Cour de Cassationciv2
Cour de Cassation · civ2 — 7 juin 2007
- ECLI
- ECLI:FR:CCASS:2007:C200901
- Date
- 7 juin 2007
- Condamnation
- 485 563 €
officiers publics ou ministerielsavouétarif (décret du 30 juillet 1980)droit proportionnelunités de basemultipledéterminationcritèresaffaire ne présentant aucune difficulté sérieusedéfinitionavoué se bornant à reprendre les conclusions rédigées par un avocatfrais et depenstaxeaffaires ne présentant aucune difficulté sérieuseavoué se bornant à reprendre les conclusions rédigées par un avocat pouvoirs du premier presidenttaxation des frais et dépensordonnance de taxemotivationnatureportée
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Texte intégral
Sur le moyen unique : Attendu, selon l'ordonnance attaquée, rendue par le premier président d'une cour d'appel statuant en matière de taxe (Chambéry, 30 mars 2006), que, dans une instance opposant le syndicat intercommunal d'Araches La Frasse Morillon (le syndicat) à diverses parties intervenantes à un marché, une cour d'appel a confirmé un jugement d'incompétence au profit de la juridiction administrative ; que la SCP d'avoués Hervé-Jean Pougnand (la SCP), qui avait représenté le Bureau d'assistance géologique, a obtenu du greffier en chef un certificat de vérification de ses émoluments à hauteur de 4 855,63 euros ; que le syndicat a contesté ce certificat ; Attendu que la SCP fait grief à l'ordonnance d'avoir taxé les émoluments de l'avoué à la somme de 191,70 euros représentant vingt et une unités de base, alors, selon le moyen : 1°/ que l'état de frais de la SCP mentionnait expressément que le calcul de l'émolument proportionnel devait être fixé par un multiple de l'unité de base s'agissant d'un intérêt du litige non évaluable en argent ; que dans sa note en réponse à la contestation de son état de frais, la SCP affirmait encore que l'émolument devait être calculé selon un multiple de l'unité de base puisque ni le tribunal ni la cour d'appel n'avaient prononcé de condamnation ; qu'en affirmant dès lors que "L'avoué soutient que l'intérêt du litige est évaluable en argent...", le magistrat taxateur a dénaturé les termes clairs du litige en violation de l'article 4 du nouveau code de procédure civile ; 2°/ que les émoluments alloués aux avoués constituent la rémunération pour tous les actes de la procédure, préparation, rédaction, établissement de l'original et des copies, vacations et démarches de toute nature ; qu'ils sont déterminés, pour les demandes dont l'intérêt du litige n'est pas évaluable en argent par un multiple de l'unité de base ; que le multiple de l'unité de base prévu à l'article 12 du décret fixant le tarif des avoués est déterminé "eu égard à l'importance ou la difficulté de l'affaire" ; que pour fixer le multiple de l'unité de base, le juge taxateur s'est fondé, en l'espèce, notamment sur l'affirmation désobligeante et erronée suivant laquelle l'avoué n'aurait accompli aucune prestation intellectuelle et que son rôle se serait limité à celui de "porteur de plis contenant des conclusions rédigées par l'avocat à l'élaboration desquelles il n'aurait pris aucune part" ; qu'en prenant ainsi en considération une prétendue répartition des rôles entre l'avoué et l'avocat qui ne constitue pas un des critères de fixation de l'unité de base et qui est, de plus, résolument contraire aux principes de détermination de l'émolument proportionnel, le juge taxateur a violé les articles 2, 12 et 13 du décret du 30 juillet 1980 ; 3°/ que le multiple de l'unité de base est fixé en fonction de l'importance ou de la difficulté de l'affaire ; qu'en se bornant à relever que l'affaire ne présentait pas de difficulté sérieuse sans tenir compte de l'importance de l'affaire qui était invoquée par la SCP dans ses écritures dans lesquelles elle faisait en particulier état du montant très élevé de la demande d'indemnisation, le juge taxateur a privé sa décision de base légale au regard de l'article 13 du décret du 30 juillet 1980 ; 4°/ qu''il incombe au juge taxateur de préciser l'importance ou la difficulté de l'affaire sur la base desquelles il détermine le multiple de l'unité de base ; qu'en se bornant à affirmer que l'affaire ne présente aucune difficulté sérieuse sans tenir compte de son importance, le juge taxateur a privé sa décision de base légale au regard de l'article 13 du décret du 30 juillet 1980 ; Mais attendu que c'est sans dénaturer les conclusions de la SCP que le premier président a retenu que l'émolument de l'avoué devait être calculé selon les articles 13 et 14 du décret n° 80-608 du 30 juillet 1980 ; Et attendu qu'ayant relevé que l'affaire ne présentait aucune difficulté sérieuse, l'avoué s'étant borné à reprendre les conclusions rédigées par un avocat, le premier président, prenant ainsi en compte l'un des critères prévus par la loi, a souverainement déterminé le multiple de l'unité de base applicable en l'espèce ; D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne la SCP Hervé-Jean Pougnand aux dépens ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, deuxième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du sept juin deux mille sept.
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Cour de Cassation
- Chambre
- civ2
- Date
- 7 juin 2007
- Matière
- officiers publics ou ministeriels
Référence
ECLI:FR:CCASS:2007:C200901
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel