HATVPDeliberation
HATVP · Deliberation — 4 avril 2023
- ECLI
- HATVP:2023-109
- Date
- 4 avril 2023
transparence vie publiquedeontologie
Source : DILA / Judilibre · open data
Mes notes
privées · visibles par vous seulRésumé structuré
IAFaits
Non déterminable à partir du texte fourni.
Procédure
Non déterminable à partir du texte fourni.
Question juridique
Non déterminable à partir du texte fourni.
Solution
source officielleReconversion professionnelle (agent) VIAL Martin Compatibilité avec réserves
Résumé généré automatiquement — à vérifier avec la décision originale.
Analyse IA non disponible
Générez un résumé intelligent de cette décision
Texte intégral
1
Délibération n° 2023-109 du 4 avril 2023
relative à la mobilité professionnelle de Monsieur Martin Vial
LA HAUTE AUTORITE POUR LA TRANSPARENCE DE LA VIE PUBLIQUE,
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique ;
- le code pénal ;
- le décret n° 2020 -69 du 30 janvier 2020 relatif aux contrôles déontologiques dans la
fonction publique ;
- le décret n° 2004-963 du 9 septembre 2004 portant création du service à compétence
nationale Agence des participations de l’État ;
- la saisine de la Haute Autorité en date du 10 mars 2023 ;
- les autres pièces du dossier ;
- le rapport présenté ;
Rend l’avis suivant :
1. Le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
a saisi la Haute Autorité d’une demande d ’avis sur la mobilité professionnelle de Monsieur
Martin Vial, qui a occupé, du 24 août 2015 au 1er juin 2022, l’emploi de commissaire aux
participations de l’État, directeur général de l’A gence des participations de l’État (APE).
L’intéressé exerce actuellement des fonctions de senior adviser pour le compte de la société
Montefiore Investment, spécialisée dans le capital -investissement. Cette mobilité avait fait
l’objet, par une délibération de la Haute Autorité n° 2022-130 du 5 avril 2022, d’un avis de
compatibilité avec réserves. Monsieur Vial souhaite désormais relancer l’activité de la société
par actions simplifiée à associé unique (SASU) Care Invest, qu’il avait créée en janvier 2015
et qui a été mise en sommeil lors de sa prise de fonctions à l’APE.
2
I. La saisine
2. L’article L. 124-4 du code général de la fonction publique dispose : « L’agent public
cessant ou ayant cessé ses fonctions depuis moins de trois ans, définitivement ou
temporairement, saisit à titre préalable l’autorité hiérarchique dont il relève ou a relevé dans
son dernier emploi afin d’apprécier la compatibilité de toute activité lucrative, salariée ou non,
dans une entreprise privée ou un organisme de droit privé ou de toute activité libérale avec les
fonctions exercées au cours des trois années précédant le début de cette activité (…) ».
3. Il résulte des dispositions de l’article L. 124-5 du même code, de l’article 2 du décret
du 30 janvier 2020 et du 7° de l’article 11 de la loi du 11 octobre 2013 que la demande prévue
à l’article L. 124 -4 doit obligatoirement être soumise à l’avis préalable de la Haute Autorité
lorsqu’elle émane d’une personne ayant occupé, au cours des trois dernières années, un emploi
à la décision du Gouvernement pour lequel elle a été nommée en conseil des ministres.
4. Monsieur Vial a occupé un tel emploi au cours des trois dernières années et l’activité
qu’il souhaite entreprendre est une activité lucrative dans une entreprise privée. Il appartient
donc à l a Haute Autorité d’apprécier la compatibilité de la mobilité professionnelle de
l’intéressé avec les fonctions publiques qu’il a exercées au cours des trois dernières années.
5. Selon l’article L. 124 -12 du code général de la fonction publique, le contrôle de la
compatibilité consiste , en premier lieu, à rechercher si l’activité envisagée risque de placer
l’agent en situation de commettre l’i nfraction prévue à l’article 432 -13 du code pénal . Il
implique, en second lieu, d’examiner si cette activité comporte des risques de nature
déontologique. À ce titre, l’activité ne doit pas être susceptible de compromettre ou mettre en
cause le fonctionnement normal, l’indépendance ou la neutralité du service ou de méconnaître
les principes déontologiques de dignité, d’impartialité, de neutralité, d’intégrité et de probité
rappelés aux articles L. 121-1 et L. 121-2 du code général de la fonction publique.
II. La compatibilité de l’activité envisagée avec les fonctions publiques exercées
au cours des trois dernières années
6. La SASU Care Invest a pour objet toute activité de conseil, de recherche
d’investissements, de partenariats dans le secteur des services et plus généralement toutes
opérations commerciales, industrielles, financières, immobilières ou mobilières s’y rattachant.
Dans ce cadre, Monsieur Vial envisage notamment de prendre pour cliente [mention occultée
en application de l’article L. 124-16 du code général de la fonction publique1].
1 Conformément à l’article L. 311-6 du code des relations entre le public et l’administration [(…) ne sont pas
communicables les informations dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, au secret
médical et au secret des affaires (…)]. 3
1. Le risque pénal, au regard du délit de prise illégale d’intérêts
7. Le premier alinéa de l’article 432 -13 du code pénal punit de trois ans
d’emprisonnement et d’une amende de 200 000 euros le fait, pour un agent public, de prendre
ou de recevoir une participation par travail, conseil ou capitaux dans une entreprise privée alors
qu’il a été chargé, dans le cadre des fonctions qu’il a effectivement exercées au cours des trois
dernières années, soit d’assurer la surveillance ou le contrôle de cette entreprise, soit de conclure
avec elle un contrat de toute nature ou de formuler un avis sur un tel contrat, soit de proposer à
l’autorité compétente des décisions relatives à des opérations de cette entreprise ou de formuler
un avis sur de telles décisions. Le deuxième alinéa de cet article punit des mêmes peines toute
participation par travail, conseil ou capitaux dans une entreprise privée qui possède au moins
30 % de capital commun ou a conclu un contrat comportant une exclusivité de droit ou de fait
avec l’une des entreprises mentionnées au premier alinéa.
8. La SASU Care Invest a cessé temporairement ses activités préalablement à la
nomination de Monsieur Vial à la tête de l’APE, de sorte que l’intéressé n’a pas pu accomplir
à son égard l’un des actes relevant de l’article 432 -13 du code pénal dans le cadre de ses
fonctions publiques.
9. En revanche, le risque de prise illégale d’intérêts ne saurait être exclu à l’égard des
entreprises privées, au sens de l’article 432 -13 du code pénal, que Monsieur Vial pourrait
prendre pour clientes par l’intermédiaire de sa société. L’infraction de prise illégale d’intérêts
pourrait en effet être constituée dans l’hypothèse où Monsieur Vial prendrait une participation
par travail, conseil ou capitaux dans une entreprise à l’égard de laquelle il aurait accompli, dans
le cadre de ses fonctions publiques au cours des trois dernières années, l’un des actes
mentionnés à l’article précité, ou qui aurait avec une telle entreprise l’un des liens mentionnés
au deuxième alinéa du même article. Il en irait notamment ainsi de toute entreprise relevant du
périmètre de l’APE lorsque Monsieur Vial en était le directeur général, l’ensemble des fonctions
de contrôle et de surveillance de l’Agence étant exercées sous sa responsabilité. Une prudence
toute particulière doit ainsi être observée par Monsieur Vial dans le choix de ses clients.
10. Dans le cas particulier de [mention occultée en application de l’article L. 124-16 du
code général de la fonction publique] , la Haute Autorité relève que [mention occultée en
application de l’article L. 124-16 du code général de la fonction publique] ne saurait être
qualifié d’entreprise privée au sens des dispositions de l’article 432-13 du code pénal. Dès lors,
le risque de prise illégale d’intérêts peut être écarté [mention occultée en application de l’article
L. 124-16 du code général de la fonction publique].
2. Les risques déontologiques
11. Il ne ressort pas des éléments dont dispose la Haute Autorité que le projet de
Monsieur Vial serait, en soi, de nature à faire naître un doute sur le respect, par l’intéressé, des
principes déontologiques qui s ’imposaient à lui dans l ’exercice de ses fonctions publiques,
rappelés aux articles L. 121-1 et L. 121-2 du code général de la fonction publique. 4
12. En revanche, Monsieur Vial pourrait, dans le cadre de son activité de conseil ,
entreprendre des démarches , pour son compte ou celui de ses clients, auprès de l’APE ou du
ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique , auquel
l’APE est directement rattachée, et des membres de son cabinet. Dans ces conditions, il convient
d’encadrer les futures relations professionnelles de l’intéressé afin de prévenir tout risque de
mise en cause du fonctionnem ent normal, de l’ indépendance ou de la neutralité de
l’administration.
13. Afin de prévenir les risques d’ordre pénal et déontologique identifiés ci-dessus,
Monsieur Vial devra, au titre de sa nouvelle activité professionnelle, s’abstenir de réaliser :
- directement ou indirectement, toute prestation pour le compte d’une entreprise privée à
l’égard de laquelle il aurait accompli, au cours des trois années précédant la prestation
envisagée, un des actes relevant de l’article 432 -13 du code pénal tels que précisés au
point 9, ou qui aurait avec une telle entreprise l’un des liens ment ionnés au deuxième
alinéa du même article ;
- toute démarche, y compris de représentation d’intérêts , auprès de Monsieur
Bruno Le Maire, tant que celui-ci sera membre du Gouvernement, et des membres de
son cabinet, qui étaient en fonction en même temps que Monsieur Vial et qui occupent
encore des fonctions publiques ; cette réserve vaut, pour chacune des personnes qu’elle
vise, jusqu’à l’expiration d’un dél ai de trois ans suivant la cessation de la relation de
travail entre Monsieur Vial et la personne concernée ;
- jusqu’au 1er juin 2025, directement ou indirectement, toute prestation, de quelque nature
que ce soit, pour le compte de l’Agence des participations de l’État ;
- pour la même période, toute démarche, y compris de représentation d’intérêts, auprès
de l’Agence des participations de l’État.
Le respect de ces réserves fera l’objet d’un suivi régulier par la Haute Autorité.
14. La Haute Autorité rappelle qu’en application des articles L. 121-6 et L. 121-7 du code
général de la fonction publique , il incombe à Monsieur Vial de n’utiliser aucun document ou
renseignement non public dont il aurait eu connaissance du fait de ses anciennes fonctions
publiques, sans limite de durée.
15. La Haute Autorité rappelle également que dans l’hypothèse où Monsieur Vial
exercerait des activités conduisant à ce qu’il soit qualifié de représentant d’intérêts au sens des
articles 18 -1 et suivants de la loi du 11 octobre 2013, il devra s’inscrire au répertoire des
représentants d’intérêts et veiller à respecter les règles déontologiques définies à l’article 18 -5
de cette loi.
5
16. Cet avis est rendu au vu des informations fournies par l’auteur de la saisine. Il ne vaut
que pour l’activité mentionnée et telle que décrite dans la saisine. L’exercice de toute nouvelle
activité professionnelle au sens de l ’article L. 124-4 du code général de la fonction publique ,
dans les trois ans suivant la cessation des fonctions publiques de l’intéressé, devra faire l’objet
d’une nouvelle saisine de son ancienne autorité hiérarchique.
17. En application de l’article L. 124-15 du code général de la fonction publique, cet avis,
dont les réserves lient l’administration et s’imposent à l’agent, sera notifié à Monsieur Vial, au
ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au
directeur général de l’APE.
Le Président
Didier MIGAUD Citations
Aucune citation répertoriée pour cette décision.
Décisions connexes
Aucune décision similaire identifiée pour le moment.
Synthèse
- Juridiction
- HATVP
- Chambre
- Deliberation
- Date
- 4 avril 2023
- Matière
- transparence vie publique
Référence
HATVP:2023-109
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel