Conseil d'État · 6ème chambre — 14 mars 2025
- ECLI
- ECLI:FR:CECHS:2025:499076.20250314
- Date
- 14 mars 2025
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IAFaits
Une agent pénitentiaire a saisi le juge des référés du tribunal administratif de la Guyane pour demander la suspension d’un arrêté du 23 octobre 2024 la plaçant en disponibilité pour raison de santé pour une durée d’un an à compter du 1er novembre 2024, au motif que cette mesure la priverait de tout ou partie de son traitement. Le juge des référés a rejeté sa demande par une ordonnance du 21 novembre 2024. L’agent a ensuite formé un pourvoi devant le Conseil d’État, sans recourir à un avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, bien que cette obligation lui ait été notifiée dans la décision attaquée.
Procédure
L’agent a introduit un pourvoi en cassation contre l’ordonnance de rejet du juge des référés, assorti de mémoires complémentaires. Le Conseil d’État a examiné la recevabilité du pourvoi au regard des dispositions du code de justice administrative imposant, sous peine d’irrecevabilité, le ministère d’un avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation pour les recours en cassation, sauf exceptions légales. La notification de l’ordonnance attaquée mentionnait expressément cette obligation.
Question juridique
Un pourvoi en cassation formé contre une ordonnance de référé du tribunal administratif, sans ministère d’avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation alors que cette obligation a été rappelée dans la notification de la décision attaquée, est-il recevable ?
Solution
source officielleLe Conseil d’État déclare le pourvoi irrecevable et refuse son admission, au motif que l’obligation de ministère d’avocat, applicable en l’espèce et rappelée dans la notification de l’ordonnance attaquée, n’a pas été respectée. La décision ordonne donc que le pourvoi ne soit pas admis (article 1er de l’ordonnance).
Résumé généré automatiquement — à vérifier avec la décision originale.
Texte intégral
Vu la procédure suivante : Mme B A a demandé au juge des référés du tribunal administratif de la Guyane d'ordonner, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 23 octobre 2024 par lequel la directrice des services pénitentiaires de l'outre-mer a décidé son maintien en disponibilité pour raison de santé pour un an à compter du 1er novembre 2024, en tant que cette décision aura pour effet de la priver de tout ou partie de son traitement. Par une ordonnance n° 2401607 du 21 novembre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et des mémoires, enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d'État les 21, 27 et 29 novembre 2024, les 16 et 24 décembre 2024 ainsi que le 12 février 2025, Mme A doit être regardée comme demandant au Conseil d'État : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 du même code : " Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat (), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre ". Selon l'article R. 821-3 : " Le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'État, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions de la commission centrale d'aide sociale et des juridictions de pension ". Enfin, en vertu du deuxième alinéa de l'article R. 612-1, le juge de cassation peut rejeter, sans demande de régularisation préalable, les conclusions présentées en méconnaissance de cette obligation, lorsqu'elle a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée. 2. Le pourvoi de Mme A, qui n'est pas au nombre de ceux que l'article R. 821-3 du code de justice administrative dispense de l'obligation de ministère d'avocat, n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation alors que la notification de l'ordonnance attaquée faisait mention de cette obligation. Par suite, ce pourvoi n'est pas recevable et ne peut, dès lors, être admis. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de Mme A n'est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A. Copie en sera adressée au ministre d'Etat, garde des sceaux, ministre de la justice. Fait à Paris, le 14 mars 2025 Signé : Mme D C La République mande et ordonne au ministre d'Etat, garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Marie-Adeline Allain
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Conseil d'État
- Chambre
- 6ème chambre
- Formation
- 6ème chambre
- Date
- 14 mars 2025
Référence
ECLI:FR:CECHS:2025:499076.20250314
Données disponibles
- Texte intégral