Tribunal Judiciaire · TPX POI JCP REFERES — 26 mai 2026
- ECLI
- 6a21cf59cdc6046d472d227a
- Date
- 26 mai 2026
- Condamnation
- 533 420 €
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IAFaits
EXPOSE DU LITIGE La société 1001 VIES HABITAT a donné à bail à M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] un appartement à usage d’habitation et une cave situés [Adresse 4] [Adresse 5] [Adresse 6] par contrat du 13 mars 2023, moyennant un loyer mensuel qui était initialement de 639,07€ charges comprises. Un commandement de payer les loyers, visant la clause résolutoire et portant sur un arriéré locatif de 5147,70€ a été délivré à M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] le 4 avril 2025. Devant l'absence de régularisation, la société 1001 VIES HABITAT, par acte du 2 septembre 2025, dénoncé à la Préfecture des Yvelines le 3 septembre 2025, a fait assigner M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de POISSY afin d’obtenir : Le constat de la résiliation du bail par le jeu de la clause résolutoire ;L’expulsion de M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] et de tous occupants des lieux de leur chef ;La condamnation solidaire, à titre provisionnel, de M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] à lui payer une indemnité d’occupation correspondant au montant du loyer et des charges, jusqu’à la libération des lieux ;La condamnation solidaire, à titre provisionnel, de M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] à lui payer la somme de 5334,20€ au titre des arriérés de loyers et charges, échéance de juin 2025 incluse, avec intérêts au taux légal à compter du commandement ;La condamnation solidaire de M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] à lui payer la somme de 390€ au titre de l’article 700 du code de procédure civile et aux dépens. L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 24 mars 2026. La société 1001 VIES HABITAT, représentée par son conseil, maintient l'intégralité de ses prétentions, y compris le montant de sa créance actualisée au 23 mars 2026 à la somme de 3666,69€, échéance de février 2026 incluse. Elle ne s’oppose pas à l’octroi de délais de paiement suspensifs de la clause résolutoire aux défendeurs. M. [R] [U] comparait en personne et reconnait la dette locative, mais demande à se maintenir dans les lieux en payant le loyer courant, outre la somme de 250€ en règlement de l’arriéré. Il explique qu’il était initialement payé le 28 et que le loyer était prélevé le 5 du mois suivant, néanmoins il est dorénavant payé le 6 de chaque mois, ce qui explique les différents rejets de prélèvement figurant au décompte. Il précise avoir fait le nécessaire pour que les prélèvements aient désormais lieu le 8 de chaque mois. Il indique par ailleurs avoir eu des difficultés financières expliquant les impayés. Il perçoit un salaire de l’ordre de 2000€ tandis que Mme [C], qui travaille de nuit, perçoit 1900€. Ils ont quatre enfants à charge. Mme [J] [H] [C] ne comparait pas et ne se fait pas représenter. A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré à ce jour par mise à disposition au greffe dans les conditions prévues à l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile.
Texte intégral
N° de minute : TRIBUNAL DE PROXIMITE DE POISSY TPX POI JCP REFERES ORDONNANCE DE REFERE RENDUE LE 26 Mai 2026 N° RG 25/00137 - N° Portalis DB22-W-B7J-TN4X DEMANDEUR : S.A. 1001 VIES HABITAT [Adresse 1] [Localité 1] représentée par Me Karim-Alexandre BOUANANE, avocat au barreau de PARIS DEFENDEUR : M. [R] [U] [Adresse 2] [Adresse 3] [Localité 2] comparant Mme [J] [H] [C] [Adresse 2] [Adresse 3] [Localité 2] non comparante COMPOSITION DU TRIBUNAL : Président : Mme Myrtille SURAN Greffier : Mme Rosette SURESH Prononcé par mise à disposition au greffe le 26 Mai 2026 par Mme Myrtille SURAN, Juge des contentieux de la protection, assistée de Mme Rosette SURESH, Greffier présent lors du prononcé, lesquelles ont signé la minute de la présente ordonnance. Copie exécutoire à : Me BOUANANE Copie certifiée conforme à l’original à : M. [U] délivrée(s) le : EXPOSE DU LITIGE La société 1001 VIES HABITAT a donné à bail à M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] un appartement à usage d’habitation et une cave situés [Adresse 4] [Adresse 5] [Adresse 6] par contrat du 13 mars 2023, moyennant un loyer mensuel qui était initialement de 639,07€ charges comprises. Un commandement de payer les loyers, visant la clause résolutoire et portant sur un arriéré locatif de 5147,70€ a été délivré à M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] le 4 avril 2025. Devant l'absence de régularisation, la société 1001 VIES HABITAT, par acte du 2 septembre 2025, dénoncé à la Préfecture des Yvelines le 3 septembre 2025, a fait assigner M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de POISSY afin d’obtenir : Le constat de la résiliation du bail par le jeu de la clause résolutoire ;L’expulsion de M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] et de tous occupants des lieux de leur chef ;La condamnation solidaire, à titre provisionnel, de M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] à lui payer une indemnité d’occupation correspondant au montant du loyer et des charges, jusqu’à la libération des lieux ;La condamnation solidaire, à titre provisionnel, de M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] à lui payer la somme de 5334,20€ au titre des arriérés de loyers et charges, échéance de juin 2025 incluse, avec intérêts au taux légal à compter du commandement ;La condamnation solidaire de M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] à lui payer la somme de 390€ au titre de l’article 700 du code de procédure civile et aux dépens. L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 24 mars 2026. La société 1001 VIES HABITAT, représentée par son conseil, maintient l'intégralité de ses prétentions, y compris le montant de sa créance actualisée au 23 mars 2026 à la somme de 3666,69€, échéance de février 2026 incluse. Elle ne s’oppose pas à l’octroi de délais de paiement suspensifs de la clause résolutoire aux défendeurs. M. [R] [U] comparait en personne et reconnait la dette locative, mais demande à se maintenir dans les lieux en payant le loyer courant, outre la somme de 250€ en règlement de l’arriéré. Il explique qu’il était initialement payé le 28 et que le loyer était prélevé le 5 du mois suivant, néanmoins il est dorénavant payé le 6 de chaque mois, ce qui explique les différents rejets de prélèvement figurant au décompte. Il précise avoir fait le nécessaire pour que les prélèvements aient désormais lieu le 8 de chaque mois. Il indique par ailleurs avoir eu des difficultés financières expliquant les impayés. Il perçoit un salaire de l’ordre de 2000€ tandis que Mme [C], qui travaille de nuit, perçoit 1900€. Ils ont quatre enfants à charge. Mme [J] [H] [C] ne comparait pas et ne se fait pas représenter. A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré à ce jour par mise à disposition au greffe dans les conditions prévues à l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile. MOTIFS DE LA DECISION Sur la résiliation du bail Sur la recevabilité de l'action La CCAPEX des Yvelines a été saisie de la situation d’impayés le 22 mars 2024, soit plus de deux mois avant la délivrance de l'assignation, conformément aux dispositions de l'article 24 II de la loi du 6 juillet 1989 en vigueur depuis le 1er janvier 2015. Une copie de l’assignation a également été notifiée à la Préfecture des Yvelines le 3 septembre 2025, soit plus de six semaines avant l'audience, conformément aux dispositions de l'article 24 III de la loi du 6 juillet 1989, tel que modifié par la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l'occupation illicite. L'action est donc recevable. Sur le bien-fondé de la demande En vertu des articles 7a) et 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, tel que modifié par la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l'occupation illicite, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. Toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. Cependant, en l'absence de dispositions transitoires prévues dans le nouveau texte de loi, il doit être considéré qu’il ne s'applique pas immédiatement aux contrats en cours, qui demeurent régis par les stipulations des parties, telles qu'encadrées par la loi en vigueur au jour de la conclusion du bail, et ne peut avoir pour effet d'entraîner leur réfaction. En l'espèce, le bail signé par les parties contient une clause résolutoire qui prévoit qu’à défaut de paiement des loyers ou charges échus, deux mois après la délivrance d’un commandement de payer resté infructueux, le bail sera résilié de plein droit (article 14). Par acte de commissaire de justice du 4 avril 2025, le bailleur a fait commandement de payer la somme de 5147,70€ au titre des loyers et charges impayés. Ce commandement, remis à personne (pour M. [U]) et à domicile (pour Mme [C]), comporte les mentions obligatoires prescrites à peine de nullité à l’article 24 I de la loi du 6 juillet 1989. Les loyers n’ont pas été réglés par M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] dans les deux mois à compter de la délivrance du commandement. Il y a donc lieu de constater la résiliation du bail à compter du 5 juin 2025 et d’ordonner l’expulsion des occupants à l’expiration du délai de deux mois à compter de la signification du commandement de quitter les lieux. Le sort des meubles éventuellement laissés dans les lieux est spécifiquement organisé aux articles L. 433-1 et suivants, R. 433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution au titre des opérations d'expulsion. Il n'y a donc pas lieu d'ordonner leur enlèvement, leur transport ni leur séquestration, qui demeurent à ce stade purement hypothétiques. Sur la demande en paiement Aux termes de l'article 1353 du Code civil, il appartient à celui qui réclame l'exécution d'une obligation d'en rapporter la preuve. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation. La société 1001 VIES HABITAT produit un décompte démontrant que M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] restent devoir, après soustraction des frais de poursuite, la somme de 3666,69€ à la date du 23 mars 2026, échéance de février 2026 incluse. M. [R] [U] n’apporte aucun élément de nature à contester le principe ou le montant de la dette, qu’il reconnait d’ailleurs à l’audience. Cette créance n’étant pas sérieusement contestable, M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] seront donc condamnés solidairement, en application de la clause de solidarité stipulée au bail (article 17), au paiement à titre provisionnel de la somme de 3666,69€, avec les intérêts au taux légal à compter de la délivrance du commandement de payer du 4 avril 2025, conformément aux dispositions de l’article 1231-6 du code civil. Ils seront en outre condamnés solidairement au paiement à titre provisionnel d'une indemnité d’occupation d'un montant égal aux loyers et charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, du 1er mars 2026, jusqu'à la libération des lieux. Sur les délais de paiement L’article 24 V et VII de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 tel que modifié par la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l'occupation illicite dispose que le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années. Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge. Si le locataire se libère dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. En l’espèce, M. [R] [U] sollicite des délais de paiement suspendant la clause résolutoire. Le bailleur ne s’y oppose pas. Ils proposent de verser 250€ en sus du loyer courant, ce qui permettrait de solder l'arriéré locatif dans les délais légaux. M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] ont en outre repris le paiement intégral du loyer depuis plusieurs mois, soit antérieurement à l’audience. Par ailleurs, il ressort des débats que le couple a 2 enfants à charge. M. [U] perçoit un salaire de l’ordre de 2000€ tandis que Mme [C] perçoit 1900€ mensuels. Ils apparaissent ce-faisant en situation de régler leur dette locative. Les conditions de l’article précité étant réunies, il convient d'accorder aux défendeurs des délais de paiement selon les modalités décrites au dispositif. Les effets de la clause résolutoire seront suspendus pendant le cours des délais ainsi accordés, à la demande des locataires qui souhaitent rester dans le logement. Il sera rappelé qu'à défaut de paiement d’une mensualité à son terme exact, l’intégralité de la dette deviendra immédiatement exigible. Sur les demandes accessoires Sur l'exécution provisoire La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément aux dispositions de l'article 514 du Code de procédure civile en vigueur au 1er janvier 2020. Sur les dépens M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C], partie perdante au principal, supporteront solidairement les dépens, en ce compris le coût du commandement de payer, celui de l’assignation et celui de sa notification à la Préfecture. Sur l’article 700 du Code de procédure civile Il paraît inéquitable de laisser à la charge de la société 1001 VIES HABITAT l’intégralité des sommes avancées par elle et non comprises dans les dépens. Il y a donc lieu de condamner solidairement M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] à lui verser une somme de 200€ sur le fondement de ce texte. PAR CES MOTIFS Le Juge des Contentieux de la Protection, statuant en référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort, CONSTATE la résiliation du bail à compter du 5 juin 2025 par le jeu de la clause résolutoire pour défaut de paiement des loyers et charges ; CONDAMNE solidairement M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] à payer à la SA d’HLM 1001 VIES HABITAT, à titre provisionnel, une somme de 3666,69€ (trois-mille-six-cent-soixante-six euros et soixante-neuf centimes) à valoir sur le montant des loyers, charges et indemnités d’occupation à la date du 23 mars 2026, échéance de février 2026 incluse, outre les intérêts au taux légal à compter de la délivrance du commandement de payer du 4 avril 2025 ; AUTORISE M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] à s’acquitter de cette somme, outre le loyer et les charges courantes, en 14 mensualités de 250€ chacune et une 15ème mensualité qui soldera la dette en principal et intérêts ; PRECISE que chaque mensualité devra intervenir avant le 10 de chaque mois, sauf meilleur accord des parties, et pour la première fois le 10 du mois suivant la signification de la présente ordonnance ; SUSPEND les effets de la clause résolutoire pendant l’exécution des délais accordés ; DIT que si les délais accordés sont entièrement respectés, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise ; DIT qu’en revanche, toute mensualité, qu'elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l’arriéré, restée impayée sept jours après l'envoi d'une mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception justifiera : que la clause résolutoire retrouve son plein effet ; que le solde de la dette devienne immédiatement exigible ; qu'à défaut pour M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] d’avoir volontairement libéré les lieux dans les deux mois de la délivrance d’un commandement de quitter les lieux, la SA d’HLM 1001 VIES HABITAT puisse faire procéder à leur expulsion ainsi qu’à celle de tous les occupants de leur chef, avec le concours d’un serrurier et de la force publique si besoin est et qu’il sera procédé conformément aux articles L 433-1 et L 433-2 du Code des Procédures Civiles d’Exécution en ce qui concerne le sort des meubles ; que M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] soient solidairement condamnés à verser à la SA d’HLM 1001 VIES HABITAT une indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, jusqu’à la date de la libération définitive des lieux caractérisée par la remise des clés ; CONDAMNE solidairement M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] à payer à la SA d’HLM 1001 VIES HABITAT la somme de 200€ (deux-cents euros) au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ; DEBOUTE les parties de leurs demandes plus amples ou contraires ; CONDAMNE solidairement M. [R] [U] et Mme [J] [H] [C] à payer les dépens de l’instance incluant notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la Préfecture ; RAPPELLE que l’exécution provisoire de la présente décision est de droit. La Greffière La juge
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- TPX POI JCP REFERES
- Date
- 26 mai 2026
- Matière
- Contrats
Référence
6a21cf59cdc6046d472d227a
Données disponibles
- Texte intégral