TA106Tribunal Administratif de la Guyane
TA106 · Tribunal Administratif de la Guyane — 20 octobre 2023
- ECLI
- ORTA_2301938_20231020
- Date
- 20 octobre 2023
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2023, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative : 1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ; 2°) d'enjoindre au préfet de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 18 octobre 2023 et des décisions afférentes ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Mme B soutient, d'une part, que l'urgence est caractérisée par son placement en rétention et l'imminence de l'exécution de la mesure d'éloignement, d'autre part, que le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à la vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors notamment qu'elle vit en Guyane depuis plusieurs année, qu'elle a des problèmes gynécologiques et des examens complémentaires à effectuer et ne peut voyager ; elle ajoute qu'elle serait exposée à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la CEDH. Vu les autres pièces du dossier. Vu ; - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative. Considérant ce qui suit : 1. En vertu de l'article L.521-2 du code de justice administrative, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle, notamment, une personne morale de droit public aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Sur le fondement de ces dispositions, Mme B, ressortissante brésilienne, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 18 octobre 2023 par le préfet de la Guyane et des décisions afférentes. 2. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, d'admettre provisoirement Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle. 3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". 4. Né le 4 mai 1973, Mme B, de nationalité brésilienne, allègue résider depuis plusieurs années en Guyane, mais n'en justifie pas et ne fait mention d'aucun lien qu'elle aurait tissée sur le territoire français, ni d'aucune activité. Par ailleurs, si elle fait valoir que son état de santé nécessiterait des examens en vue d'une opération, elle n'en justifie pas par les attestations médicales produites, notamment une convocation au centre hospitalier de Cayenne pour le 16 novembre prochain sur laquelle figure la mention " 1ère fois ", de même que l'impossibilité de voyager alléguée, ni des risques pour sa santé auxquels elle serait exposée en cas de retour au Brésil. Dans ces conditions, le préfet de la Guyane n'a pas porté à la liberté fondamentale de Mme B de mener une vie privée et familiale normale une atteinte grave et manifestement illégale par rapport aux buts en vue desquels la mesure d'éloignement a été prise. Pareillement, si la requérante invoque le risque d'être exposée en cas de renvoi à des traitements inhumains et dégradants en violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle ne justifie aucunement d'être menacée personnellement par un tel risque. 5. En vertu de l'article L.522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience, notamment lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, qu'elle est mal fondée. Dans les circonstances précédemment exposées, la requête de Mme B est manifestement mal-fondée. Elle peut dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées, en toutes ses conclusions, y compris tendant à l'allocation de frais de procès. O R D O N N E : Article 1er : La requête de Mme B est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B. Une copie en sera adressée au préfet de la Guyane, au directeur de la police aux frontières de la Guyane et à l'association " La Cimade ". Rendue publique par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023. Le juge des référés, Signé O. GUISERIX La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Le greffier en chef, Ou par délégation le greffier, Signé L MAYEN
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- TA106
- Chambre
- Tribunal Administratif de la Guyane
- Date
- 20 octobre 2023
Référence
ORTA_2301938_20231020
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
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