Tribunal Judiciaire · Ch4.3 JCP — 21 mai 2026
- ECLI
- 6a1df5d8cdc6046d47c23449
- Date
- 21 mai 2026
- Condamnation
- 201 220 €
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IAFaits
EXPOSE DU LITIGE : Par contrat de bail en date du 15 décembre 2021 consenti par la société Un Toit Pour Tous Développement, Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] ont pris en location un logement situé 146 rue du Progrès à Seyssinet-Pariset. Par acte de commissaire de justice en date du 2 décembre 2025, la société Un Toit Pour Tous Développement a fait assigner en référé Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de GRENOBLE aux fins de voir: -constater l'acquisition de la clause résolutoire d'expulsion insérée au bail, -ordonner l'expulsion de Madame [G] [T] et de Monsieur [U] [T] ainsi que tout occupant de leur chef, au besoin avec le concours de la force publique, -condamner solidairement les locataires à lui payer à titre provisionnel: la somme de 1375,57 euros à valoir sur l'arriéré des loyers arrêté au 18 novembre 2025,une indemnité d'occupation d'un montant égal au montant du loyer et des charges qui auraient été payés en l'absence de résiliation du bail et ce jusqu'à la libération effective des lieux, -condamner solidairement Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] aux entiers dépens ainsi qu'au paiement de la somme de 500 euros en application de l'article 700 du Code de Procédure Civile. A l'audience du 3 février 2026, la société Un Toit Pour Tous Développement actualise sa créance à valoir sur les loyers, charges et indemnités d'occupation dus au 2 février 2026 à la somme de 2012,20 euros. Bien que régulièrement assignés par acte remis suivant les dispositions de l'article 656 du code de procédure civile, les défendeurs n’ont pas comparu, Monsieur [T] s’est pourtant rendu au rendez vous d’enquête sociale de l’UDAF durant lequel il a indiqué que suite à un accident il avait des difficultés à gérer les charges. A l’issue de l’audience, la décision a été mise en délibéré au 30 avril 2026 par mise à disposition au greffe puis prorogée au 21 mai 2026.
Texte intégral
4ème CHAMBRE CIVILE - 4.3 JCP REFERES DOSSIER N° RG 25/02066 - N° Portalis DBYH-W-B7J-MYYA AFFAIRE : S.A.S. UN TOIT POUR TOUS DEVELOPPEMENT C/ [T], [T] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE GRENOBLE 4ème CHAMBRE CIVILE - 4.3 JCP ORDONNANCE DE REFERE RENDUE LE 21 MAI 2026 Par Mme Alice DE LAFFOREST, Magistrat à titre temporaire chargée des contentieux de la protection au Tribunal judiciaire de GRENOBLE statuant en référé, assistée de Mme Mélinda RIBON, Greffier ; ENTRE : DEMANDERESSE SAS UN TOIT POUR TOUS DEVELOPPEMENT, dont le siège social est sis 17 B Avenue Salvador Allende - 38130 ECHIROLLES représentée par Maître Cécile RICARD de la SCP RICARD, avocat au barreau de GRENOBLE D’UNE PART ET : DEFENDEURS Madame [G] [T] née le 11 Août 1962, demeurant 146 Rue du Progrès - 2ème étage - droite - 38170 SEYSSINET-PARISET non comparante Monsieur [U] [T] né le 25 Mai 1985, demeurant 146 Rue du Progrès - 2ème étage - droite - 38170 SEYSSINET-PARISET non comparant D’AUTRE PART A l’audience publique du 03 Février 2026 tenue par Mme Alice DE LAFFOREST, Magistrat à titre temporaire chargée des contentieux de la protection près le Tribunal Judiciaire de Grenoble, assistée de Mme Mélinda RIBON, Greffier ; Après avoir entendu l’avocat de la demanderesse en sa plaidoirie, l’affaire a été mise en délibéré et le prononcé de la décision renvoyé au 30 Avril 2026, prorogé au 21 Mai 2026, date à laquelle Nous, Juge des contentieux de la protection, avons rendu par mise à disposition au Greffe l’ordonnance dont la teneur suit : EXPOSE DU LITIGE : Par contrat de bail en date du 15 décembre 2021 consenti par la société Un Toit Pour Tous Développement, Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] ont pris en location un logement situé 146 rue du Progrès à Seyssinet-Pariset. Par acte de commissaire de justice en date du 2 décembre 2025, la société Un Toit Pour Tous Développement a fait assigner en référé Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de GRENOBLE aux fins de voir: -constater l'acquisition de la clause résolutoire d'expulsion insérée au bail, -ordonner l'expulsion de Madame [G] [T] et de Monsieur [U] [T] ainsi que tout occupant de leur chef, au besoin avec le concours de la force publique, -condamner solidairement les locataires à lui payer à titre provisionnel: la somme de 1375,57 euros à valoir sur l'arriéré des loyers arrêté au 18 novembre 2025,une indemnité d'occupation d'un montant égal au montant du loyer et des charges qui auraient été payés en l'absence de résiliation du bail et ce jusqu'à la libération effective des lieux, -condamner solidairement Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] aux entiers dépens ainsi qu'au paiement de la somme de 500 euros en application de l'article 700 du Code de Procédure Civile. A l'audience du 3 février 2026, la société Un Toit Pour Tous Développement actualise sa créance à valoir sur les loyers, charges et indemnités d'occupation dus au 2 février 2026 à la somme de 2012,20 euros. Bien que régulièrement assignés par acte remis suivant les dispositions de l'article 656 du code de procédure civile, les défendeurs n’ont pas comparu, Monsieur [T] s’est pourtant rendu au rendez vous d’enquête sociale de l’UDAF durant lequel il a indiqué que suite à un accident il avait des difficultés à gérer les charges. A l’issue de l’audience, la décision a été mise en délibéré au 30 avril 2026 par mise à disposition au greffe puis prorogée au 21 mai 2026. MOTIFS DE LA DECISION : Sur la recevabilité de la demande : Conformément aux dispositions de l'article 24 de la Loi N°89-462 du 6 juillet 1989, l'assignation en date du 2 décembre 2025 a été notifiée au représentant de l’État dans le département dont il est justifié par un accusé de réception électronique du 2 décembre 2025. En application du même article, les bailleurs personnes morales autres qu'une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus ne peuvent faire délivrer, sous peine d'irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de résiliation du bail avant l'expiration d'un délai de deux mois suivant la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives. Cette saisine est réputée constituée lorsque persiste une situation d'impayés, préalablement signalée dans les conditions réglementaires aux organismes payeurs des aides au logement en vue d'assurer le maintien du versement de ces aides. En l'espèce, le bailleur justifie de la saisine de la Commission de Coordination des expulsions locatives dans les délais légaux. La demande est donc recevable à ces égards. Sur la résiliation du bail : Le bail conclu par les parties contient une clause résolutoire prévoyant la résiliation de plein droit du contrat pour défaut de paiement des loyers après un commandement de payer resté infructueux. Un commandement de payer visant la clause résolutoire et rappelant les dispositions de l'article 24 de la Loi N°89-462 du 6 juillet 1989 et de l'article 6 de la Loi du 31 mai 1990 a été signifié aux locataires le 26 mars 2025 pour la somme de 1015,04 euros (hors frais) au titre de l'arriéré locatif arrêté à la date du 12 mars 2025. Il ressort des explications et justificatifs fournis par le bailleur que les loyers et les charges n'ont pas été régulièrement et intégralement payés. En outre, les causes de ce commandement de payer sont demeurées impayées pendant plus de deux mois. En conséquence, la résiliation de plein droit du contrat de bail est acquise à compter du 26 mai 2025. Il y a lieu d'inviter les locataires à quitter les lieux et à défaut d'ordonner leur expulsion. Sur la créance du bailleur : En l'espèce, le décompte des sommes réclamées fait apparaître à la date du 2 février 2026, une dette locative, hors frais de procédure, d'un montant de 1 725,34 € au paiement de laquelle seront condamnés solidairement Madame [G] [T] et [T] et Monsieur [U] [T] à titre provisionnel, outre intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision. Il y a lieu de préciser que parmi les sommes réclamées, celles correspondant à la période suivant la résiliation du bail doivent être requalifiées en indemnité d'occupation. L'ancienneté et l'importance de l'arriéré, justifient que le bailleur puisse à nouveau disposer de son logement et il est donc fondé à réclamer la libération des lieux. Il y a lieu par conséquent de prévoir qu'à défaut de libération volontaire, les locataires pourront être expulsés dans les deux mois suivant un commandement de quitter les lieux resté infructueux en application de l'article L412-1 du code des procédures civiles d'exécution. Le bailleur est bien fondé à solliciter le paiement d'une indemnité d'occupation du fait du maintien dans les lieux de la locataire malgré la résiliation du bail. Cette indemnité d'occupation sera fixée au montant du loyer augmenté des charges, qui auraient été dus pendant la même période à défaut de résiliation du bail. Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] sera donc condamnés solidairement à titre provisionnel au paiement de cette indemnité d'occupation à compter de la résiliation du bail en date du 26 mai 2025 et jusqu'à la libération effective des lieux. Sur les dépens et frais irrépétibles : Conformément à l'article 696 du Code de procédure Civile, Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] seront condamnés solidairement aux dépens qui comprendront les frais de procédure, dont le commandement de payer en date du 26 mars 2025. L'équité commande de faire application des dispositions de l'article 700 du Code de procédure Civile. Une somme de 200 euros sera allouée de ce chef à la société Un Toit Pour Tous Développement. Cette somme ne produira pas intérêts. PAR CES MOTIFS : Nous, Juge des contentieux de la protection, statuant en référé, publiquement, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort, exécutoire par provision, CONSTATONS la résiliation de plein droit du bail liant les parties à la date du 26 mai 2025, DISONS que Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] devront libérer les lieux, ORDONNONS à défaut de départ volontaire, l'expulsion de Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] et de tout occupant de leur chef avec au besoin l’assistance de la force publique, du logement sis 146 rue du Progrès à Seyssinet-Pariset, FIXONS une indemnité d'occupation mensuelle due à compter du 26 mai 2025 égale au montant du loyer et des charges qui auraient été exigibles si le bail n'avait pas été résilié, et qui sera indexée selon les mêmes modalités que celles prévues pour le loyer au contrat de bail, CONDAMNONS solidairement à titre provisionnel Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] à payer à la société Un Toit Pour Tous Développement l'indemnité d'occupation comme fixée ci-avant jusqu'à libération effective des lieux, CONDAMNONS solidairement à titre provisionnel Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] à payer à la société Un Toit Pour Tous Développement, la somme de 1 725,34 € correspondant au montant des loyers, charges et indemnités d'occupation impayés au 2 février 2026 (mois de janvier 2026 compris) outre intérêts au taux légal à compter de la signification de la décision, DISONS que toute indemnité devenue exigible et non payée à terme produira des intérêts au taux légal à compter du 6 de chaque mois, CONDAMNONS in solidum Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] payer à la société Un Toit Pour Tous Développement la somme de 200 euros sans intérêt en application de l'article 700 du Code de procédure Civile, REJETONS toutes les autres demandes, CONDAMNONS in solidum Madame [G] [T] et Monsieur [U] [T] à supporter les dépens de l'instance comprenant le coût du commandement de payer en date du 26 mars 2025, AINSI JUGÉ ET PRONONCÉ PAR MISE À DISPOSITION AU GREFFE DE LA JURIDICTION LE 21 MAI 2026, LES PARTIES EN AYANT ÉTÉ AVISÉES CONFORMÉMENT AU DEUXIEME ALINEA DE L’ARTICLE 450 DU CODE DE PROCÉDURE CIVILE. LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
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Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- Ch4.3 JCP
- Date
- 21 mai 2026
- Matière
- Contrats
Référence
6a1df5d8cdc6046d47c23449
Données disponibles
- Texte intégral