TA135e Ch Magistrat statuant seul5e Ch Magistrat statuant seul
TA13 · 5e Ch Magistrat statuant seul — 13 octobre 2022
- ECLI
- DTA_2203991_20221013
- Date
- 13 octobre 2022
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 9 mai 2022, régularisée le 1er juin 2022, M. E doit être regardé comme demandant au Tribunal d'annuler la décision du 20 avril 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer une carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention " stationnement ". Il soutient que : - il souffre d'une arthropathie sous-talienne bilatérale intense, d'une cruralgie du canal lombaire étroit, d'une arthrose aggravée des deux genoux et d'une fibromyalgie sévère ; - il marche avec une canne ; - la délivrance d'une carte mobilité inclusion-stationnement l'aiderait dans ses déplacements. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'action sociale et des familles ; - l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et à la perte d'autonomie dans le déplacement individuel ; - le code de justice administrative. La présidente du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative. Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le rapport de M. Laso, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique. La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience. Considérant ce qui suit : 1. M. E a présenté auprès du conseil départemental des Bouches-du-Rhône une demande de carte mobilité inclusion " stationnement ". Par sa requête, il demande au Tribunal d'annuler la décision du 20 avril 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a refusé de faire droit à cette demande. 2. La carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " permet à son titulaire ou à la tierce personne l'accompagnant d'utiliser, à titre gratuit et sans limitation de la durée de stationnement, toutes les places de stationnement ouvertes au public. Ses conditions d'attribution sont régies par les articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles et par l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et à la perte d'autonomie dans le déplacement individuel. Aux termes de l'annexe audit arrêté : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou / - la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. ". 3. Selon ces dispositions, la carte est délivrée par le président du conseil départemental après avis de la commission des droits et de l'autonomie. Elle est attribuée, sur demande, à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. Pour l'appréciation de cette condition, il convient notamment de rechercher, d'une part, si la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou, d'autre part, si elle a systématiquement recours pour ses déplacements extérieurs à une aide humaine, à un appareillage ou à une oxygénothérapie. La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la mention " stationnement pour personnes handicapées " de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n'est cependant pas nécessaire que l'état de la personne soit stabilisé. 4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte de stationnement pour personnes handicapées ou d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte. 5. En l'espèce, M. E fait valoir qu'il souffre de quatre pathologies constituées d'une arthropathie sous-talienne bilatérale intense, d'une cruralgie du canal lombaire étroit, d'une arthrose aggravée des deux genoux et d'une fibromyalgie sévère. Il précise marcher avec une canne et bénéficier d'un appareil de massage électrique et d'emplâtres. Au soutien de ses déclarations, l'intéressé produit un certificat médical du 20 avril 2022 du docteur D, anesthésiste réanimateur au centre hospitalier de Salon-de-Provence, indiquant : " Il s'agit d'un patient qui a des pathologies douloureuses importantes entraînant une difficulté à la marche, à se lever, à s'asseoir. Il a un périmètre de marche diminué. Aussi, son état justifierait d'avoir une carte de stationnement réservée aux patients handicapés ". M. E produit également un certificat médical du 30 mai 2022 dans lequel le docteur C, médecin généraliste, précise : " son état de santé nécessite la mise à disposition d'une carte de stationnement réservé aux personnes handicapées. Il souffre en effet de plusieurs pathologies entraînant des douleurs chroniques invalidantes, diffuses, des œdèmes des membres inférieurs et des mains évoluant par poussée, entraînant des difficultés à la marche et à la station debout prolongée. Son périmètre de marche est ainsi fortement diminué. ". S'ils attestent de la réalité des pathologies présentées par le requérant et de la réduction de son périmètre de marche, les éléments médicaux produits sont toutefois insuffisamment précis et chiffrés pour justifier d'un périmètre de marche inférieur au seuil de 200 mètres prévu par les dispositions de l'arrêté précité. En outre, alors qu'il soutient " marcher avec une canne " sans toutefois l'établir, il ne résulte pas de l'instruction que M. E serait dans la nécessité d'avoir recours à une aide humaine de manière systématique pour les déplacements, à une canne ou à autre appareillage. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son état de santé justifie l'attribution de la CMI portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ". 6. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 20 avril 2022 lui refusant la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement ". D E C I D E : Article 1err : La requête de M. E est rejetée. Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au département des Bouches-du-Rhône. Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeait M. B. Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022. Le magistrat désigné, Signé J-M. BLe greffier, Signé P. GIRAUD La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, La greffière en chef
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- TA13
- Chambre
- 5e Ch Magistrat statuant seul
- Formation
- 5e Ch Magistrat statuant seul
- Date
- 13 octobre 2022
Référence
DTA_2203991_20221013
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel