Cour de Cassationciv2
Cour de Cassation · civ2 — 14 mars 2013
- ECLI
- ECLI:FR:CCASS:2013:C200393
- Date
- 14 mars 2013
- Condamnation
- 250 000 €
securite sociale, accident du travailprocédureprocédure préliminaireappréciation du caractère professionnel de l'accident ou de la maladierespect du principe de la contradictiondomaine d'applicationexclusioncasdécision de prise en charge de la maladie au titre de la législation professionnelle résultant d'une décision juridictionnelle opposable à l'employeur
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Texte intégral
LA COUR DE CASSATION, DEUXIÈME CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le moyen unique : Vu l'article R. 441-11 du code de la sécurité sociale dans sa rédaction applicable ; Attendu qu'il résulte de ce texte qu'un employeur n'est pas recevable à invoquer l'irrégularité de la procédure administrative d'instruction d'une demande de prise en charge d'une maladie au titre de la législation professionnelle menée par une caisse, lorsque la décision de prise en charge résulte d'une décision juridictionnelle rendue dans une procédure intentée par l'assuré qui conteste la décision de refus opposée par la caisse, procédure dans laquelle l'employeur, qui y a été appelé, a pu faire valoir ses moyens de défense ; Attendu, selon l'arrêt attaqué, que la caisse primaire d'assurance maladie de Montbéliard, aux droits de laquelle se trouve la caisse primaire d'assurance maladie du Doubs (la caisse), a refusé de prendre en charge au titre du tableau n° 42 des maladies professionnelles, l'affection déclarée, le 23 avril 2008, par M. X..., salarié de la société ISS Abilis France, devenue ISS Propreté (l'employeur) ; que l'intéressé a saisi une juridiction de sécurité sociale qui a accueilli son recours ; Attendu que pour déclarer inopposable à l'employeur la décision de prise en charge de la maladie de M. X... au titre de la législation professionnelle, l'arrêt énonce que préalablement à la décision de refus de prise en charge notifiée par courrier du 20 octobre 2008, la caisse, qui avait ouvert une procédure d'instruction et avait eu recours à un délai complémentaire, n'a pas informé l'employeur de la clôture de l'instruction, de son droit à venir consulter le dossier et de la date à laquelle elle prévoyait de prendre sa décision ; que cette obligation d'information s'impose à la caisse et doit être respectée par elle quelle que soit la décision envisagée ; que l'obligation d'information et le respect du contradictoire étant d'ordre public, il s'ensuit que l'employeur est fondé à se prévaloir de l'inopposabilité à son égard de toute décision postérieure de prise en charge de la maladie de son salarié au titre de la législation professionnelle ; Qu'en statuant ainsi, alors que l'employeur, mis en cause dans l'instance née du recours exercé par M. X... contre la décision de la caisse de refus de prise en charge de la maladie litigieuse, avait pu faire valoir ses moyens de défense devant les juges du fond, la cour d'appel a violé le texte susvisé ; Et vu l'article 627 du code de procédure civile ; PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il a déclaré inopposable à la société ISS Propreté la décision de prise en charge de la maladie de M. X... au titre de la législation professionnelle, l'arrêt rendu le 31 janvier 2012, entre les parties, par la cour d'appel de Besançon ; DIT n'y avoir lieu à renvoi ; Déclare opposable à la société ISS Propreté la décision de prise en charge au titre de la législation professionnelle de la maladie déclarée le 23 avril 2008 par M. X... ; Condamne la société ISS Propreté aux dépens ; Vu l'article 700 du code de procédure civile, condamne la société ISS Propreté à payer à la caisse primaire d'assurance maladie du Doubs la somme de 2 500 euros ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, deuxième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du quatorze mars deux mille treize. MOYEN ANNEXE au présent arrêt Moyen produit par la SCP de Nervo et Poupet, avocat aux Conseils, pour la caisse primaire d'assurance maladie du Doubs Le moyen reproche à l'arrêt attaqué, infirmatif sur ce point D'AVOIR déclaré inopposable à la société ISS la décision de prise en charge de la maladie de Monsieur X... au titre de la législation professionnelle AUX MOTIFS QU'il résultait des dispositions de l'article R 441-11 du code de la sécurité sociale que la Caisse était tenue, avant de se prononcer sur le caractère professionnel d'une maladie, d'informer l'employeur de la fin de l'instruction, de la possibilité de consulter le dossier et de la date à laquelle elle prévoyait de prendre sa décision ; que cette obligation d'information s'imposait à la Caisse, quelle que soit la décision envisagée ; qu'en l'espèce, il était constant que la Caisse avait ouvert une procédure d'instruction à la suite de la déclaration de maladie litigieuse ; qu'elle avait informé l'employeur du refus de prise en charge ; qu'il était constant que, préalablement à cette décision de rejet, la Caisse n'avait pas informé la société ISS de la clôture de l'instruction, de son droit à venir consulter le dossier et de la date à laquelle elle prévoyait de prendre sa décision ; que la considération de l'absence de grief consécutif à cette décision était inopérante, l'obligation d'information et de respect du contradictoire étant d'ordre public ; que l'employeur était fondé à se prévaloir de l'inopposabilité à son égard de toute décision ultérieure de prise en charge de la maladie de son salarié au titre de la législation professionnelle ; ALORS QUE l'employeur n'est pas recevable à invoquer l'irrégularité de la procédure administrative d'instruction d'une demande de prise en charge d'une maladie au titre de la législation professionnelle, dans le cas où la décision de prise en charge résulte d'une décision juridictionnelle rendue dans une procédure intentée par le salarié contestant la décision de refus opposée par la Caisse, procédure dans laquelle l'employeur a été appelé et a pu faire valoir ses moyens de défense ; qu'en statuant comme elle l'a fait, la Cour d'appel a violé l'article R 441-11 du code de la sécurité sociale.
Articles de loi cités
article 700 du code de procédure civilearticle 627 du code de procédure civile
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Cour de Cassation
- Chambre
- civ2
- Date
- 14 mars 2013
- Matière
- securite sociale, accident du travail
Référence
ECLI:FR:CCASS:2013:C200393
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel