TA44Tribunal Administratif de Nantes
TA44 · Tribunal Administratif de Nantes — 28 janvier 2025
- ECLI
- ORTA_2500603_20250128
- Date
- 28 janvier 2025
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 14 janvier 2025 sous le numéro 2500603, M. B D, agissant au nom de ses enfants mineurs E D, A D et C D, représentés par Me Nombret, demandent au juge des référés : 1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa a rejeté le recours formé contra la décision par laquelle l'ambassade de France à Téhéran (Iran) a rejeté les demandes de visas de long séjour au titre de la réunification familiale présentées par E D, A D et C D, ses enfants mineurs ; 2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à un nouvel examen des demandes de visas présentées par E D, A D et C D à fin de délivrance des visas de long séjour, ce dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir avec astreinte de 100 euros par jour de retard ; 3°) d'admettre les requérants à l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Nombret renonce à percevoir la part contributive de l'Etat et à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à E D, A D et C D de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il s'agit de membres de la famille d'un ressortissant étranger bénéficiant de la protection subsidiaire qui sont mineurs, que leur mère est décédée en 2013 et vivent en Iran auprès de leur grand-mère paternelle, âgée et vulnérable et dont la situation économique est d'une grande précarité ; ils courent le risque d'être expulsés vers l'Afghanistan - il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : la décision est insuffisamment motivée ; la décision est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 434-3 et 4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; les enfants se trouvent dans un pays étranger, sans leur père et représentant légal, leur mère étant décédée en Afghanistan. Vu : - les pièces du dossier ; - la requête tendant à l'annulation de la décision attaquée. Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - la convention internationale des droits de l'enfant ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative. Le président du tribunal a désigné Mme Tiger-Winterhalter, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative. Considérant ce qui suit : 1. M. B D, ressortissant afghan né le 31 décembre 1981 a été admis au bénéfice de la protection subsidiaire par une décision du 27 septembre 2021 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides. Les enfants mineurs de M. B D, Mme E D, née le 19 septembre 2009, MM. A D et C D, respectivement nés le 23 février 2011 et le 5 janvier 2013, ont sollicité auprès de l'autorité consulaire française à Téhéran un visa de long séjour au titre de la réunification familiale. Par des décisions du 1er août 2024, notifiées le 14 octobre 2024, ladite autorité a refusé leur demande au motif que les documents produits ne permettaient pas de justifier que le lien de filiation n'était établi qu'à l'égard de la personne que les enfants entendaient rejoindre en France et que l'autre parent était décédé ou déchu de ses droits parentaux ou que les enfants auraient été confiés à une personne qu'ils entendaient rejoindre en France au titre de l'autorité parentale en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère En réponse au recours préalable obligatoire réceptionné le 30 octobre 2024, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a également opposé un refus implicite. Le requérant demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision. Sur les conclusions au titre de l'aide juridictionnelle provisoire : 2. M. D a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 en portant application, de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle. Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : 3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui ne présentent pas un caractère d'urgence. 4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire. 5. Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution de la décision en litige, les requérants font valoir leurs conditions de vie précaires en Iran auprès de leur grand-mère paternelle âgée ainsi que les risques d'être expulsés de force vers l'Afghanistan. Toutefois, il n'est pas établi par les propos se rapportant à des considérations générales quant à la politique d'accueil des autorités iraniennes à l'égard des ressortissants afghans que les conditions de vie de la famille en Iran seraient particulièrement difficiles ou se seraient détériorées ni qu'un risque à court terme d'expulsion les menacerait. Ainsi, les considérations avancées par les requérants ne constituent pas une situation justifiant de l'urgence à statuer sur les demandes de visa des intéressés. Dans ces conditions, la décision attaquée ne peut être regardée comme portant atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à la situation des requérants et des membres de la famille dans l'attente de l'examen du recours en annulation. 6. Il résulte de tout ce qui précède, qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension et d'injonction sous astreinte, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative. O R D O N N E : Article 1er : M. B D, Mme E D, M. A D et M. C D sont admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B D est rejeté. Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D, et à Me Nombret. Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur. Fait à Nantes, le 28 janvier 2025. La vice-présidente, juge des référés, N. Tiger-Winterhalter La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, La greffière, N°2500603
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Chronologie de l'affaire
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Synthèse
- Juridiction
- TA44
- Chambre
- Tribunal Administratif de Nantes
- Date
- 28 janvier 2025
Référence
ORTA_2500603_20250128
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel