Cour de Cassationsoc
Cour de Cassation · soc — 3 juillet 1996
- ECLI
- 6079b1829ba5988459c52660
- Date
- 3 juillet 1996
contrat de travail, executionsalaireheures supplémentairesaccomplissementpreuvechargecharge incombant plus particulièrement à l'une des parties (non)preuve (règles générales)pouvoirs des jugeseléments de preuvecharge incombant plus particulièrement à une des parties (non)
Source : DILA / Judilibre · open data
Mes notes
privées · visibles par vous seulAnalyse IA non disponible
Générez un résumé intelligent de cette décision
Texte intégral
Sur le moyen unique : Vu l'article L. 212-1-1 du Code du travail ; Attendu que, selon ce texte, en cas de litige relatif à l'existence ou au nombre d'heures de travail effectuées, l'employeur doit fournir au juge les éléments de nature à justifier les horaires effectivement réalisés par le salarié ; que le juge forme sa conviction au vu de ces éléments et de ceux fournis par le salarié à l'appui de sa demande après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles ; Attendu que, selon le jugement attaqué, Mme X..., embauchée le 10 février 1992 par la société Le Tisonnier, a saisi la juridiction prud'homale d'une demande en paiement de sommes à titre d'heures supplémentaires pour les mois de juin et juillet 1992 ; Attendu que, pour rejeter la demande, le conseil de prud'hommes a énoncé que, pour attester ses affirmations, la salariée fournissait au dossier trois attestations qui n'apportent pas la preuve suffisante de manière à évaluer la présence réelle et totale en temps de travail, que, pour les périodes antérieures, elle ne faisait état d'aucune heure complémentaire impayée, qu'au mois de juin elle avait été absente 3 dimanches pour raisons personnelles, que la salariée n'avait pas démenti ces absences et que, par conséquent, l'employeur pouvait lui demander de récupérer en semaine, qu'au mois de juillet elle avait été absente 11 jours pour maladie, et qu'elle n'apportait aucune preuve tangible à l'appui de sa demande ; Qu'en statuant ainsi, alors qu'il résulte du texte susvisé que la preuve des heures de travail effectuées n'incombe spécialement à aucune des parties et que le juge ne peut, pour rejeter une demande d'heures supplémentaires, se fonder sur l'insuffisance des preuves apportées par le salarié ; qu'il doit examiner les éléments de nature à justifier les horaires effectivement réalisés par le salarié et que l'employeur est tenu de lui fournir ; D'où il suit qu'en se déterminant au vu des seuls éléments fournis par le salarié le conseil de prud'hommes a violé le texte susvisé ; PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, le jugement rendu le 3 mars 1993, entre les parties, par le conseil de prud'hommes de Bédarieux ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit jugement et, pour être fait droit, les renvoie devant le conseil de prud'hommes de Béziers.
Citations
Aucune citation répertoriée pour cette décision.
Décisions connexes
Aucune décision similaire identifiée pour le moment.
Synthèse
- Juridiction
- Cour de Cassation
- Chambre
- soc
- Date
- 3 juillet 1996
- Matière
- contrat de travail, execution
Référence
6079b1829ba5988459c52660
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel