Les papes d’Avignon et la Maison de Savoie (1309-1409)
1 janvier 1998
En 1309, la papauté s'installe à Avignon. Envisagée comme provisoire, cette installation va se poursuivre en fait jusqu'en 1376 et même, par suite du Grand Schisme d'Occident, jusqu'en 1409. Ce transfert de résidence a revêtu une importance considérable pour toute la Chrétienté, mais plus encore pour les souverains et les princes dont les États comptaient désormais parmi les voisins du Siège apostolique. Tel a été en particulier le cas des princes de la maison de Savoie, et pour deux raisons principales : d'une part, la principauté savoyarde, installée sur les deux versants des Alpes, regardait tout à la fois vers la France, vers l'Empire et vers l'Italie, qui constituaient depuis longtemps les principaux centres d'intérêt de la diplomatie pontificale et qui allaient l'être plus encore pendant la période avignonnaise ; d'autre part, les princes de la maison de Savoie attachaient depuis longtemps une grande importance à leurs relations avec les églises pour le renforcement de leur propre autorité. L'ouvrage étudie les différents aspects des relations entre la papauté et la maison de Savoie au cours de la période. Les nécessités de leur politique italienne jusqu'en 1376, puis du Grand Schisme à partir de 1378, contraignirent les papes à ménager les Savoyards, et en particulier à leur abandonner presque totalement le contrôle de l'Église dans leurs États. En contrepartie, les princes de Savoie veillèrent à préserver leurs bonnes relations avec la papauté, alors même que leurs intérêts en Italie les rapprochaient généralement des gibelins : la politique savoyarde dans la péninsule apparaît de ce fait très originale. Force est de constater cependant que si les papes d'Avignon ont contribué de manière déterminante à la construction et à l'affirmation de la principauté savoyarde au cours du XIVe siècle, ils n'en ont guère retiré de bénéfice : l'étude des relations entre la papauté d'Avignon et la maison de Savoie permet ainsi de mettre en valeur les contradictions et la fa