personne hospitalisée par remise d'une copie contre émargement Signature de la personne hospitalisée Le Directeur d'établissement par remise d'une copie contre émargement Le Ministère public Le greffier
Articles de loi cités
article L.3212-3 du code de la santé publiquearticle L. 3211-3 du code de la santé publique que lorsarticle L. 3216-1 du code de la santé publique que l
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- JLD
- Date
- 7 avril 2026
- Matière
- Droit des personnes
Référence
69d811f8cdc6046d47b0ed9d
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel