TA34Tribunal Administratif de Montpellier
TA34 · Tribunal Administratif de Montpellier — 10 novembre 2022
- ECLI
- ORTA_2205797_20221110
- Date
- 10 novembre 2022
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Chninif, demande au tribunal :
1°) d'ordonner la production de l'entier dossier par l'administration ;
2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'arrêté en date du 13 octobre 2022 par lequel le préfet du Gard a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de 6 mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sur l'urgence : l'exécution de la décision contestée fait obstacle à la poursuite de son activité professionnelle dans la mesure où il exerce la profession de monteur et est obligé de se déplacer sur les chantiers de son employeur ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision : les moyens de légalité externe et interne contenus dans la requête au fond sont de nature à justifier l'annulation de la décision attaquée ; l'arrêté ne comporte pas la moindre mention relative à l'appareil cinémomètre utilisé aux fins de constater l'infraction litigieuse et le préfet ne justifie pas que cet appareil aurait été homologué ou ait fait l'objet de vérifications régulières ; la durée de la suspension prononcée par le préfet est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'il s'agit d'un fait isolé et qu'il risque de perdre son emploi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande au juge des référés de suspendre l'arrêté en date du 13 octobre 2022 par lequel le préfet du Gard a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de 6 mois.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes enfin de l'article L 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. A l'appui de sa demande de suspension de l'exécution de l'arrêté du 13 octobre 2022 M. A fait valoir que l'exécution de cette décision préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation professionnelle dès lors que son permis de conduire lui est nécessaire pour l'exécution de ses obligations professionnelles dans la mesure où son métier de monteur l'oblige à se déplacer fréquemment sur les chantiers de l'entreprise qui l'emploie. Cependant, le requérant n'établit pas qu'il serait dans l'impossibilité d'utiliser d'autres modes de transport, notamment la location de véhicules utilisables sans permis de conduire, ou d'être véhiculé par d'autres salariés de son employeur, pour ses déplacements. Dès lors, et quelle que soit la gêne qui en résulte pour l'intéressé et les conséquences professionnelles ou personnelles résultant de la perte de validité de son permis, M. A n'apporte pas de justifications suffisantes de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence. Par suite, sans qu'il soit besoin de vérifier s'il est fait état d'un moyen propre à créer en l'état de l'instruction un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par M. A.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il y ait lieu d'ordonner la production de l'entier dossier de l'intéressé, qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, en ce compris ses conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie pour information en sera adressée au préfet du Gard.
Fait à Montpellier, le 10 novembre 2022.
Le juge des référés,
J. Charvin
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 novembre 2022.
La greffière,
A.LacazeAvocats intervenants
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- TA34
- Chambre
- Tribunal Administratif de Montpellier
- Date
- 10 novembre 2022
Référence
ORTA_2205797_20221110
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
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