Tribunal Judiciaire · Chambre 6 - Référés Pdt — 26 mai 2026
- ECLI
- 6a1753b6cdc6046d47277c11
- Date
- 26 mai 2026
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IAFaits
EXPOSE DU LITIGE Madame [Q] [N], âgée de 43 ans au moment des faits, est suivie par le Docteur [Y], gynécologue. Le 27 novembre 2023, elle consulte pour des règles abondantes et des douleurs pelviennes. L’échographie révèle un utérus polymyomateux et un dispositif intra- utérin descendu. Le DIU est retiré et Madame [N] est adressée au Docteur [V] [G], gynécologue et chirurgien obstétrique, qui confirme l’indication d’hystérectomie par laparotomie. L’intervention est réalisée le 19 février 2024 à l’Hôpital Privé [Localité 2] par le Docteur [G]. Les suites immédiates sont marquées par un hématome pariétal, une fièvre à 38°C et des douleurs persistantes. Le 28 février 2024, Madame [N] consulte aux urgences où elle est examinée par le Docteur [D] [I], gynécologue et chirurgien obstétrique. Celle- ci constate un hématome en cours de résorption, une collection liquidienne et une CRP élevée à 52,2 mg/L, sans mise en place de traitement. Le 7 mars 2024, Madame [N] présente une désunion complète du fond vaginal nécessitant une reprise chirurgicale, réalisée par le Docteur [G]. Les douleurs, pertes et difficultés mictionnelles persistent dans les mois suivants. Le 27 septembre 2024, le Docteur [G] procède à une nouvelle intervention pour retirer un bourgeon charnu, identifié comme un fragment de paroi tubaire. Le 11 octobre 2024, la CRP atteint 92,2 mg/L et le scanner met en évidence une importante infiltration pelvienne avec collection péri- ovarienne. Le 17 octobre 2024, un second avis est sollicité auprès du Docteur [O], chirurgien obstétrique au CHU d’[Localité 8], qui suspecte un pyosalpinx. Madame [N] est hospitalisée du 18 au 20 octobre 2024 et opérée par coelioscopie : une salpingectomie droite, une annexectomie gauche et une réfection de la cicatrice vaginale sont réalisées. Les prélèvements concluent à une salpingite chronique bilatérale. Les consultations de suivi des 4 novembre et 2 décembre 2024 attestent d’une amélioration progressive, malgré une fatigue persistante. Madame [N] a été en arrêt de travail à plusieurs reprises en lien avec ces complications successives. Par actes des 30 mars et 2 avril 2026, Madame [Q] [N] a fait assigner en référé le Docteur [V] [G], gynécologue et chirurgien obstétrique, le Docteur [D] [F] [Z], gynécologue et chirurgien obstétrique, l’ONIAM, la CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADIE DE L’[Localité 1] et la S.A.S. HOPITAL PRIVE [Localité 2] afin d'obtenir, au visa de l’article 145 du code de procédure civile, l’organisation d’une expertise judiciaire avec mission proposée. À l’audience des référés du 28 avril 2026 à laquelle les débats se sont tenus, la demanderesse a repris le contenu de son assignation. Par des conclusions en défense, la S.A.S. HOPITAL PRIVE [Localité 2] a formulé des protestations et réserves et sollicite que soit désigné un expert spécialisé en chirurgie gynécologique avec la possibilité de s’adjoindre un sapiteur spécialisé en infectiologie. Par des conclusions en défense, Docteur [V] [G], gynécologue et chirurgien obstétrique, a formulé des protestations et réserves, a demandé une extension de la mission et que si la mesure d'expertise devait être ordonnée, a sollicité que l’expert dépose un pré-rapport permettant aux parties de faire valoir leurs observations dans un délai de 40 jours. La CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADIE DE L’[Localité 1] n'a pas comparu, indiquant par courrier en date du 31 mars 2026 qu'elle n'entendait pas intervenir à ce stade de la procédure et que la victime avait été prise en charge au titre du risque maladie. L’ONIAM n’a pas comparu. Docteur [D] [F] [Z], gynécologue et chirurgien obstétrique n’a pas comparu. Pour le surplus, il est renvoyé aux assignations et conclusions régulièrement déposées.
Texte intégral
LC / CS Ordonnance N° du 26 MAI 2026 Chambre 6 N° RG 26/00192 - N° Portalis DBZ5-W-B7K-KRBC du rôle général [Q] [N] c/ [V] [G] [D] [F] [Z] ONIAM CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADIE DE L’[Localité 1] S.A.S. HOPITAL PRIVE [Localité 2] ATE la SOCIETE CIVILE JAKUBOWICZ ET ASSOCIES GROSSES le , Me Julie RIGAULT - la SELARL AUVERJURIS , la SELAS LANTERO & ASSOCIES Copies électroniques : , Me Julie RIGAULT - la SELARL AUVERJURIS , la SELAS LANTERO & ASSOCIES Copies : - Expert (ccc) - Régie (ccc) - CPAM 03 (ccc) - Dossier TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 3] ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ rendue le VINGT SIX MAI DEUX MIL VINGT SIX, par Madame Laure CAMUS, Présidente du Tribunal judiciaire de CLERMONT-FERRAND assistée de Madame Charline SUCHEYRE, Greffière dans le litige opposant : DEMANDERESSE Madame [Q] [N] [Adresse 1] [Localité 4] représentée par la SELARL VERHAEGHE AVOCATE, avocats au barreau de ROUEN substituée par Me Julie RIGAULT, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND ET : DEFENDERESSES Madame [V] [G], gynécologue et chirurgien obstétrique [Adresse 2] [Localité 5] représentée par la SELAS LANTERO & ASSOCIES, avocats au barreau de CLERMONT-FERRAND Madame [D] [F] [Z], gynécologue et chirurgien obstétrique [Adresse 2] [Localité 5] non comparante, ni représentée ONIAM, prise en la personne de son représentant légal, [Adresse 3] [Adresse 4] [Localité 6] non comparante, ni représentée CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADIE DE L’[Localité 1], prise en la personne de son représentant légal, (courrier du 31/03/2026) [Adresse 5] [Localité 7] non comparante, ni représentée S.A.S. HOPITAL PRIVE [Localité 2], prise en la personne de son représentant légal, [Adresse 2] [Localité 5] représentée par la SOCIETE CIVILE JAKUBOWICZ ET ASSOCIES, avocats au barreau de LYON substituée par la SELARL AUVERJURIS, avocats au barreau de CLERMONT-FERRAND Après débats à l’audience publique du 28 Avril 2026, l’affaire a été mise en délibéré à ce jour, la décision étant rendue par mise à disposition au greffe. EXPOSE DU LITIGE Madame [Q] [N], âgée de 43 ans au moment des faits, est suivie par le Docteur [Y], gynécologue. Le 27 novembre 2023, elle consulte pour des règles abondantes et des douleurs pelviennes. L’échographie révèle un utérus polymyomateux et un dispositif intra- utérin descendu. Le DIU est retiré et Madame [N] est adressée au Docteur [V] [G], gynécologue et chirurgien obstétrique, qui confirme l’indication d’hystérectomie par laparotomie. L’intervention est réalisée le 19 février 2024 à l’Hôpital Privé [Localité 2] par le Docteur [G]. Les suites immédiates sont marquées par un hématome pariétal, une fièvre à 38°C et des douleurs persistantes. Le 28 février 2024, Madame [N] consulte aux urgences où elle est examinée par le Docteur [D] [I], gynécologue et chirurgien obstétrique. Celle- ci constate un hématome en cours de résorption, une collection liquidienne et une CRP élevée à 52,2 mg/L, sans mise en place de traitement. Le 7 mars 2024, Madame [N] présente une désunion complète du fond vaginal nécessitant une reprise chirurgicale, réalisée par le Docteur [G]. Les douleurs, pertes et difficultés mictionnelles persistent dans les mois suivants. Le 27 septembre 2024, le Docteur [G] procède à une nouvelle intervention pour retirer un bourgeon charnu, identifié comme un fragment de paroi tubaire. Le 11 octobre 2024, la CRP atteint 92,2 mg/L et le scanner met en évidence une importante infiltration pelvienne avec collection péri- ovarienne. Le 17 octobre 2024, un second avis est sollicité auprès du Docteur [O], chirurgien obstétrique au CHU d’[Localité 8], qui suspecte un pyosalpinx. Madame [N] est hospitalisée du 18 au 20 octobre 2024 et opérée par coelioscopie : une salpingectomie droite, une annexectomie gauche et une réfection de la cicatrice vaginale sont réalisées. Les prélèvements concluent à une salpingite chronique bilatérale. Les consultations de suivi des 4 novembre et 2 décembre 2024 attestent d’une amélioration progressive, malgré une fatigue persistante. Madame [N] a été en arrêt de travail à plusieurs reprises en lien avec ces complications successives. Par actes des 30 mars et 2 avril 2026, Madame [Q] [N] a fait assigner en référé le Docteur [V] [G], gynécologue et chirurgien obstétrique, le Docteur [D] [F] [Z], gynécologue et chirurgien obstétrique, l’ONIAM, la CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADIE DE L’[Localité 1] et la S.A.S. HOPITAL PRIVE [Localité 2] afin d'obtenir, au visa de l’article 145 du code de procédure civile, l’organisation d’une expertise judiciaire avec mission proposée. À l’audience des référés du 28 avril 2026 à laquelle les débats se sont tenus, la demanderesse a repris le contenu de son assignation. Par des conclusions en défense, la S.A.S. HOPITAL PRIVE [Localité 2] a formulé des protestations et réserves et sollicite que soit désigné un expert spécialisé en chirurgie gynécologique avec la possibilité de s’adjoindre un sapiteur spécialisé en infectiologie. Par des conclusions en défense, Docteur [V] [G], gynécologue et chirurgien obstétrique, a formulé des protestations et réserves, a demandé une extension de la mission et que si la mesure d'expertise devait être ordonnée, a sollicité que l’expert dépose un pré-rapport permettant aux parties de faire valoir leurs observations dans un délai de 40 jours. La CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADIE DE L’[Localité 1] n'a pas comparu, indiquant par courrier en date du 31 mars 2026 qu'elle n'entendait pas intervenir à ce stade de la procédure et que la victime avait été prise en charge au titre du risque maladie. L’ONIAM n’a pas comparu. Docteur [D] [F] [Z], gynécologue et chirurgien obstétrique n’a pas comparu. Pour le surplus, il est renvoyé aux assignations et conclusions régulièrement déposées. MOTIFS DE LA DÉCISION À titre liminaire, il y a lieu de rappeler que les demandes des parties tendant à voir « dire et juger » ou « donner acte » ne constituent pas des prétentions, hors les cas prévus par la loi, au sens des dispositions de l'article 4 du code de procédure civile, mais des moyens ou arguments au soutien des véritables prétentions, et ne donneront pas lieu à mention au dispositif. (ne pas toucher conforme aux faits de mon dossier) 1/ Sur la demande d’expertise L’article 145 du code de procédure civile dispose que « S'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé ». À l’appui de la demande d’expertise, il est notamment versé au dossier : - Courrier d’adressage du Dr [Y], gynécologue, au Dr [G] du 27 novembre 2023 - Hospitalisation du 19 février 2024 au 22 février 2024 – Hôpital Privé [Localité 2] – Hystérectomie inter-annexielle - Dossier d’hospitalisation - Compte rendu de consultation du Dr [F] - [Z], gynécologue chirurgien obstétrique, du 28 février 2024 - Résultats d’examens biologiques du 28 février 2024 - Hospitalisation du 7 mars 2024 au 9 mars 2024 – Hôpital Privé [Localité 2] – Reprise chirurgicale - Compte rendu opératoire du 7 mars 2024 - Hospitalisation du 27 septembre 2024 au 28 septembre 2024 – Hôpital Privé [Localité 2] – reprise chirurgicale et exérèse - résultats de prélèvement du 27 septembre 2024 - Résultats de prélèvements du 11 octobre 2024 - Compte rendu de scanner abdomino pelvien du 11 octobre 2024 - Compte rendu de consultation du Dr [W] [S], service de gynécologie obstétrique du CHU d’[Localité 8] du 17 octobre 2024 - Hospitalisation du 18 octobre 2024 au 20 octobre 2024 – CHU d’[Localité 8] – Drainage d’un pyosalpinx - Compte rendu opératoire du 18 octobre 2024 et dossier d’hospitalisation - Attestation employeur du 17 mars 2025 En l’espèce, les pièces produites permettent de mettre en évidence les souffrances que présente Madame [N] suite aux opérations réalisées par les Docteurs [V] [G], gynécologue et chirurgien obstétrique et [D] [F] [Z], gynécologue et chirurgien obstétrique à la S.A.S. HOPITAL PRIVE [Localité 2]. En effet, il ressort notamment du dossier d’hospitalisation du 19 février 2024 que Madame [N] avait signalé une intolérance aux fils résorbables : « Difficultés rencontrées lors de sa dernière opération : les fils résorbables ne se sont pas résorbés et la plaie s’est infectée. Consigne donnée d’en reparler avec le chirurgien avant l’opération ». Par ailleurs, il ressort du compte rendu de consultation du Dr [F] - [Z], gynécologue chirurgien obstétrique, du 28 février 2024 que Madame [N] présente dix jours après l’opération « des pertes vaginales inquiétantes pour elle, depuis le début et majorée récemment », « un gonflement péricicatriel / a eu un petit malaise le matin même ». « A l’examen ce jour : au spec : cicatrice fond vaginal très propre, aucun saignement visualisé. La paroi abdo laisse apparaitre un hématome en cours de résorption, il y a en plus une collection qui semble être liquidienne pure non inflammatoire évoquant un œdème péricicatriel, non douloureux ». Il est précisé une « CRP 57 » qui sera mesuré à 92,2 mg/L le 11 octobre 2024. En outre, il ressort du compte rendu opératoire du 7 mars 2024 que Madame [N] présente une « métrorragie brutale abondante, avec à l’examen clinique une désunion complète du fond vaginal et un saignement en nappe au niveau des berges. ». Le Docteur [V] [G] a alors pratiqué une « reprise de la suture du fond vaginal et évacuation de l’hématome pariétal par pertuis médian formé sur la cicatrice. ». Il ressort du compte rendu du scanner abdomino pelvien du 11 octobre 2024 une « importante infiltration de la région pelvienne avec individualisation d’une collection pelvienne d’allure plutôt hématique venant au contact du fond vaginal et s’étendant vers le haut en regard des régions latéropelvienne avec une collection principale relativement centrée sur l’atmosphère périovarienne gauche qui semble venir à proximité du fond vaginal et semble quelque peu hypertrophié comparativement au côté droit. ». Enfin, il ressort du compte rendu de consultation du Dr [W] [S], service de gynécologie obstétrique du CHU d’[Localité 8] du 17 octobre 2024, du compte rendu opératoire du 18 octobre 2024 et du dossier d’hospitalisation 18 octobre 2024 au 20 octobre 2024 qu’un pyosalpinx a été suspecté puis confirmé et que la patiente présentait une salpingite chronique bilatérale. Ces éléments, pris ensemble, soulèvent des interrogations légitimes quant à la prise en compte des antécédents de la patiente, à la conformité des soins postopératoires, à la surveillance de l’évolution infectieuse, à l’origine de la désunion vaginale, à la présence d’un fragment tubaire dans la cicatrice, et à la nécessité des ablations d’organes réalisées en octobre 2024. Dès lors, une expertise médicale judiciaire permettra d’apprécier contradictoirement l’état de santé de Madame [N], ainsi que d’évaluer les préjudices subis et la responsabilité éventuelle des Docteurs [V] [G], gynécologue et chirurgien obstétrique et [D] [F] [Z], gynécologue et chirurgien obstétrique et de l'établissement de santé. Madame [N] justifie donc d’un motif légitime pour voir ordonner, à ses frais avancés, cette mesure d’instruction. En conséquence, la demande sera accueillie dans les conditions reprises dans le dispositif de la présente décision. 2/ Sur les frais et les dépens Madame [N], demanderesse, supportera les dépens. PAR CES MOTIFS Le juge des référés statuant après débats en audience publique et en premier ressort, par ordonnance réputée contradictoire, prononcée par mise à disposition au greffe, ORDONNE une mesure d’expertise et commet pour y procéder : Le Docteur [P] [B] - expert près la cour d’appel de [Localité 9] – Demeurant [Adresse 6] [Localité 10] OU, A DEFAUT, [R] [J] [M] [L] - expert près la cour d’appel de [Localité 9] – [E] [Adresse 7] Port. : 06 73 99 11 07 Mèl : [Courriel 1] Avec mission, en se conformant aux règles du code de procédure civile, de : Après avoir recueilli les renseignements nécessaires sur l’identité de la victime et sa situation, les conditions de son activité professionnelle, son niveau scolaire s’il s’agit d’un enfant ou d’un étudiant, son statut et/ou sa formation s’il s’agit d’un demandeur d’emploi, son mode de vie antérieur à l’accident et sa situation actuelle, 1°) Convoquer Madame [Q] [N] dans le respect des textes en vigueur afin de procéder à un examen médical ; 2°) Se faire communiquer par la victime ou tout tiers détenteur, tous documents médicaux relatifs à l’événement (certificat médical initial, certificats de prolongation et de consolidation, autres certificats, radiographies, comptes rendus d’opération et d’examens, dossier médical) ; 3°) A partir des déclarations de la victime, au besoin de ses proches et de tout sachant, des documents médicaux fournis, décrire en détail les lésions initiales, les modalités de traitement, en précisant le cas échéant les durées exactes d’hospitalisation, et pour chaque période d’hospitalisation, le nom de l’établissement, les services concernés et la nature des soins ; 4°) Recueillir les doléances de Madame [Q] [N] et au besoin de ses proches, l’interroger sur les conditions d’apparition des lésions, l’importance des douleurs, la gêne fonctionnelle subie et leurs conséquences ; 5°) Décrire au besoin un état antérieur en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les lésions ou leurs séquelles ; 6°) Décrire l'état médical de Madame [Q] [N] avant les actes litigieux ; 7°) Décrire les soins et interventions dont la victime a été l'objet, en les rapportant à leurs auteurs, à savoir distinguer expressément les soins et traitements prodigués par le personnel de la clinique et les soins dispensés par le médecin exerçant dans le cadre de son activité libérale ; 8°) Décrire l’évolution de l’état de santé et dire si cet état est la conséquence de l'évolution prévisible de la pathologie initiale, en prenant en considération les données relatives à l'état de santé antérieur, ou s'il s'agit d'un accident médical fautif ou non fautif, d’une affection iatrogène ou d’une infection nosocomiale ; 9°) En cas d’accident médical non fautif : Déterminer l’origine et préciser en quoi cet accident médical eu des conséquences anormales au regard de l’état de santé du patient et de l’évolution prévisible de cet état de santé conformément aux dispositions de l’article L.1142-1 II du code de la santé publique et en préciser la gravité ;Dire si ses conséquences étaient probables, attendues ou redoutées ;Dire si la conduite de diagnostic et thérapeutique de ces complications a été conforme aux règles de l’art et aux données actuelles de la science ; 10°) En cas d’infection : Préciser à quelle date ont été constatés les premiers signes, a été porté le diagnostic et a été mise en œuvre la thérapeutique,Dire quels sont les types de germes identifiés, Dire, le cas échéant, quel acte médical ou paramédical a été rapporté comme étant à l'origine de cette infection et par qui il a été pratiqué, Déterminer l’origine de l’infection présentée, si cette infection est de nature exogène ou endogène, Déterminer les causes possibles de cette infection, notamment si elle a pour origine une cause étrangère et extérieure au lieu où ont été dispensés les soins,Préciser s’il s’agit de l'aggravation d'une infection en cours ou ayant existé ;Préciser s’il s’agit d'une infection nosocomiale,Si toutes les précautions ont été prises en ce qui concerne les mesures d'hygiène prescrites par la réglementation en matière de lutte contre les infections nosocomiales, dans la négative dire quelle norme n'a pas été appliquée,Si les moyens en personnel et matériel mis en œuvre aux moments des actes mis en cause correspondaient aux obligations prescrites en matière de sécurité,Si le patient présentait des facteurs de vulnérabilité susceptibles de contribuer à la survenue et au développement de cette infection,Préciser si cette infection aurait pu survenir en dehors de tout séjour dans une structure réalisant des actes de soins, de diagnostic ou de prévention (infection communautaire),Préciser si la pathologie, ayant justifié l’hospitalisation initiale ou les thérapeutiques mises en œuvre, est susceptible de complications infectieuses,Dans l’affirmative, en préciser la nature, la fréquence et les conséquences,Préciser si cette infection présentait un caractère inévitable,Préciser si la conduite diagnostique et thérapeutique de cette infection a été conforme aux règles de l’art et aux données acquises de la science médicale à l’époque où ces soins ont été dispensés, En cas de réponse négative à cette dernière question, faire la part entre l'infection stricto sensu le cas échéant et les conséquences du retard de diagnostic et de traitement,Procéder à une distinction de ce qui est la conséquence directe de cette infection et de ce qui procède de l’état pathologique intercurrent ou d’un éventuel état antérieur,Se faire communiquer par les établissements de soins en cause les protocoles et comptes rendus du CLIN, les protocoles d’hygiène et d’asepsie applicables, les enquêtes épidémiologiques effectuées au moment des faits litigieux ainsi que tous documents utiles ; 11°) Dire si les actes médicaux étaient indiqués, en précisant une éventuelle difficulté à poser le diagnostic ; 12°) Donner un avis sur la ou les origines des problèmes survenus ; 13°) Déterminer si les soins ont été consciencieux, attentifs, diligents et dispensés selon les règles de l'art et les données acquises de la science médicale à l'époque des faits, en précisant une éventuelle difficulté à poser le diagnostic ; 14°) Dans la négative : Analyser de façon précise, détaillée et motivée, la nature des erreurs ou autres défaillances fautives relevées, Indiquer le ou les auteurs,Préciser leurs conséquences au regard de l’état initial du plaignant comme de l’évolution prévisible de celui-ci ; 15°) Donner un avis sur l’existence ou non d’un lien de causalité entre le ou les manquements thérapeutiques éventuellement relevés et l’état de santé dont se plaint Madame [Q] [N], en tenant compte d’un éventuel état antérieur et de suites normales des soins nécessaires, et en précisant si le lien de causalité est direct et certain ; 16°) Rechercher si un quelconque manquement relatif à l'organisation du service, au contrat d'hospitalisation et notamment aux soins paramédicaux dispensés à Madame [Q] [N], aux informations qui lui ont été communiquées s’agissant des risques encourus et aux obligations posées par la règlementation en vigueur notamment en matière de lutte contre les infections nosocomiales pourrait être reproché au Docteur [V] [G], gynécologue et chirurgien obstétrique, au Docteur [D] [F] [Z], gynécologue et chirurgien obstétrique et à la S.A.S. HOPITAL PRIVE [Localité 2] ; 17°) Procéder, en présence des médecins mandatés par les parties avec l’assentiment de la victime, à un examen clinique détaillé de Madame [Q] [N] ; 18°) A l’issue de cet examen, analyser dans un esprit précis et synthétique : - La réalité des lésions initiales ; - La réalité de l’état séquellaire ; - L’imputabilité directe et certaines des séquelles aux lésions initiales en précisant au besoin l’incidence d’un état antérieur ; - Puis en ne s’attachant qu’à la seule part imputable aux éventuels manquements, accidents médicaux, affections iatrogènes ou infections nosocomiales identifiés c’est-à-dire en ignorant les éléments de préjudice se rattachant soit aux suites normales, soit à l’état antérieur, soit à l’intervention d’autres praticiens) procéder au chiffrage des différents postes de préjudice selon les distinctions suivantes : 1. - Dépenses de santé actuelles Décrire tous les soins médicaux mis en œuvre jusqu’à la consolidation en précisant leur imputabilité, leur nature et leur coût ; 2.- Pertes de gains professionnels actuels Indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité d’exercer totalement ou partiellement son activité professionnelle, et en cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée, préciser la durée des arrêts de travail retenus par l’organisme social au vu des justificatifs produits (exemple : décompte de l’organisme de sécurité social) et dire si ces arrêts de travail sont liés au fait dommageable ; 3. - Déficit fonctionnel temporaire Indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles, et en cas d’incapacité partielle préciser le taux et la durée ; 4. - Consolidation Fixer la date de consolidation, qui est le moment où les lésions se fixent et prennent un caractère permanent tel qu’un traitement n’est plus nécessaire, si ce n’est pour éviter une aggravation ; en absence de consolidation dire à quelle date il conviendra de revoir la victime ; préciser lorsque cela est possible, les dommages prévisibles pour l’évaluation d’une éventuelle provision ; 5. - Déficit fonctionnel permanent Indiquer si, après la consolidation, la victime subit un déficit fonctionnel, en évaluer l’importance et en chiffrer le taux ; dans l’hypothèse d’un état antérieur, préciser en quoi l’accident a eu une incidence sur cet état antérieur et en décrire les conséquences ; 6. - Assistance par tierce personne Indiquer si l’assistance constante ou occasionnelle d’une tierce personne (étrangère ou non à la famille) est, ou a été, nécessaire pour effectuer les démarches et plus généralement pour accomplir les actes de la vie quotidienne, et préciser la nature de l’aide à prodiguer et sa durée quotidienne ; 7. - Dépenses de santé futures Décrire les soins futurs et les aides techniques compensatoires au handicap de la victime (prothèses, appareillages spécifiques, véhicule, soins postérieurs) en précisant la fréquence de leur renouvellement ; 8. - Frais de logement et/ou de véhicules adaptés Donner son avis sur d’éventuels aménagements nécessaires pour permettre, le cas échéant, à la victime d’adapter son logement et/ou son véhicule à son handicap ; 9. - Pertes de gains professionnels futurs Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne l’obligation pour la victime de cesser totalement ou partiellement son activité professionnellement ou de changer d’activité professionnelle ; 10. - Incidence professionnelle Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne d’autres répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future (obligation de formation pour un reclassement professionnel, pénibilité accrue dans son activité, “dévalorisation” sur le marché du travail, etc) ; 11. - Préjudice scolaire, universitaire ou de formation Si la victime est scolarisée ou en cours d’études, dire si, en raison des lésions consécutives au fait traumatique, elle subit une perte d’année scolaire, universitaire ou de formation, l’obligeant, le cas échéant, à se réorienter ou à renoncer à certaines formations ; 12. - Souffrances endurées Décrire les souffrances physiques, psychiques ou morales découlant des blessures subies pendant la maladie traumatique (avant consolidation) et les évaluer distinctement dans une échelle de 1 à 7 ; 13. - Préjudice esthétique temporaire et/ou définitif Donner son avis sur l’existence, la nature ou l’importance du préjudice esthétique, en distinguant éventuellement le préjudice temporaire et le préjudice définitif. Evaluer distinctement les préjudices temporaire et définitif sur une échelle de 1 à 7 ; 14. - Préjudice sexuel Indiquer s’il existe ou s’il existera un préjudice sexuel (perte ou diminution de la libido, impuissance ou frigidité, perte de fertilité) ; 15. - Préjudice d’établissement Dire si la victime subit une perte d’espoir ou de chance de réaliser un projet de vie familiale ; 16. - Préjudice d’agrément Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si la victime est empêchée en tout ou partie de se livrer à des activités spécifiques de sport ou de loisir ; 17. - Préjudices permanents exceptionnels Dire si la victime subit des préjudices permanents exceptionnels correspondant à des préjudices atypiques directement liés aux handicaps permanents ; 19°) Dire si l’état de la victime est susceptible de modification en aggravation ; dans l’affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel il devra y être procédé ; 20°) Etablir un état récapitulatif de l’ensemble des postes énumérés dans la mission ; 21°) Plus généralement, donner tout élément utile. DIT que l’expert pourra s’adjoindre tout spécialiste de son choix dans une spécialité autre que la sienne, à charge pour lui d’en informer préalablement les parties, le magistrat chargé du contrôle des expertises et de joindre l’avis du sapiteur à son rapport, DIT que si le sapiteur n’a pas pu réaliser ses opérations de manière contradictoire, son avis devra être immédiatement communiqué aux parties par l’expert, DIT que l’expert fera connaître sans délai son acceptation, qu’en cas de refus ou d’empêchement légitime, il sera pourvu aussitôt à son remplacement, DIT que l’expert commis pourra sur simple présentation de la présente ordonnance requérir la communication, soit par les parties, soit par des tiers de tous documents relatifs à cette affaire, DIT que l’expert commis, saisi par le greffe, devra accomplir sa mission en présence des parties ou elles dûment convoquées, les entendre en leurs dires et explications, en leur impartissant un délai de rigueur pour déposer leurs dires écrits et fournir leurs pièces justificatives, DIT que Madame [Q] [N] fera l’avance des frais d’expertise et devra consigner au greffe une provision de DEUX MILLE EUROS (2.000,00 €) TTC avant le 31 juillet 2026, RAPPELLE qu’à défaut de consignation dans le délai et selon les modalités imparties, la désignation de l’expert sera caduque à moins que le juge, à la demande d’une des parties se prévalant d’un motif légitime, ne décide une prorogation du délai ou un relevé de la caducité, DIT que l’expert devra commencer ses opérations d’expertise dès qu’il sera averti que les parties ont consigné la provision mise à leur charge, DIT que lors de la première réunion d’expertise laquelle devra se dérouler dans un délai maximum de deux mois à compter de l’avis donné par le greffe de la consignation de la provision, l’expert devra, en concertation avec les parties, dresser un programme de ses investigations, et proposer d’une manière aussi précise que possible le montant prévisible de ses honoraires, de ses frais et débours, ainsi que la date de dépôt du rapport avant d’adresser ces informations au juge chargé du contrôle de l’expertise, à l’appui d’une demande d’ordonnance complémentaire fixant le montant de la provision complémentaire ainsi que le délai prévu pour le dépôt du rapport, DIT que l’expert commis devra communiquer aux parties et à leur conseil respectif un pré-rapport contenant l’ensemble de ses appréciations littérales et chiffrées, ainsi que l’ensemble de ses conclusions, au moins un mois avant la date de dépôt du rapport d’expertise, en invitant les parties à présenter leurs observations, DIT qu’après avoir répondu de façon appropriée aux éventuelles observations formulées par les parties, l’expert commis devra déposer au greffe un rapport définitif de ses opérations dans un délai de 8 mois à compter de l’avis donné par le greffe de la consignation de la provision, sauf prorogation des opérations dûment autorisée par le juge sur demande de l’expert, DÉSIGNE le magistrat chargé du contrôle des expertises pour suivre les opérations d’expertise et statuer sur tous incidents, LAISSE les dépens à la charge de Madame [Q] [N], RAPPELLE que la présente décision est exécutoire à titre provisoire. La Greffière, La Présidente,
Articles de loi cités
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- Chambre 6 - Référés Pdt
- Date
- 26 mai 2026
- Matière
- Responsabilité et quasi-contrats
Référence
6a1753b6cdc6046d47277c11
Données disponibles
- Texte intégral