Tribunal Judiciaire · Annexe Rue de Crosne — 18 mai 2026
- ECLI
- 6a0b7720cdc6046d471ea788
- Date
- 18 mai 2026
- Condamnation
- 380 647 €
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IAFaits
EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE Par acte sous seing privé en date du 1er mars 2021, la SA 3F NORMANVIE venant aux droits de la société IMMOBILIÈRE BASSE SEINE, a donné à bail à Mme [Q] [F] un logement situé 3, rue des Fougères, immeuble Le Bois Leroi à CANY BARVILLE (76450), moyennant un loyer mensuel initial de 363,58 euros, outre une provision sur charges. Un commandement de payer la somme en principal de 1 238,58 euros du chef d’un arriéré de loyer et charges a été signifié à la locataire le 8 avril 2025. Le délai d’acquisition de la clause résolutoire étant parvenu à expiration sans que les causes du commandement n’aient été intégralement apurées, par acte du 27 août 2025, la SA 3F NORMANVIE a fait assigner Mme [Q] [F] devant le juge des contentieux de la protection aux fins de : -Constater la résiliation du contrat de location aux torts de Mme [Q] [F] par acquisition de la clause résolutoire ; -Ordonner en conséquence l’expulsion de Mme [Q] [F] ainsi que celle de toute personne introduite par elle dans les lieux ; -Ordonner que faute pour Mme [Q] [F] de ce faire, il sera procédé à son expulsion avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier si besoin est ; -Condamner Mme [Q] [F] au paiement de la somme principale de 1 423,38 euros au titre des arriérés de loyer et indemnités d’occupation dus au 16 juillet 2025, majorée des intérêts au taux légal à compter du commandement de payer ; -Condamner Mme [Q] [F] au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer et charges prévus contractuellement et révisable dans les mêmes conditions, à compter de la résiliation du bail et jusqu’à la date de libération effective des lieux ; -Condamner Mme [Q] [F] au paiement de la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; -Condamner Mme [Q] [F] au paiement des entiers dépens. À l’audience du 16 mars 2026, la SA 3F NORMANVIE était représentée par Maître [B], qui s’est rapportée à l’acte introductif d’instance et a actualisé la dette à la somme de 3 806,47 euros échéance du mois de février 2026 incluse. Mme [Q] [F], citée par procès-verbal de remise à étude, n’a pas comparu.
Texte intégral
DOSSIER N° RG 25/01550 N° Portalis DB2W-W-B7J-NJPA JUGEMENT REPUTE CONTRADICTOIRE ET EN PREMIER RESSORT TRIBUNAL JUDICIAIRE DE ROUEN JUGEMENT DU 18 MAI 2026 _____________________________________________________________________________________________ DEMANDERESSE : SA 3F NORMANVIE 5 rue Montaigne Imm. Le Carré Pasteur 76000 ROUEN représentée par Me Sandra GOSSELIN, avocat au barreau de ROUEN DEFENDERESSE : Mme [Q] [F] 3 rue des Fougères Immeuble Le Bois Leroi 76450 CANY BARVILLE non comparante, non représentée COMPOSITION DU TRIBUNAL Lors des débats à l'audience publique du 16 mars 2026 JUGE : Agnès PUCHEUS GREFFIÈRE : Marion POUILLE Le présent jugement a été signé par Madame Agnès PUCHEUS, Juge des Contentieux de la Protection et Madame Marion POUILLE, Faisant fonction de Greffier, lors du délibéré, prononcé par mise à disposition au greffe de la juridiction par application des dispositions de l'article 450 al 2 du Code de Procédure Civile. EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE Par acte sous seing privé en date du 1er mars 2021, la SA 3F NORMANVIE venant aux droits de la société IMMOBILIÈRE BASSE SEINE, a donné à bail à Mme [Q] [F] un logement situé 3, rue des Fougères, immeuble Le Bois Leroi à CANY BARVILLE (76450), moyennant un loyer mensuel initial de 363,58 euros, outre une provision sur charges. Un commandement de payer la somme en principal de 1 238,58 euros du chef d’un arriéré de loyer et charges a été signifié à la locataire le 8 avril 2025. Le délai d’acquisition de la clause résolutoire étant parvenu à expiration sans que les causes du commandement n’aient été intégralement apurées, par acte du 27 août 2025, la SA 3F NORMANVIE a fait assigner Mme [Q] [F] devant le juge des contentieux de la protection aux fins de : -Constater la résiliation du contrat de location aux torts de Mme [Q] [F] par acquisition de la clause résolutoire ; -Ordonner en conséquence l’expulsion de Mme [Q] [F] ainsi que celle de toute personne introduite par elle dans les lieux ; -Ordonner que faute pour Mme [Q] [F] de ce faire, il sera procédé à son expulsion avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier si besoin est ; -Condamner Mme [Q] [F] au paiement de la somme principale de 1 423,38 euros au titre des arriérés de loyer et indemnités d’occupation dus au 16 juillet 2025, majorée des intérêts au taux légal à compter du commandement de payer ; -Condamner Mme [Q] [F] au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer et charges prévus contractuellement et révisable dans les mêmes conditions, à compter de la résiliation du bail et jusqu’à la date de libération effective des lieux ; -Condamner Mme [Q] [F] au paiement de la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; -Condamner Mme [Q] [F] au paiement des entiers dépens. À l’audience du 16 mars 2026, la SA 3F NORMANVIE était représentée par Maître [B], qui s’est rapportée à l’acte introductif d’instance et a actualisé la dette à la somme de 3 806,47 euros échéance du mois de février 2026 incluse. Mme [Q] [F], citée par procès-verbal de remise à étude, n’a pas comparu. MOTIVATION Sur la résiliation du bail Sur la recevabilité de la demande La SA 3F NORMANVIE justifie avoir notifié une copie de l’assignation au représentant de l’État dans le département de la Seine-Maritime le 28 août 2025 soit plus de six semaines avant l’audience. Son action est donc recevable au regard des dispositions de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Sur le fond Aux termes de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. En l’espèce, un commandement de payer visant les dispositions légales et la clause résolutoire contenue dans le contrat de location a été signifié à Mme [Q] [F] le 8 avril 2025, lui accordant un délai de deux mois pour régler la dette. Il ressort du décompte produit par le bailleur que les causes du commandement de payer n’ont pas été intégralement apurées dans le délai de deux mois. Le bailleur est donc bien fondé à se prévaloir du jeu de la clause résolutoire et il convient de constater que le contrat de bail s’est trouvé résilié de plein droit le 9 juin 2025. Il convient, par conséquent, d'ordonner à Mme [Q] [F] ainsi qu'à tous les occupants de son chef, de quitter les lieux et, pour le cas où les lieux ne seraient pas libérés spontanément, d'autoriser la SA 3F NORMANVIE à faire procéder à l'expulsion de toute personne y subsistant. Cependant, dès lors qu'aucune circonstance ne justifie la réduction du délai prévu par l'article L. 412-1 du code des procédures civiles d'exécution, l'expulsion ne pourra avoir lieu qu'à l'expiration d'un délai de deux mois suivant la délivrance à la locataire d'un commandement de quitter les lieux. Sur l’indemnité d’occupation En cas de maintien dans les lieux de la locataire ou de tout autre occupant de son chef malgré la résiliation du bail, il convient de la condamner au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle d’un montant égal à celui du loyer et des charges qui auraient été dus en cas de poursuite du bail. L’indemnité d’occupation est payable et révisable dans les mêmes conditions que l’étaient le loyer et les charges, à partir du 9 juin 2025 et ne cessera d’être due qu’à la libération effective des locaux avec remise des clés à la SA 3F NORMANVIE ou à son mandataire. Sur la dette locative Aux termes de l’article 1353 du code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver tandis que celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement. L’article 1103 du même code prévoit, par ailleurs, que les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. En l’espèce, la SA 3F NORMANVIE verse aux débats un décompte arrêté au 11 mars 2026 dont il ressort que la dette est de 3 806,47 euros après déduction des frais de procédure. Mme [Q] [F] n’apportant aucun élément de nature à remettre en cause ce montant, il convient donc de la condamner à payer à la SA 3F NORMANVIE la somme de 3 806,47 euros au titre des loyers, charges et indemnité d'occupation, avec intérêts au taux légal à compter du 8 avril 2025 sur la somme de 1 238,58 euros et à compter de la signification de la présente décision pour le surplus. Sur les frais du procès Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge de l’autre partie. En l’espèce, Mme [Q] [F] qui succombe, est condamnée aux dépens. L’article 700 du code de procédure civile prévoit que le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou à défaut la partie qui succombe, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens et qu’il tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. En l’espèce, il y a lieu de condamner Mme [Q] [F] à payer à la SA 3F NORMANVIE la somme de 300 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile. PAR CES MOTIFS Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement mis à disposition au greffe, DÉCLARE la SA 3F NORMANVIE recevable en sa demande en résiliation de bail ; CONSTATE l’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail du 1er mars 2021 concernant le logement situé 3, rue des Fougères, immeuble Le Bois Leroi à CANY BARVILLE (76450), donné en location à Mme [Q] [F] et la résiliation de plein droit dudit bail à la date du 9 juin 2025 ; DIT que Mme [Q] [F] est occupante sans droit ni titre à compter de cette date ; DIT n’y avoir lieu à suspendre les effets de la clause résolutoire ; ORDONNE, en conséquence, à Mme [Q] [F] de libérer de sa personne, de ses biens ainsi que de tout occupant de son chef les lieux situés 3, rue des Fougères, immeuble Le Bois Leroi, à CANY BARVILLE (76450) ainsi que, le cas échéant, tous les lieux loués accessoirement au logement, dans un délai de huit jours à compter de la signification de la présente décision ; DIT qu’à défaut pour Mme [Q] [F] d’avoir volontairement libéré les lieux dans ce délai, la SA 3F NORMANVIE pourra, deux mois après un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de toute personne introduite de son chef, y compris le cas échéant avec le concours de la force publique et d’un serrurier ; AUTORISE la séquestration des biens et objets mobiliers se trouvant éventuellement dans les lieux lors de l’expulsion, soit sur place, soit dans un garde-meubles du choix des requérants, aux frais et risques de qui il en appartiendra ; CONDAMNE Mme [Q] [F] au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au loyer et charges qui auraient été dus en cas de poursuite du bail, soit 700,62 euros ; DIT que cette indemnité d’occupation, qui se substitue au loyer dès le 9 juin 2025, est payable et révisable dans les mêmes conditions que l’étaient le loyer et les charges jusqu’à libération effective des lieux et remise des clés au bailleur ou à son mandataire ; CONDAMNE Mme [Q] [F] à payer à la SA 3F NORMANVIE la somme de 3 806,47 euros avec intérêts au taux légal à compter du 8 avril 2025 sur la somme de 1 238,58 euros et à compter de la signification de la présente décision pour le surplus ; DIT n’y avoir lieu à accorder des délais de paiement ; CONDAMNE Mme [Q] [F] aux dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 8 avril 2025, de sa dénonciation à la CCAPEX, de la signification de l’assignation du 27 août 2025, et celui de la dénonciation de l’assignation en expulsion au représentant de l’État ; CONDAMNE Mme [Q] [F] à payer à la SA 3F NORMANVIE la somme de 300 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ; RAPPELLE que la présente décision est assortie de l’exécution provisoire de droit. LA GREFFIERE LA PRESIDENTE
Articles de loi cités
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- Annexe Rue de Crosne
- Date
- 18 mai 2026
- Matière
- Contrats
Référence
6a0b7720cdc6046d471ea788
Données disponibles
- Texte intégral