TA77Tribunal Administratif de MELUNSatisfaction Partielle
TA77 · Tribunal Administratif de MELUN — 20 mars 2024
- ECLI
- DTA_2400333_20240320
- Date
- 20 mars 2024
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 11 janvier 2024, le directeur général du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l'académie de Créteil demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : 1°) d'ordonner l'expulsion de M. D A et de tous autres occupants de son chef, en supprimant le délai de deux mois visé à l'article L. 412-1 du code des procédures civiles d'exécution, au besoin avec le concours de la force publique, des lieux qu'il occupe sans droit ni titre au sein de la résidence de Combs-la-Ville, logement 232, 26 rue des Brandons à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), dans les 15 jours à compter de la notification de la décision à venir et de libérer le bien occupé sans droit ni titre de tous les biens meubles qui y sont entreposés, le tout sous peine d'astreinte à raison de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance d'expulsion ; 2°) d'ordonner à M. A de lui rendre les clés du logement et de la boîte aux lettres ainsi que tous les badges d'accès ; 3°) de condamner M. A à lui payer la somme de 50 euros par jour de retard. Il indique que le CROUS exerce une mission de service public constituée notamment par l'attribution de logements aux étudiants et que, dans ce cadre, M. A s'est vu attribuer un logement à la résidence de Combs-la-Ville, qu'il a accumulé une dette de 1 644 euros et que son contrat de location n'a pas été renouvelé. Il soutient que le bien occupé par M. A n'est pas manifestement insusceptible d'être qualifié de dépendance du domaine public puisque les logements attribués aux étudiants le sont par application de l'arrêté du 21 juillet 1970 qui dispose que les résidences universitaires sont installées dans les immeubles appartenant à l'État ou à des établissements publics de l'État ou détenus par eux à un titre quelconque, que la condition d'urgence est remplie car l'intéressé occupe son logement sans droit ni titre depuis le 1er septembre 2023 et que cette occupation fait obstacle à l'utilisation normale de la dépendance du domaine public par un nouvel occupant et qu'il n'y a aucune contestation sérieuse possible de sa part. La requête a été communiquée le 3 février 2024 à M. A qui n'a présenté aucun mémoire en défense. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'éducation ; - le code des procédures civiles d'exécution ; - le code de justice administrative. La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative. Après avoir, au cours de l'audience du 26 février 2024, présenté son rapport en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, et entendu : - les observations de Mme C, représentant le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l'académie de Créteil, qui indique que l'intéressé a accumulé une dette locative et que son renouvellement a donc été refusé, - et les observations de M. A, qui reconnait sa dette mais indique qu'il est en train de la réduire, qu'il ne compte pas partir avant de l'avoir soldée, qu'elle a été constituée car il n'a pas obtenu de contrat d'alternance l'an dernier mais qu'il en a un depuis avec la SNCF. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale () ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public. 2. Les CROUS sont des établissements publics à caractère administratif chargés de remplir une mission de service public en vertu des articles L. 822-1, R. 822-1 et R. 822-14 du code de l'éducation, en accordant notamment, par décision unilatérale, des logements aux étudiants. Même dans le cas où la résidence universitaire ne peut pas être regardée comme une dépendance du domaine public, toute demande d'expulsion du CROUS vise à assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public administratif dont il a la charge et ressortit en conséquence à la compétence de la juridiction administrative. 3. Il résulte des pièces du dossier que, par une décision du 25 septembre 2023, la directrice des résidences Sénart du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l'académie de Créteil a mis en demeure M. A de quitter le logement n° 232 qu'il occupe au sein de la résidence de Combs-la-Ville, la convention d'occupation ayant pris fin le 31 août 2023 et n'ayant pas été renouvelée en raison d'une dette locative. 4. Il est ainsi établi que M. A occupe sans droit ni titre un logement de la résidence de Combs-la-Ville depuis le 1er septembre 2023. En outre, l'évacuation de M. A présente un caractère d'urgence et d'utilité eu égard à la nécessité d'assurer le bon fonctionnement du service public dont est chargé le CROUS de Créteil qui se trouve empêché de disposer du logement en cause pour pourvoir à toutes les demandes d'autres étudiants, qui sont en attente d'un logement. 5. Il y a lieu, par suite, de réduire le délai prévu par l'article L. 412-1 du code des procédures civiles d'exécution et d'enjoindre à M. A d'évacuer, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 10 euros par jour de retard à l'échéance de ce délai, le logement qu'il occupe y compris de ses biens, de restituer les clefs du logement et de la boîte aux lettres ainsi que le badge d'accès. O R D O N N E : Article 1er : Il est enjoint à M. A de libérer les lieux qu'il occupe sans droit ni titre de la résidence de Combs-la-Ville, logement 232, 26 rue des Brandons à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), d'en évacuer les biens lui appartenant, de restituer les clefs du logement et de la boîte aux lettres ainsi que son badge d'accès. Cette libération devra intervenir dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de la somme de 10 euros par jour de retard à l'expiration de ce délai. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au directeur général du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l'académie de Créteil et à M. D A. Le juge des référés,La greffière, B : M. AymardB : S. Aubret La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, La greffière,
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- TA77
- Chambre
- Tribunal Administratif de MELUN
- Dispositif
- Satisfaction Partielle
- Date
- 20 mars 2024
Référence
DTA_2400333_20240320
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel