TA45Tribunal Administratif d'OrléansSatisfaction Totale
TA45 · Tribunal Administratif d'Orléans — 21 février 2024
- ECLI
- DTA_2400579_20240221
- Date
- 21 février 2024
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 14 février 2024, le préfet d'Indre-et-Loire demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : 1°) d'ordonner l'expulsion de la famille D G du logement qu'elle occupe au sein du centre d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile, 1 square Rodin, appartement 402 à Tours ; 2°) d'autoriser le recours à la force publique pour procéder à l'évacuation forcée des lieux. Il soutient que : - la demande d'asile présentée par la famille D G a été rejetée en dernier lieu par une décision de la cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 10 octobre 2022, notifiée le 13 octobre 2022 ; l'association en charge de la gestion du centre d'hébergement lui a notifié un courrier de fin de prise en charge le 10 janvier 2023 ; une mise en demeure de quitter les lieux dans le délai de trente jours lui a été notifiée le 4 décembre 2023 ; - la capacité d'accueil des demandeurs d'asile en Indre-et-Loire est de 770 places, dont 350 places en centre d'accueil des demandeurs d'asile et 336 places en hébergement d'urgence ; la totalité des logements est occupée, notamment par des personnes déboutées du droit d'asile ; 227 demandeurs d'asile sont en attente d'hébergement d'urgence dans le département en décembre 2023 ; le fonctionnement normal du service public est compromis ; - la famille D G occupe irrégulièrement les locaux. Par un mémoire enregistré le 16 février 2024, l'office français de l'immigration et de l'intégration a présenté des observations. Il soutient que onze familles ayant une composition identique sont en attente d'une place en hébergement des demandeurs d'asile. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative. Le président du tribunal a désigné M. E en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. E ; - les observations de M. A, représentant le préfet d'Indre-et-Loire. - et les observations de M. D G, qui soutient que sa famille ne dispose d'aucune autre possibilité de se loger. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". 2. Aux termes de l'article L. 551-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " () Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ". L'article L. 552-15 du même dispose que : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu.() / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire. ". 3. Aux termes de l'article R. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application du premier alinéa de l'article L. 552-15, si une personne se maintient dans le lieu d'hébergement après la date mentionnée à l'article R. 552-12 ou, le cas échéant, après l'expiration du délai prévu à l'article R. 552-13, le préfet du département dans lequel se situe ce lieu d'hébergement ou le gestionnaire du lieu d'hébergement met en demeure cette personne de quitter les lieux dans les cas suivants : / 1° La personne ne dispose pas d'un titre de séjour et n'a pas sollicité d'aide au retour volontaire ou a refusé l'offre d'aide au retour volontaire qui lui a été présentée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ; / 2° La personne bénéficie d'un titre de séjour en France et a refusé une ou plusieurs offres de logement ou d'hébergement qui lui ont été faites en vue de libérer le lieu d'hébergement occupé. / Si la mise en demeure est infructueuse, le préfet ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut, après une décision de rejet définitive et dans les conditions prévues à l'article L. 552-15, saisir le président du tribunal administratif afin d'enjoindre à cet occupant de quitter les lieux. ". 4. Il résulte de ces dispositions que, saisi par un préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité. 5. Il résulte de l'instruction que la demande d'asile présentée par la famille D G, ressortissants camerounais, a été définitivement rejetée par une décision de la cour nationale du droit d'asile lue le 10 octobre 2022 et notifiée le 13 octobre 2022. L'association chargée de gérer le centre d'hébergement 1 square Rodin à Tours lui a notifié le 10 janvier 2023 un courrier mentionnant la fin de sa prise en charge à compter du 31 janvier 2023, en application de l'article L.552-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, la famille D G n'a pas déféré à la mise en demeure de quitter les lieux dans le délai de trente jours, notifiée par le préfet d'Indre-et-Loire le 4 décembre 2023. 6. Le préfet d'Indre-et-Loire soutient sans être contredit que la capacité d'accueil des demandeurs d'asile en Indre-et-Loire est de 770 places et que la totalité de ces logements est occupée, notamment par des personnes déboutées du droit d'asile. Il soutient également que 227 demandeurs d'asile sont en attente d'hébergement d'urgence dans le département d'Indre-et-Loire, dont onze familles ayant une composition identique à celle de la famille D G. 7. Pour les motifs exposés aux points précédents, les conditions d'urgence et d'utilité requises par l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont établies, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'existe une circonstance exceptionnelle impliquant que les autorités de l'Etat fassent bénéficier les défendeurs d'un hébergement d'urgence et la demande du préfet d'Indre-et-Loire ne se heurte à aucune contestation sérieuse. Il y a lieu d'enjoindre à la famille D G, de libérer sans délai l'hébergement pour demandeurs d'asile qu'elle occupe depuis la fin de son droit à l'hébergement. En l'absence de départ volontaire dans un délai de huit jours, le préfet pourra avoir recours au concours de la force publique et donner toutes instructions utiles au gestionnaire afin d'évacuer les biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de la famille D G, à défaut pour celle-ci d'avoir emporté ses effets personnels. O R D O N N E : Article 1er : Il est enjoint à M. F G, Mme B D, Mme C I D et Mme H de libérer sans délai le logement appartement 102 sis au centre d'hébergement d'urgence 1 square Rodin à Tours. Article 2 : En l'absence de départ volontaire à l'issue du délai de huit jours suivant la notification de la présente ordonnance, le préfet d'Indre-et-Loire pourra procéder à l'évacuation forcée des lieux avec le concours de la force publique et prendre les mesures nécessaires pour faire enlever, aux frais et risques de la famille D G, les biens meubles qui se trouveraient dans les lieux. Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la famille D G et au préfet d'Indre-et-Loire. Fait à Orléans le 21 février 2024. Le juge des référés, Jean-Luc E La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- TA45
- Chambre
- Tribunal Administratif d'Orléans
- Dispositif
- Satisfaction Totale
- Date
- 21 février 2024
Référence
DTA_2400579_20240221
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel