TA107Tribunal Administratif de Mayotte
TA107 · Tribunal Administratif de Mayotte — 29 janvier 2026
- ECLI
- ORTA_2600310_20260129
- Date
- 29 janvier 2026
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2026, M. B... A..., demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : 1°) de lui désigner un avocat commis d’office et de lui accorder l’aide juridictionnelle provisoire ; 2°) d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté n° 2294/2026 du 27 janvier 2026 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai à destination des Comores et lui a interdit tout retour sur le territoire français pendant une durée d’une année en tant qu’il porte obligation de quitter le territoire français ; 3°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, assortie d’une astreinte de cent cinquante euros par jour de retard ; 4°) le cas échéant, d’enjoindre au préfet de Mayotte d’organiser et financer son retour sur le territoire de Mayotte dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de trois cents euros par jour de retard. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; - le code de justice administrative. La présidente par intérim du tribunal a désigné M. Jégard, pour statuer sur les demandes en référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative. Considérant ce qui suit : Sur les conclusions fondées sur l’article L. 521-2 du code de justice administrative : Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de l’article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». M. B... A..., ressortissant comorien né en 2005 à Mayotte, a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français sans délai prise le 27 janvier 2026 par le préfet de Mayotte assortie d’une interdiction de retour sur le territoire français. Le requérant justifie de sa scolarisation continue sur le territoire à compter de 2011, de la classe préparatoire (CP) à celle de troisième, en 2020 et se prévaut du bénéfice d’un accompagnement par les services de prévention spécialisée des Apprentis d’Auteuil Mayotte depuis 2021 ainsi que par la Mission locale de Mayotte. Toutefois, s’il soutient que le centre de ses intérêts privés et familiaux à Mayotte et qu’il résulte des pièces produites au dossier que l’intéressé est père d’un enfant né sur l’ile en 2023, il ne justifie ni de sa contribution effective à l’entretien et à l’éducation de son fils ni de l’existence d’une communauté de vie avec ce dernier et la mère de son enfant, sur laquelle il ne fournit aucun élément. Par ailleurs, en se bornant à produire la carte de séjour pluriannuelle en cours de validité de son frère aîné ainsi que la carte nationale d’identité de son plus jeune frère de nationalité française, il ne démontre pas l’intensité de leurs liens. Enfin, il résulte des écritures et de l’ordonnance n° 2501045 du 19 juin 2025 que M. A... a fait l’objet le 26 février 2024 d’une condamnation assortie d’un sursis probatoir de deux ans pour des actes de violences commis en 2024. Dans ces conditions et notamment en l’absence d’éléments sur le déroulement de sa probation, toujours en cours, M. A... est manifestement mal fondé à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il y a lieu, par suite, alors même que M. A... fait valoir qu’il se trouve dans une situation d’urgence, de rejeter sa requête en toutes ses conclusions, par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle : Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…) l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente ou son président. / (…) ». Toutefois, l’article 7 de cette loi énonce : « L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable, dénuée de fondement ou abusive (…) ». Il résulte de ces dispositions que, la requête de M. A... étant manifestement dénuée de fondement, sa demande d’admission provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle doit être rejetée. O R D O N N E : Article 1er : M. A... n’est pas admis provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle. Article 2 : La requête de M. A... est rejetée. Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera transmise au préfet de Mayotte, à la ministre des outre-mer et au ministre de l’intérieur en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative. Fait à Mamoudzou, le 29 janvier 2026. Le juge des référés, X. JÉGARD La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. 3
Citations
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Chronologie de l'affaire
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Synthèse
- Juridiction
- TA107
- Chambre
- Tribunal Administratif de Mayotte
- Date
- 29 janvier 2026
Référence
ORTA_2600310_20260129
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel