TA87Tribunal Administratif de Limoges
TA87 · Tribunal Administratif de Limoges — 30 janvier 2023
- ECLI
- DTA_2300137_20230130
- Date
- 30 janvier 2023
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 janvier 2023, la commune de Saint-Goussaud (Creuse) demande au juge des référés, en application des dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, de désigner un expert avec pour mission de se prononcer sur l'état du bâtiment situé sur son territoire, au n° 23 Le Bourg, parcelle cadastrée section C n° 96, et appartenant à M. B A.
Elle soutient qu'à la suite d'un incendie le 21 janvier 2022, la maison d'habitation est devenue inhabitable et M. A s'est installé dans la grange attenante. Une partie du toit de la grange est arrachée au-dessus du mur pignon qui s'est partiellement effondré, entrainant dans sa chute une partie de la chaîne d'angle faisant liaison avec le mur de façade côté route. Depuis, le bâtiment menace de finir de s'effondrer sur la voie publique, représentant un péril important et immédiat pour M. A et la sécurité publique. Elle se trouve donc dans l'obligation d'engager la procédure de mise en sécurité destinée à faire cesser le péril engendré par celui-ci. Elle précise que le bâtiment se situe dans le périmètre de l'église et la lanterne des morts, classées monuments historiques. Le propriétaire et l'architecte des Bâtiments de France ont été avertis par courrier recommandé avec AR en date respectivement du 22 décembre 2022 et du 17 janvier 2023 de son intention de mettre en œuvre la procédure de mise en sécurité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation, notamment son article L. 511-9 ;
- le code du patrimoine ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. ". Le maire informe l'architecte des Bâtiments de France de la mise en œuvre de la procédure prévue à l'article L. 511-9 lorsqu'est concerné un immeuble classé ou situé aux abords de monuments historiques définis à l'article L. 621-30 du code du patrimoine.
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 556-1 du code de justice administrative : " Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, d'une demande tendant à la désignation d'un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l'article R. 531-1 ". Ledit article R. 531-1 dispose que : " S'il n'est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction () ".
3. Le maire de la commune de Saint-Goussaud soutient que l'état du bâtiment situé sur son territoire, au n° 23 Le Bourg, parcelle cadastrée section C n° 96 et appartenant à M. B A, crée un danger justifiant la mise en œuvre de la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. Il précise également que le propriétaire et l'architecte des Bâtiments de France ont été avertis de son intention de mettre en œuvre la procédure de mise en sécurité. Il y a donc lieu, en application des dispositions précitées, de nommer un expert en vue de constater l'état actuel de ce bâtiment et de fixer sa mission comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er: M. D C, demeurant Le moulin de Lascaux à Saint Georges Nigremont (23500), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
- de se rendre sur les lieux et d'examiner le bâtiment situé sur le territoire de la commune de Saint-Goussaud (Creuse), parcelle cadastrée section C n° 96, au n° 23 Le Bourg et appartenant à M. B A ;
- de dire si, à son avis, ce bâtiment présente un péril grave et imminent et dresser, le cas échéant, constat de l'état des bâtiments mitoyens ;
- dans le cas d'un péril grave et imminent, de proposer les mesures conservatoires et définitives de nature à mettre fin à l'imminence du péril.
Article 2:L'expert procèdera à sa mission dans les vingt-quatre heures suivant sa nomination. Il déposera son rapport au greffe du tribunal administratif en deux exemplaires dans les délais les plus brefs après l'accomplissement de sa mission et en notifiera copie à la commune de Saint-Goussaud, à M. B A et à l'architecte des Bâtiments de France dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative.
Article 3: La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Saint-Goussaud, à M. B A, à l'architecte des Bâtiments de France et à M. D C, expert.
Limoges, le 30 janvier 2023
Le juge des référés,
P. GENSAC
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
S. CHATANDEAU
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Synthèse
- Juridiction
- TA87
- Chambre
- Tribunal Administratif de Limoges
- Date
- 30 janvier 2023
Référence
DTA_2300137_20230130
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel