TA31Juge unique chambre 1Juge unique chambre 1
TA31 · Juge unique chambre 1 — 28 mars 2023
- ECLI
- DTA_2100033_20230328
- Date
- 28 mars 2023
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2021, M. E D doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti dans les rôles de la commune de Colomiers (Haute-Garonne) au titre de l'année 2020, à raison du bien immobilier dont il est propriétaire, situé 96 allée du Falcou dans cette commune. Il soutient que : - il doit être exonéré de la taxe foncière, car il perçoit l'allocation aux adultes handicapés ; - il ne cohabite pas avec M. B C, les revenus de ce dernier ne pouvant donc être pris en compte pour l'établissement de la taxe foncière. Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2021, le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés. Par une ordonnance en date du 16 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 juin 2022, en application des articles R. 613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative. La présidente du tribunal administratif a désigné M. A, magistrat rapporteur, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative. Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le rapport de M. Déderen, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique. Considérant ce qui suit : 1. M. E D a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2020, mise en recouvrement le 31 août 2020, pour un montant de 1 184 euros, à raison de la maison dont il est propriétaire, située 96 allée du Falcou à Colomiers (Haute-Garonne). Par une réclamation du 10 novembre 2020, M. D a contesté cette imposition, faisant valoir, d'une part, que M. B C, qui avait indiqué, dans sa déclaration de revenus de 2018, résider à cette adresse au 1er janvier 2019, ne résidait pas chez lui, mais se bornait à y recevoir son courrier personnel, d'autre part, qu'il devait être exonéré de taxe foncière car il percevait l'allocation aux adultes handicapés. Par la présente requête, M. D demande au tribunal de prononcer la décharge de ladite imposition. 2. Aux termes de l'article 1400 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Sous réserve des dispositions des articles 1403 et 1404, toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel. " Aux termes de l'article 1415 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. " Aux termes de l'article 1390 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les titulaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées mentionnée à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité mentionnée à l'article L. 815-24 du même code sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties dont ils sont passibles à raison de leur habitation principale. / Le bénéfice de cette disposition est subordonné à la condition qu'ils occupent cette habitation : / soit seuls ou avec leur conjoint ; / soit avec des personnes qui sont à leur charge au sens des dispositions applicables en matière d'impôt sur le revenu ; / soit avec d'autres personnes titulaires de la même allocation. " Aux termes de l'article 1391 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les redevables âgés de plus de soixante-quinze ans au 1er janvier de l'année de l'imposition sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'immeuble habité exclusivement par eux, lorsque le montant des revenus de l'année précédente n'excède pas la limite prévue à l'article 1417. " 3. Si le bénéfice de l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties prévue à l'article 1390 du code général des impôts n'est pas ouvert aux titulaires de l'allocation aux adultes handicapés, M. D doit être regardé comme entendant se prévaloir, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de l'extension du bénéfice de ces dispositions par la doctrine administrative aux titulaires de ladite allocation, dont le revenu au titre de l'année précédente n'excède pas la limite fixée à l'article 1417 du code général des impôts. 4. Il résulte de l'instruction, d'une part, que le requérant, à l'appui de son allégation selon laquelle M. B C ne résiderait pas avec lui à son domicile, mais se contenterait d'y réceptionner son courrier, se borne à produire une attestation sur l'honneur de l'intéressé, ainsi qu'une copie de sa carte d'identité, alors que l'administration fiscale indique, sans être contestée, que M. C, dans sa déclaration de revenus de 2018, a mentionné résider au domicile du requérant au 1er janvier 2019 et être hébergé à titre gracieux, éléments qu'il a réaffirmés dans sa déclaration de revenus de 2019. En conséquence, l'administration fiscale a pu, à bon droit, considérer que le requérant cohabitait au 1er janvier 2020 avec M. C pour établir l'imposition litigieuse. 5. D'autre part, l'administration fiscale soutient, sans être contestée, que si le requérant aurait pu prétendre, à titre personnel, à l'exonération de taxe foncière au titre de l'année 2020 aux motifs qu'il percevait l'allocation aux adultes handicapés et que son revenu de l'année précédente n'excédait pas la limite prévue à l'article 1417 du code général des impôts, ladite exonération n'a pas pu en revanche être appliquée en raison de la cohabitation mentionnée au point 3, les revenus de M. C excédant ladite limite. 6. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander la décharge de la taxe foncière à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2020. D E C I D E : Article 1er : La requête de M. D est rejetée. Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E D et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne. Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023. Le magistrat désigné, Guillaume A La greffière, Marie-Elisabeth LATIF La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme : La greffière en chef,
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- TA31
- Chambre
- Juge unique chambre 1
- Formation
- Juge unique chambre 1
- Date
- 28 mars 2023
Référence
DTA_2100033_20230328
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel