Conseil d'État · Section du Contentieux — 9 avril 2025
- ECLI
- ECLI:FR:CEORD:2025:498891.20250409
- Date
- 9 avril 2025
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IAFaits
L'association Agir ensemble pour nos droits a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Melun, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, afin d'obtenir la communication des coordonnées d'un avocat et l'annulation d'une décision administrative. Par une ordonnance du 24 octobre 2024, le juge des référés a rejeté sa demande. L'association a formé un pourvoi contre cette ordonnance devant le Conseil d'Etat.
Procédure
Le Conseil d'Etat examine le pourvoi formé par l'association contre l'ordonnance de rejet du juge des référés. Il rappelle que les décisions rendues en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative ne peuvent faire l'objet que d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat. Il vérifie ensuite la recevabilité du pourvoi, notamment l'obligation de représentation par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, prévue par l'article R. 821-3 du même code.
Question juridique
La question juridique porte sur la recevabilité du pourvoi formé par l'association contre une ordonnance de rejet rendue par le juge des référés sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, au regard de l'obligation de représentation par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation.
Solution
source officielleLe Conseil d'Etat déclare le pourvoi irrecevable et ne l'admet pas, en raison du défaut de ministère d'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, obligatoire pour l'introduction d'un pourvoi en cassation devant cette juridiction.
Résumé généré automatiquement — à vérifier avec la décision originale.
Texte intégral
Vu la procédure suivante : L'association Agir ensemble pour nos droits a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Melun, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner, d'une part, la communication des coordonnées de l'avocat réclamées à la SCP Hélène Didier et François Pinet, avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation et, d'autre part, " l'annulation immédiate de la décision du 22 août 2024 de Mme B A de réclamer une somme d'argent au profit de l'Etat ". Par une ordonnance n° 2410607 du 24 octobre 2024, la présidente du tribunal administratif de Melun, statuant sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, a rejeté sa demande. Par un pourvoi, enregistré le 14 novembre 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l'association Agir ensemble pour nos droits, demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". En vertu de l'article L. 523-1 du même code, " les décisions rendues en application des articles L. 521-1, L. 521-3, L. 521-4 et L. 522-3 sont rendues en dernier ressort ", alors que " les décisions rendues en application de l'article L. 521-2 sont susceptibles d'appel devant le Conseil d'Etat ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'ordonnance par laquelle le juge des référés rejette une demande en faisant usage du pouvoir que lui donne l'article L. 522-3 ne peut faire l'objet que d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat, sans qu'il y ait lieu de distinguer si la demande dont a été saisi le juge a été présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 ou de l'article L. 521-2. 2. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 de ce même code : " Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat (), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre ". 3. Aux termes de l'article R. 821-3 du code de justice administrative : " Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ". En vertu du deuxième alinéa de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, des conclusions présentées en méconnaissance de cette obligation, lorsqu'elle a été mentionnée dans la notification de la décision contestée, peuvent être rejetées sans demande de régularisation préalable. 4. Le pourvoi de l'association Agir ensemble pour nos droits tend à l'annulation d'une ordonnance rendue, sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, par la présidente du tribunal administratif de Melun. Il ne fait pas partie de ceux que l'article R. 821-3 du code de justice administrative dispense de l'obligation de représentation par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation. Le pourvoi de l'association Agir ensemble pour nos droits n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation alors que la notification de l'ordonnance attaquée faisait mention de cette obligation. Dès lors, ce pourvoi n'est pas recevable et ne peut être admis. ORDONNE : Article 1er: Le pourvoi de l'association Agir ensemble pour nos droits n'est pas admis. Article 2: La présente ordonnance sera notifiée à l'association Agir ensemble pour nos droits. Fait à Paris, le 9 avril 2025 Le président : Bertrand Dacosta La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :
Citations
Aucune citation répertoriée pour cette décision.
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Synthèse
- Juridiction
- Conseil d'État
- Chambre
- Section du Contentieux
- Dispositif
- Cassation
- Date
- 9 avril 2025
Référence
ECLI:FR:CEORD:2025:498891.20250409
Données disponibles
- Texte intégral