TA35MSS 2ème chambre M. GOSSELINMSS 2ème chambre M. GOSSELIN
TA35 · MSS 2ème chambre M. GOSSELIN — 4 avril 2025
- ECLI
- DTA_2501619_20250404
- Date
- 4 avril 2025
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 14 mars 2025, M. B A, représenté par Me Berthaut, demande au tribunal : 1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ; 2°) d'annuler l'arrêté du 8 mars 2025 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence ou, à défaut, annuler l'obligation de pointage ; 3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il soutient que : - l'arrêté d'assignation à résidence est insuffisamment motivé ; - le préfet n'a pas procédé à un examen suffisant de sa situation ; - l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2025, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête. Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code des relations entre le public et l'administration ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; - le code de justice administrative. Le président du tribunal a désigné M. Gosselin, magistrat honoraire, pour exercer ses fonctions en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Gosselin, - les observations de Me Berthaut, représentant M. A, qui reprend ses écritures en indiquant que le lieu de pointage est inapproprié puisqu'il n'a pas le permis de conduire, - les observations de M. C, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, - les explications de M. A, assisté d'un interprète. La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Considérant ce qui suit : Sur l'aide juridictionnelle : 1. M. A justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Sur la légalité de l'arrêté portant assignation à résidence : 2. L'arrêté vise les articles L. 731-1, L. 733-1, L. 733-2 et L. 733-4 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application et mentionne la situation administrative et personnelle de l'intéressé, notamment l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet et dont le délai d'exécution est expiré, et la perspective raisonnable de son départ. Le préfet indique également les modalités de l'assignation et du pointage. L'arrêté comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de l'ensemble de l'arrêté doit donc être écarté. 3. Une telle motivation et l'ensemble des considérants de l'arrêté permettent de vérifier que le préfet, qui a notamment pris en compte la situation de l'intéressé au regard de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, a procédé à un examen suffisant de la situation de M. A. 4. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". 5. En se bornant à indiquer qu'il dispose d'une adresse stable et n'entend pas se soustraire aux mesures de contrôle pour soutenir que les mesures portant obligation de pointage tous les jours, y compris les jours fériés et chômés, à dix-sept heures à la gendarmerie de Chateaugiron, interdiction de sortir de Chateaubourg sauf exceptions et astreinte à demeurer à son domicile tous les jours entre dix-huit et vingt-et-une heures sont disproportionnées, M. A ne fait état d'aucune impossibilité de respecter les mesures d'accompagnement de la décision d'assignation en se déplaçant par les transports en commun et n'établit pas que ces mesures présenteraient un caractère disproportionné au regard de l'objectif poursuivi par la mesure, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il utilise de faux documents administratifs et se maintient irrégulièrement depuis plus de deux ans. Dans ces conditions, et compte tenu de ce que la gendarmerie à Chateaubourg n'est pas ouverte tous les jours, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés. 6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est fondé à demander ni l'annulation de l'arrêté du 8 mars 2025 portant assignation à résidence ni l'annulation des seules modalités de l'obligation de pointage. Sur les frais liés au litige : 7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. A présentées sur ce fondement. D É C I D E : Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Article 2 : La requête de M. A est rejetée. Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet d'Ille-et-Vilaine. Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2025. Le magistrat désigné, signé O. GosselinLa greffière, signé A. Chapalain La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Synthèse
- Juridiction
- TA35
- Chambre
- MSS 2ème chambre M. GOSSELIN
- Formation
- MSS 2ème chambre M. GOSSELIN
- Date
- 4 avril 2025
Référence
DTA_2501619_20250404
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel