TA382ème Chambre2ème ChambreCitée 1×
TA38 · 2ème Chambre — 6 décembre 2023
- ECLI
- DTA_2003998_20231206
- Date
- 6 décembre 2023
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête et des mémoires enregistrés le 20 juillet 2020, le 28 octobre 2021 et un mémoire non communiqué du 27 janvier 2022, Mme D E, M. C E et Mme F E, représentés par la société d'avocats CDMF Affaires publiques, demandent au Tribunal : 1°) d'annuler la délibération du 20 décembre 2019 par laquelle le conseil métropolitain de Grenoble Alpes Métropole a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ; 2°) de mettre à la charge de Grenoble Alpes Métropole la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les consorts E soutiennent que : - le dossier de PLUi est insuffisamment lisible et n'est pas transparent, ce qui nuit à la compréhension des règles applicables à chaque parcelle ; cette absence de clarté met en cause le principe de sécurité juridique et contrevient à l'objectif de valeur constitutionnelle d'accessibilité et d'intelligibilité de la norme ; - l'enquête publique s'est déroulée dans des conditions irrégulières ; la délibération est entachée d'un vice de procédure ; - les modalités de collaboration avec les communes, telles que fixées par l'article L. 153-8 du code de l'urbanisme ont été méconnues ; - les dispositions de l'article L. 153-12 du code de l'urbanisme ont été méconnues ; - toutes les personnes publiques associées n'ont pas été consultées, notamment la chambre des métiers et le centre national de la propriété forestière ; - les OAP thématiques sont entachées d'illégalité dès lors qu'elles présentent un caractère normatif ou méconnaissent leur champ de compétence ; - le règlement de la zone UD4 est entaché d'erreur de droit et d'une incohérence avec le PADD ; - le classement de leurs parcelles en zone UD4 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; - le classement de leurs parcelles au titre du patrimoine végétal et du patrimoine bâti procède d'une erreur manifeste d'appréciation. Par des mémoires en défense enregistrés le 30 mars 2021 et le 7 décembre 2021, Grenoble Alpes Métropole représentée par la société d'avocats Lonqueue-Sagalovitsch-Eglie-Richters et associés, conclut au rejet de la requête, demande qu'il soit fait application, le cas échéant, des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Grenoble Alpes Métropole fait valoir, après avoir renoncé à opposer une fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants, que les moyens invoqués dans la requête sont infondés. Par une lettre du 27 août 2021, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 29 octobre 2021, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable. La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 22 mai 2023. Vu : - la délibération attaquée et les autres pièces du dossier ; - le code de l'environnement ; - le code de l'urbanisme ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 novembre 2023 : - le rapport de Mme G, - les conclusions de Mme A, - les observations de Me Fiat, pour les consorts E, - et les observations de Me Schwartz, pour Grenoble Alpes Métropole. Le 28 novembre 2023, les requérants ont transmis au tribunal une note en délibéré. Considérant ce qui suit : 1. Grenoble Alpes Métropole regroupe 49 communes, dont la commune de Meylan. Le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) a été approuvé par délibération du 20 décembre 2019. Mme D E et ses enfants, M. C E et Mme F E, sont les propriétaires des parcelles cadastrées à la section AB n° 81 et n° 175 situées 10 chemin des Villauds à Meylan. Par la délibération du 20 décembre 2019, ces parcelles ont été classées en zone UD4 " Secteur pavillonnaire au développement limité " dans le nouveau plan local d'urbanisme intercommunal. Sur les conclusions en annulation : En ce qui concerne les modalités de la collaboration avec les communes : 2. Aux termes de l'article L. 153-8 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité de : 1° L'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local (). L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale arrête les modalités de cette collaboration après avoir réuni une conférence intercommunale rassemblant, à l'initiative de son président, l'ensemble des maires des communes membres () ". 3. En application de ces dispositions, la délibération du 6 novembre 2015 a fixé les modalités de la collaboration entre la Métropole et les communes-membres, et non la délibération du 13 décembre 2015 comme allégué par les requérants. Elle prévoit notamment que les conférences territoriales des élus se réuniront à minima aux étapes suivantes : définition des orientations du PADD et sa traduction réglementaire. 4. Il ressort des pièces du dossier que trois sessions de conférences territoriales ont eu lieu sur le thème portant sur le PADD et sa traduction réglementaire, à raison d'une réunion pour chacun des quatre territoires, par session. Une première étape s'est déroulée avec deux sessions de conférences territoriales qui ont eu lieu entre le 1er mars et le 6 octobre 2016, soit avant la délibération du conseil métropolitain du 16 décembre 2016 portant sur le débat sur les orientations générales du PADD, puis la seconde étape s'est déroulée avec une session ayant eu lieu entre le 7 et 19 juin 2018, avant la délibération du conseil métropolitaine du 6 juillet 2018, portant également sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables. Ainsi, les modalités annoncées dans la délibération du 6 novembre 2015 ont été respectées et le conseil métropolitain s'est prononcé après que la collaboration avec les communes a eu lieu de manière effective sur ce point. Si dans leurs dernières écritures, les requérants font état de l'impact particulièrement important de " l'approbation du PLH et du PDU dans la détermination des choix d'urbanisme ", notamment pour les orientations de mixité sociale et de mobilité sociale en cours d'élaboration du PLUi, ils ne précisent pas en quoi ces éléments auraient amoindri la collaboration entre les communes et la Métropole. D'ailleurs, la commission d'enquête a retenu sur ce point, en page 30 du rapport d'enquête volume 1, " que les modalités de la collaboration entre GAM et les communes en vue de la co-construction du PLUi ont été très complètes et se sont appuyées sur plusieurs échelles territoriales : échelle communale, échelle des territoires et échelle métropolitaine comme l'avait prévu la délibération métropolitaine du 6 novembre 2015 ". Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-8 du code de l'urbanisme doit être écarté. En ce qui concerne le débat du conseil métropolitain sur les orientations du PADD : 5. Aux termes de l'article L. 153-12 du code de l'urbanisme : " Un débat a lieu au sein de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale et des conseils municipaux ou du conseil municipal sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables mentionné à l'article L. 151-5 () ". Les membres de l'organe délibérant doivent être mis à même de discuter utilement, à cette occasion, des orientations générales envisagées. 6. En l'espèce, le conseil métropolitain a débattu sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) lors de ses réunions du 16 décembre 2016 et du 6 juillet 2018. 7. Il ressort des pièces du dossier et de l'attestation du président de la Métropole qui fait foi jusqu'à preuve du contraire que, pour les séances du 16 décembre 2016 et du 6 juillet 2018, les conseillers métropolitains ont été convoqués dans le délai de cinq jours et que leur a été remis, respectivement des éléments portant sur " Le PADD et un document de synthèse sur le PADD du PLUi ", et " un document de présentation pour le 2ème débat et un document sur les modifications du PADD ". Dans ces conditions et en dépit de l'attestation de Mme B qui s'est plainte de l'effort de compréhension du projet auquel elle a dû se livrer, les conseillers métropolitains ont pris connaissance suffisamment tôt de l'objet de chaque séance et ont pu émettre un vote éclairé. Par suite, les consorts E ne sont pas fondés à soutenir que la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal a méconnu les dispositions de l'article L. 153-12 du code de l'urbanisme. En ce qui concerne certaines personnes publiques associées : 8. Aux termes de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : 1° Aux personnes publiques associées à son élaboration, mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 ; () ". Selon l'article L. 132-7 de ce code : " L'Etat, les régions, les départements () sont associés à l'élaboration des schémas de cohérence territoriale et des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V. / Il en est de même des chambres de commerce et d'industrie territoriales, des chambres de métiers, des chambres d'agriculture (). ". Aux termes de l'article R. 153-6 de ce code : " () le plan local d'urbanisme ne peut être approuvé qu'après avis de la chambre d'agriculture, de l'Institut national de l'origine et () le cas échéant du Centre national de la propriété forestière lorsqu'il prévoit une réduction des espaces agricoles ou forestiers () ". 9. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la chambre des métiers et de l'artisanat de l'Isère a été consultée le 22 octobre 2018 sur le projet de plan local d'urbanisme arrêté par la délibération du conseil métropolitain du 28 septembre 2018. En second lieu, si le Centre national de la propriété forestière n'a pas été saisi, sa consultation ne constitue pas une obligation, ainsi que cela résulte des dispositions précitées. Par suite, le moyen doit être écarté comme non fondé. En ce qui concerne l'enquête publique : 10. Aux termes de l'article L. 123-1 du code de l'environnement : " L'enquête publique a pour objet d'assurer l'information et la participation du public ainsi que la prise en compte des intérêts des tiers () ". Selon l'article L. 123-10 de ce code : " () L'information du public est assurée par voie dématérialisée et par voie d'affichage sur le ou les lieux concernés par l'enquête, ainsi que, selon l'importance et la nature du projet, plan ou programme, par voie de publication locale. Cet avis précise : () -l'adresse du ou des sites internet sur lequel le dossier d'enquête peut être consulté ; () ". Aux termes de l'article R. 123-8 du même code : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. () ". Selon l'article R. 123-9 de ce code : " () II.-Un dossier d'enquête publique est disponible en support papier au minimum au siège de l'enquête publique. /Ce dossier est également disponible depuis le site internet mentionné au II de l'article R. 123-11. ". Aux termes de l'article R. 123-12 de ce code : " Un exemplaire du dossier soumis à enquête est adressé sous format numérique pour information, dès l'ouverture de l'enquête, au maire de chaque commune sur le territoire de laquelle le projet est situé et dont la mairie n'a pas été désignée comme lieu d'enquête. () ". 11. Les requérants soutiennent que le maillage territorial de l'enquête publique et les conditions de déroulement de l'enquête publique étaient déséquilibrés au détriment des communes rurales de la Métropole, ce qui a nui à l'information du public et a faussé les conclusions de l'enquête publique. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'enquête publique s'est déroulée du 1er avril 2019 et 24 mai 2019. Il ressort de l'avis d'enquête publique que " Un accès au dossier complet en version papier sera disponible au siège de l'enquête publique et dans les 26 lieux listés ci-après () Une version papier allégée du dossier sera accessible dans les 26 autres lieux listés ci-après () ". Cependant, les dispositions de l'article R. 123-9 du code de l'environnement précitées exigent seulement qu'un dossier d'enquête publique complet soit disponible en support papier au siège de l'enquête publique. Ainsi, Grenoble Alpes Métropole a satisfait à son obligation en mettant à disposition du public dans 26 lieux d'enquête publique un dossier papier complet, dont un exemplaire au siège de la Métropole, (le dossier représentant 5 m linéaires, soit plus de 15 000 pages, selon les conclusions de la commission d'enquête publique, dans son point 3.1.2. " Dossier ") et elle n'était pas tenue de mettre à disposition du public dans les autres lieux de consultation l'intégralité du dossier d'enquête publique sur support papier comportant notamment les quarante-neuf livrets communaux, l'ensemble des OAP thématiques et sectorielles couvrant tout le territoire intercommunal et l'ensemble des règlements graphiques de toutes les communes-membres, ainsi que les annexes. 12. Par ailleurs, et en tout état de cause, les personnes intéressées pouvaient prendre connaissance de ces documents sur le site internet de la Métropole, dont l'avis d'enquête publique comportait le nom exact " www.lametro.fr ", conformément aux dispositions précitées de l'article L. 123-10 du code de l'environnement, depuis leur domicile ou depuis un poste informatique qui avait été mis à la disposition du public dans chaque commune afin de permettre un accès au dossier en ligne qui comprenait ces pièces. Enfin, si la requérante fait état de difficultés de connexion depuis les postes informatiques mis à disposition du public dans les communes de Le Gua, Notre-Dame-de-Commiers, Saint-Georges-de-Commiers, Saint-Paul-de-Varces et Saint-Pierre-de-Mésage, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment de l'annexe 2 du tableau des observations concernant les 49 communes, que ces difficultés aient empêché l'information et les observations du public. Dans ces conditions, les consorts E ne sont pas fondés à soutenir que les modalités de l'enquête publique ont dissuadé une partie du public d'y participer et auraient faussé les résultats de l'enquête publique. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure d'enquête publique doit être écarté comme non fondé. En ce qui concerne l'objectif à valeur constitutionnelle d'accessibilité et d'intelligibilité de la norme et le principe de sécurité juridique : 13. Il n'est pas contestable que le PLUi Grenoble Alpes Métropole, par l'ampleur et l'hétérogénéité du territoire qu'il recouvre en application de la loi, laquelle impose un document unique à l'échelle du territoire intercommunal, rend sa manipulation et sa compréhension plus difficile qu'un document élaboré à l'échelle communale. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la Métropole a mis en ligne sur son site internet l'ensemble des documents composant le plan local d'urbanisme intercommunal, précédé d'un sommaire général énumérant les différents documents qui s'y trouvent. Chaque catégorie de documents, regroupée par rubrique (rapport de présentation, PADD, Règlement écrit, Règlement graphique, OAP, Annexes) fait l'objet d'une présentation générale qui accompagne tous les documents s'y rapportant. En outre, un onglet permet une consultation et un téléchargement des différents documents du PLUi dans son intégralité. Par ailleurs, la Métropole a élaboré un outil de consultation de la carte du PLUi, appelé " Portail cartographique du PLUi " permettant de faire des recherches par commune, adresse ou numéro de parcelle, qui renseigne simultanément sur toutes les caractéristiques d'une parcelle en termes de " zonage, risques naturels, risques anthropiques, mixité fonctionnelle et commerciale, mixité sociale, formes urbaines, périmètres d'intensification urbaine, OAP Paysages et biodiversité, Patrimoine bâti, paysager et écologique, OAP et secteurs de projet, Stationnement, emplacements réservés et annexes ". Enfin si la commission d'enquête a émis des observations sur le document tout en donnant un avis favorable, la Métropole a intégré certaines de ses observations pour améliorer sa lisibilité. Par suite, contrairement à ce qu'affirment les consorts E, le PLUi Grenoble Alpes Métropole ne méconnaît pas l'objectif constitutionnel d'accessibilité et d'intelligibilité de la norme et le principe de sécurité juridique. En ce qui concerne le caractère illégalement prescriptif de l'OAP " Paysage et biodiversité " : 14. Aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. (). ". Aux termes de l'article L. 151-7 du même code, dans sa version applicable : " I. - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ; 2° Favoriser la mixité fonctionnelle en prévoyant qu'en cas de réalisation d'opérations d'aménagement, de construction ou de réhabilitation un pourcentage de ces opérations est destiné à la réalisation de commerces ; 3° Comporter un échéancier prévisionnel de l'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser et de la réalisation des équipements correspondants ; 4° Porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager ; 5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics ; 6° Adapter la délimitation des périmètres, en fonction de la qualité de la desserte, où s'applique le plafonnement à proximité des transports prévu aux articles L. 151-35 et L. 151-36. () ". 15. Les consorts E soutiennent que l'OAP " Paysage et biodiversité " définit des règles trop précises, qui sont au nombre de celles devant figurer dans le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal, ce qui contrevient aux dispositions précitées. Toutefois, d'une part, il résulte des dispositions de l'article L. 151-7 du code de l'urbanisme, que les orientations d'aménagement et de programmation (OAP) peuvent, dans un objectif d'aménagement, définir un ensemble d'actions ou d'opérations visant, dans un souci de cohérence à l'échelle du périmètre qu'elles couvrent, à mettre en valeur des éléments de l'environnement naturel ou urbain ou à réhabiliter, restructurer ou aménager un quartier ou un secteur. Ainsi, ces dispositions n'ont ni pour objet ni pour effet de permettre aux auteurs du plan local d'urbanisme de fixer précisément, au sein de telles orientations, les caractéristiques des constructions susceptibles d'être réalisées, dont la définition relève du règlement. 16. D'autre part, en l'espèce, l'OAP " Paysage et Biodiversité " est elle-même déclinée en sept OAP correspondant à secteurs différents du territoire métropolitain (Plateau de Champagnier et Piémont de Belledonne ; Balcons de Chartreuse ; Confluence Grenoble ; Vallée du Drac - rebords du Vercors ; Isère-Amont ; Isère-Aval ; Vallée de la Romanche). Chacune de ces OAP sectorielles repose sur une " Charpente paysagère ", qui donne les clés de lecture du paysage dans lequel le projet de construction a vocation à s'insérer, et des " ambiances paysagères " (centre ancien de Grenoble ; faubourg ; piémont urbain ; bourg, village et hameau ruraux ; ville parc ; villégiature thermale ; plaine urbaine ; coteau résidentiel ; fond de vallée d'activité ; fond de vallée naturel ; plaine agricole ; vallée, plateau et pente agricoles ; montagne pastorale ; versant boisé) qui permettent d'intégrer un projet dans " son contexte immédiat ". En fonction de la localisation du projet, l'OAP précise les caractéristiques géomorphologiques et topographiques du territoire (cartes, schémas), décline des orientations d'aménagement et d'implantation des constructions (schémas, photographies de références intérieures du secteur et de références extérieures du secteur, liste de la végétation typique du secteur, etc.). L'ensemble de ces éléments décline de manière sectorisée les objectifs qui ont été définis dans le PADD, en particulier celui d'une " Métropole montagne forte de ses diversités : faire métropole autour de la diversité des paysages et des patrimoines " et celui d'une " métropole durable et agréable à vivre : inclure la nature dans la ville et renforcer la biodiversité ". Contrairement aux allégations des requérants, la rédaction de l'OAP " Paysage et Biodiversité " ne peut pas être regardée comme comportant des règles, notamment en ce qui concerne les caractéristiques des constructions qui, par leur degré de précision ou de contrainte, empièteraient sur le règlement. L'OAP " Paysage et Biodiversité " complète le règlement en donnant une dimension qualitative pour la prise en compte du paysage et l'intégration des projets dans leur environnement. Sur ce point, la commission d'enquête publique a relevé dans ses conclusions, dans la recommandation n° 28, que : " La métropole propose un outil innovant, l'OAP Paysage et Biodiversité, qui s'inscrit dans cette orientation. Le PADD est traduit par des prescriptions réglementaires écrites et graphiques qui peinent parfois à apporter la dimension qualitative de par leur caractère même de règles obligatoires. L'OAP Paysage et Biodiversité vient compléter ces règles par des orientations en matière d'implantation des bâtiments, d'espaces verts, de clôture, de toiture dans un rapport de compatibilité. (). ". Dès lors, l'OAP " Paysage et Biodiversité " a défini des orientations pour le territoire métropolitain conformément aux dispositions du code de l'urbanisme citées au point 15. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté. En ce qui concerne l'OAP " Risques et résilience " : 17. D'une part, il ressort des dispositions mêmes de l'article L. 151-7 du code de l'urbanisme, rappelées au point 14, que les cas dans lesquels il est possible d'instituer une orientation d'aménagement et de programmation ne sont pas exhaustifs. Dans ces conditions, la Métropole pouvait instituer une orientation d'aménagement et de programmation relative à la gestion des risques naturels et technologiques et aux modalités de prévention de ces risques. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté dans sa première branche. 18. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'OAP " Risques et résilience " complète les dispositions réglementaires du PLUi Grenoble Alpes Métropole, notamment le règlement des risques, et elle définit des principes en fonction du ou des risques au(x)quel(s) la ou les parcelles intéressées par un projet de construction sont exposées (aléas hydrauliques, mouvements de terrain et / aléas technologiques), ainsi que des préconisations pour éviter la survenance des risques, adapter les constructions par des aménagements pour limiter les conséquences dommageables en fonction de chaque type de risque caractérisant le territoire métropolitain. Ce faisant, l'OAP " Risques et résilience " n'a pas de portée normative et ne méconnait pas les dispositions de l'article L. 151-7 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté dans sa seconde branche. En ce qui concerne l'illégalité de la zone UD4 : S'agissant de la méconnaissance aux principes d'équilibre : 19. Aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, dans sa version en vigueur : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales () 3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile () 6° La protection des milieux naturels et des paysages, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces verts ainsi que la création, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques ; 7° La lutte contre le changement climatique et l'adaptation à ce changement, la réduction des émissions de gaz à effet de serre () ". 20. En se bornant à soutenir que " l'organisation et l'institutionnalisation d'une urbanisation diffuse " induit une méconnaissance des principes d'équilibre mentionnés à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, les consorts E n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. S'agissant de la cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) : 21. Selon l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales () permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 - L. 101-3. ". 22. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du PLUi entre le règlement et le PADD, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du PLUi à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet. 23. Les requérants se prévalent de certains objectifs du PADD consistant en la poursuite de l'effort de modération de la consommation de l'espace et en la réponse aux besoins des habitants actuels et futurs et l'équilibre du développement de l'habitat sur le territoire pour soutenir que la zone UD4 est fixée de manière incohérente avec les objectifs du PADD. Toutefois, ils ne développent pas une analyse globale telle que demandée au point précédent. Par suite, leur moyen doit être écarté comme non fondé. S'agissant de la légalité de l'article 4.4. du règlement écrit de la zone UD4 : 24. Aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. /Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées. ". Aux termes de l'article R. 151-18 de ce code : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter. ". 25. Par ailleurs, aux termes du livret métropolitain, page 149, la " Zone UD4 : habitat pavillonnaire au développement limité : La zone UD4 accueille majoritairement des maisons individuelles dans des secteurs de faible densité ". 26. Enfin, aux termes de l'article 4.4 de la zone UD4 du règlement écrit du PLUi de Grenoble Alpes Métropole : " Emprise au sol des constructions : En complément des règles figurant ci-dessous, il convient de se reporter aux dispositions de l'article 4.4 des règles communes (dans les dispositions générales). / Sauf indication contraire figurant sur le document graphique D1 " Atlas des formes urbaines : implantations et emprises ", l'emprise au sol maximum des constructions est limitée à 5% de la superficie totale de l'unité foncière. / Les constructions établies préalablement à l'approbation du PLUi et dont le coefficient d'emprise au sol dépasse la valeur mentionnée ci-dessus peuvent néanmoins faire l'objet de transformation, d'extension ou de la construction d'une annexe isolée, à concurrence de 30 m2 d'emprise au sol supplémentaire maximum par rapport à l'existant, une seule fois à compter de l'approbation du PLUi. ". 27. Les consorts E soutiennent que l'article 4.4 du règlement de la zone UD4 établit, en raison de la faiblesse du coefficient d'emprise au sol, une inconstructibilité de fait, à l'instar des règles applicables dans les zones de captage d'eau en application de l'article 2.1 du règlement de la zone UD4, ce qui méconnait la vocation d'une zone urbaine, telle que précisée aux dispositions mentionnées au point 26. 28. Toutefois, s'il est vrai que la zone UD4 se caractérise par un coefficient d'emprise au sol très faible de 5%, le règlement n'interdit toutefois pas toute construction nouvelle dès lors que l'unité foncière est suffisamment importante et que le coefficient d'emprise au sol se combine avec les règles de hauteur, mentionnées à l'article 4.6 du règlement, qui autorisent en zone UD4, une hauteur maximale de 6 m à l'égout de toiture ou au sommet de l'acrotère et 9 m au faîtage. En l'espèce, Mme E est propriétaire de parcelles qui, selon le relevé de propriété versé dans l'instance, ont une surface de 688 m² pour la parcelle déjà construite et de 4 100 m², ce qui permet une construction nouvelle jusqu'à 105 m². En outre, l'article 4.4 du règlement de la zone UD4 autorise, en cas de dépassement de cette valeur lors de l'approbation du PLUi, une extension d'une construction existante pour une surface de 30 m². Ce faisant, l'article 4.4 de la zone UD4 n'instaure pas une règle générale ayant pour effet d'interdire toute construction dans cette zone. En tout état de cause, et alors qu'il appartient à l'autorité locale de définir les partis d'urbanisme que traduit le plan local d'urbanisme dans le respect des dispositions du code de l'urbanisme, l'instauration d'un coefficient d'emprise au sol très faible en zone UD4 repose sur la volonté des auteurs du PLUi, telle qu'affirmée dans le livret métropolitain (page 149), de limiter l'urbanisation de secteurs à dominante rurale et montagnarde qui affichent des densités urbaines faibles et qui sont éloignés des pôles de services et des lignes de transport en commun structurant. La métropole a identifié 2 410 parcelles sur l'ensemble du territoire métropolitain présentant ces caractéristiques, qu'elle a classées en zone UD4 pour une surface d'à peine 92 hectares, ce qui est très faible au regard des 54 100 hectares formant l'ensemble du territoire métropolitain. Par suite, l'article 4.4. du règlement écrit de la zone UD4 ne méconnaît pas les dispositions précitées du code de l'urbanisme et, en affectant la zone d'un coefficient d'emprise au sol de 5%, les auteurs du PLUi n'ont pas entaché la délibération d'une erreur de droit ni d'une erreur manifeste d'appréciation. 29. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la zone UD4 doit être écarté dans toutes ses branches. En ce qui concerne le classement des parcelles AB n° 81 et AB n° 175 : 30. Le secteur dans lequel s'insèrent les parcelles des consorts E est classé en zone UD4 " Pavillonnaire au développement limité " qui commence au Nord de l'avenue de la Chartreuse. Il est éloigné du centre-ville de Meylan. Le tènement des requérants est lui-même bordé, au Nord, par une vaste zone naturelle. C'est un secteur dont l'habitat résidentiel est diffus et situé en pente. Il n'est desservi que par une seule ligne de bus (ligne 42). Il ressort du livret communal de Meylan issu du tome 4 " Explication des choix retenus " du rapport de présentation, que le secteur du Haut Meylan n'est pas compris dans l'espace préférentiel de développement lequel se situe au Sud-Ouest du territoire communal. Le livret communal, qui vise à " hiérarchiser le développement urbain en priorisant le cœur de ville ", précise que " Le Haut de Meylan, au-delà de l'avenue de Chartreuse, est marqué par des fortes pentes, des risques naturels, des difficultés d'accès et de circulation, une faiblesse des transports en commun et des difficultés de réseaux qui se traduisent par des dysfonctionnements d'eaux pluviales. Ce sont également des secteurs marqués par une forte qualité paysagère, un patrimoine intéressant voire remarquable, et des vues exceptionnelles sur la chaîne de Belledonne. Dans ces secteurs où le gisement est important du fait de la taille des parcelles, de nouvelles constructions seraient généralement de nature à générer des difficultés supplémentaires. C'est pourquoi l'urbanisation doit être limitée et organisée dans le cas de gisement important comme le site Bâtie-Boutet. ". Ce parti pris d'aménagement est cohérent avec les orientations du PADD qui tendent notamment à favoriser l'intensification du développement urbain dans le cœur métropolitain et le renouvellement des tissus urbains et leur intensification au voisinage des gares et des arrêts en transport en commun les mieux desservis. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du classement des parcelles des requérants doit être écarté. En ce qui concerne les classements H, N et T au titre du règlement du patrimoine : 31. Aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation, leur conservation ou leur restauration. (). ". L'article L. 151-23 du même code dispose que : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. (). ". S'agissant de la protection H au titre des parcs d'accompagnement : 32. Aux termes du règlement du patrimoine du PLUi Grenoble Alpes Métropole : " H - Parcs d'accompagnement : Les parcs accompagnant des grandes propriétés (édifice majeur, maisons de maître, châteaux ) constituent des ensembles dont le caractère historique, culturel et architectural est à conserver. () ". 33. Dans le PLUi et plus précisément dans le plan du patrimoine bâti, paysager et écologique, planche n° L5, les parcelles litigieuses ont fait l'objet d'une protection identifiée H 12273 de niveau 1, au titre des parcs d'accompagnement. Les requérants soutiennent que cette protection n'est pas justifiée et que certaines parcelles voisines n'ont pas fait l'objet d'une telle protection alors qu'elles présentent des caractéristiques similaires. 34. Il ressort du rapport de présentation, tome 4, page 302, que les parcs sont des " éléments présents sur l'ensemble du territoire, ces ensembles non bâtis ou peu bâtis () permettent une transition vers l'espace rural dans les communes plus éloignées du cœur urbain. Certains accompagnent des maisons de maître () et à ce titre doivent être traités de la même façon que les bâtiments. Compte tenu de l'enjeu de construire des logements sur le territoire métropolitain et des arbitrages parfois difficiles à faire, deux niveaux de règles ont été retenus : - le niveau 1 autorise et encadre des projets de construction au sein des parcs () ". 35. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment du plan du patrimoine bâti, paysager et écologique F2, planche n° L5 qu'ils versent au dossier que la maison d'habitation située sur la parcelle AB n° 88 des requérants a été identifiée dans le règlement du patrimoine sous la référence " B 7844 " comme un bâti domestique (B) de niveau 3 dont, selon les dispositions communes du règlement du patrimoine, " les édifices repérés au niveau 3 sont à conserver et à restaurer ". Dans le livret communal de Meylan, en page 8, il est indiqué qu'il y a lieu de " protéger le bâti dans sa diversité " et notamment les " belles propriétés ou villas participants à l'ambiance paysagère des quartiers ". Les requérants ne contestent pas sérieusement que leur maison d'habitation justifie le niveau de protection qui lui a été accordé dans le règlement du patrimoine du PLUi Grenoble Alpes métropole. Les photographies produites dans l'instance confirment que le parc attenant à la maison présente des qualités du point de vue paysager, ce qui est également corroboré par les agents communaux de Meylan qui ont noté, dans un rapport établi le 21 juin 2018, lors d'une visite, que " cette propriété est un très bel ensemble architectural et patrimonial : () belle maison à fenêtres à meneau, bassin circulaire alimenté par une source naturelle, ruisseau passant dans la propriété avec des ponts dont un en pierres anciennes, murs intérieurs et escalier tout en pierre, le tout combiné avec deux beaux ensembles forestiers et une allée cavalière. ". Par conséquent, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la délibération attaquée, en identifiant le parc comme étant à protéger au titre du règlement du patrimoine sous la référence H 12273, serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. 36. En outre, si les requérants invoquent une rupture d'égalité de traitement avec les parcelles n° 84, n° 115, n° 145, ils se bornent toutefois à indiquer qu'elles sont voisines et qu'elles se situent sur le plan du patrimoine bâti, paysager et écologique, planche n° M5 dont ils ne produisent qu'un mince extrait. Par ailleurs, il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes. Dès lors que la protection H 12273 attachée à leurs parcelles dans le règlement du patrimoine du PLUi ne repose pas sur une appréciation manifestement erronée, comme il vient d'être dit, les requérants ne peuvent invoquer que la délibération attaquée porterait une atteinte illégale au principe d'égalité des citoyens devant la loi. S'agissant de la protection N des murets, murs et clôtures : 37. Les requérants soutiennent que la protection instituée au titre des murets qui entourent leur propriété n'est pas justifiée dès lors qu'une partie de ces murets, côté Ouest, est récente et que le muret plus ancien est contigu au chemin des capucins qui est piétonnier. 38. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan graphique du patrimoine bâti, paysager et écologique F2, plus précisément de la planche n° M5, ainsi que des photographies versées dans l'instance que la parcelle AB n° 175 est ceinte de murets en pierre qui ont font l'objet d'une protection sur les références N 3069 et N 3080 de niveau 2, au titre du règlement écrit du patrimoine du PLUi Grenoble Alpes Métropole (patrimoine de proximité, N). 39. Le rapport de présentation, tome 1 (partie 1 page 179), précise que " Les murs anciens et leurs portails font partie intégrante du paysage et du patrimoine historique de chaque commune : témoins de l'époque rurale, ce sont les traces des anciens " enclos ", qui constituent encore aujourd'hui la marque d'identité des quartiers anciens et des espaces ruraux. () En milieu urbain, ils constituent un témoignage sensible de cet héritage rural (Meylan, Corenc, Saint-Martin-le-Vinoux, Seyssins) ". Dans le tome 4, il est précisé (page 303) que les murs et clôtures qui ont été recensés () font l'objet de 2 niveaux de protection, le niveau 2 interdisant toute modification (démolition, élévation, percement) des murs repérés. Les règles visent à éviter - la disparition et la perte de continuité des murs de clôtures, la mauvaise qualité des rénovations (réfection) avec des matériaux inappropriés qui peuvent nuire à la lecture du paysage local ; - l'édification de nouvelles clôtures aux matériaux et aux gabarits trop différents des murs existants, qui nuisent à la qualité des continuités () ". Pour la commune de Meylan, le livret communal indique qu'il y a lieu de " préserver les murs, murets et clôture de Meylan qui participent à la qualité des paysages et accompagnent le patrimoine bâti et paysager (). Les murs contribuent également à la gestion de la pente et des eaux pluviales ". Cela s'est traduit, dans le plan du patrimoine bâti, paysager et écologique, de murs en niveau 1 ou 2 (murs d'enceinte en pierre du Haut Meylan, notamment). 40. En l'espèce, si l'enceinte de la propriété des requérants est constituée de murets de facture différente, il ressort des photographies produites dans l'instance que l'ensemble de ces ouvrages est ancien, en partie envahi par la végétation, voire fragilisé, en particulier le muret identifié N 3080. Pourtant, ces murets de pierre qui entourent la propriété participent à la qualité paysagère du secteur dans lequel elle s'intègre. La circonstance que l'un d'eux borde un chemin piétonnier n'est pas de nature à rendre inutile toute protection. Dans ces conditions, en soumettant ces éléments bâtis au règlement du patrimoine, la Métropole n'a pas entaché la délibération attaquée d'une erreur manifeste d'appréciation. S'agissant de la protection T du patrimoine végétal : 41. Les requérants, dont les parcelles sont classées au titre des espaces boisés classés (EBC) identifiés sous les références T 7186 et T6158, soutiennent que ce classement n'est pas justifié dès lors que le boisement référencé T 7186 ne correspond qu'à un arbre isolé et que le boisement T6158 se résume à de simples arbustes en limite de propriété. 42. Aux termes de la 7ème partie patrimoine végétal du règlement du patrimoine : " () T. Boisements et bosquets : 1. Prescriptions au titre de l'article L. 151-19 : La protection des boisements et bosquets repérés au document graphique F2 " Plan du patrimoine bâti, paysager et écologique " porte sur le principe d'ensemble, et non sur les arbres ou arbustes considérés individuellement. Il s'agit de permettre leur évolution et leur exploitation. / Les boisements identifiés doivent être protégés, conservés mais également renouvelés quand nécessaire. Pour les plantations mélangées, un renouvellement pied par pied au fil du temps doit permettre le maintien du couvert et de la biodiversité. Des plantations prévisionnelles en lisière quelques années avant des coupes prévisibles peuvent être envisagées. La diversité des essences utilisées doit au minimum être équivalente à des boisements renouvelés. / La suppression - accidentelle ou intentionnelle - d'un boisement protégé entraîne l'obligation de replanter un boisement composé d'essences variées, locales ou adaptées au site. () ". 43. Il ressort du compte rendu fait le 21 juin 2018 de la visite de la propriété E par le pôle environnement développement durable de la commune de Meylan que le tènement comportait de nombreuses espèces végétales, dont certaines étaient dans un état dégradé (frênes, cyprès, sapin, charmes), tandis que d'autres étaient en bonne santé (charme, chêne, platane, hêtre pourpre). Le rapport mentionne également l'existence de " deux beaux ensembles forestiers ". La présence de ces espèces végétales est corroborée par les photographies versées au dossier qui permettent d'attester non seulement de la présence d'arbustes jouxtant le muret qui longe le chemin des Villauds mais également de la présence d'arbres de hautes tiges, le tout formant un boisement épais, référencé sous T 6158. Il en va de même du muret plus dégradé au Nord de la propriété qui comporte à proximité plusieurs espèces végétales, référencées T7186, certes de moindre importance que le précédent, mais qui ne se limitent pas à un arbre isolé. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la délibération attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur ce point. 44. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation dirigées contre la du 20 décembre 2019 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles dirigées contre la décision implicite portant rejet du recours gracieux. Sur les frais liés à l'instance : 45. Les conclusions présentées par les consorts E, partie perdante, sont rejetées, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Grenoble Alpes Métropole. D E C I D E : Article 1er :La requête des consorts E est rejetée. Article 2 :Les conclusions de Grenoble Alpes Métropole tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées. Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. C E, en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à Grenoble Alpes Métropole. Délibéré après l'audience du 20 novembre 2023, à laquelle siégeaient : - M. Mathieu Sauveplane, président, - Mme Céline Letellier, première conseillère, - Mme Emilie Aubert, première conseillère. Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2023. La rapporteure, C. G Le président, M. H La greffière, C. Jasserand La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. 2
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TA386 décembre 2023CETTE DÉCISION
DTA_2003998_20231206
CAA597 mai 2024
DCA_22DA01048_20240507Décisions connexes
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Synthèse
- Juridiction
- TA38
- Chambre
- 2ème Chambre
- Formation
- 2ème Chambre
- Date
- 6 décembre 2023
- Citations reçues
- 1 décision(s)
Référence
DTA_2003998_20231206
Données disponibles
- Texte intégral