TA38Tribunal Administratif de Grenoble
TA38 · Tribunal Administratif de Grenoble — 11 juillet 2025
- ECLI
- ORTA_2507068_20250711
- Date
- 11 juillet 2025
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 8 juillet 2025, Mme B C A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de lui proposer ainsi qu'à sa famille un hébergement. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'action sociale et des familles ; - le code de justice administrative. Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé. Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience. Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Palmer, greffier d'audience, M. Pfauwadel a lu son rapport et entendu les observations de Mme C A. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". 2. Aux termes de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Dans chaque département est mis en place, sous l'autorité du représentant de l'Etat, un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. Cette orientation est assurée par un service intégré d'accueil et d'orientation, dans les conditions définies par la convention conclue avec le représentant de l'Etat dans le département prévue à l'article L. 345-2-4. () ". Aux termes de l'article L. 345-2-2 du même code : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. () ". 3. Il appartient aux autorités de l'Etat de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette tâche peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée. 4. Mme C A a exposé au cours de l'audience qu'elle était née en France et de nationalité française, qu'elle est partie en Turquie il y a dix ans à l'âge de 22 ans, qu'elle s'est mariée dans ce pays avec un ressortissant turc et que trois enfants sont nés de cette union. A la suite d'une dispute familiale, ils ont quitté la Turquie à bord de leur voiture, M. A détenant un visa en qualité de conjoint de Française, pour arriver à Annemasse le 27 juin 2025. Le 115 ne leur ayant proposé aucune solution d'hébergement alors qu'ils dorment dans leur voiture, Mme C A demande qu'il soit enjoint au préfet de la Haute-Savoie de leur proposer un hébergement. La requérante a indiqué que toute sa famille réside en France et en particulier à Annemasse, mais qu'elle refuse de les héberger en raison d'une autre mésentente familiale, la sœur de son mari ayant divorcé de son propre frère. Eu égard à l'ensemble de ces circonstances et à la saturation généralisée des hébergements d'urgence, l'administration de l'Etat ne peut pas, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme ayant été l'auteur d'une carence ayant entraîné des conséquences graves et comme ayant ainsi porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Par suite, la requête doit être rejetée O R D O N N E : Article 1er : La requête de Mme C A est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à de Mme B C A, au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles. Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie. Fait à Grenoble, le 11 juillet 2025. Le juge des référés, T. PFAUWADEL La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- TA38
- Chambre
- Tribunal Administratif de Grenoble
- Date
- 11 juillet 2025
Référence
ORTA_2507068_20250711
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
- Analyse IA